"La ballade de l'impossible" - Haruki Murakami

Retour dans l'univers d'Haruki Murakami pour une dixième lecture de son œuvre. Une histoire particulière, une histoire d'amour, un bon roman mais surement pas le meilleur ouvrage du Japonais.


++ La quatrième de couverture ++

Etudiant à Tokyo, Watanabe retrouve par hasard une amie d'enfance, Naoko. Ils ont un douloureux souvenir commun : lorsqu'ils étaient lycéens, Kizuki, petit ami de Naoko et ami de Watanabe, s'est suicidé. Naoko, perturbée par ce drame, part bientôt dans un centre de repos. Watanabe est amoureux d'elle, mais leur relation ne peut s'épanouir. Parallèlement, il devient ami avec Midori, une étudiante fantasque qui a aussi été confrontée à la mort, celle de ses parents... Cet ample roman d'apprentissage, placé sous le parrainage de Salinger et Fitzgerald, a des résonances envoûtantes : le héros doit rencontrer la souffrance, la folie et la mort pour accéder à une liberté lucide, sans avoir abdiqué sa quête du pur amour. Une immense tendresse, un charme poétique se dégagent de ce roman pourtant chargé d'une intensité érotique saisissante.


+++ Mon avis +++

Autant je suis fan de l’œuvre d'Haruki Murakami, autant j'ai eu du mal à sortir ce livre de ma PàL. Peut-être est-ce le côté histoire d'amour de cette histoire? Possible... Toujours est-il que je m'y suis lancé pour au final ressortir avec un avis plus ou moins mitigé.

Le livre n'est pas mauvais, loin de là, j'ai même plutôt apprécié la lecture ainsi que les personnages dressés par Haruki Murakami. Bien que ceux-ci n'ont pas le côté décalé de certains personnages de ces autres ouvrages. Ils restent néanmoins particulier par leur manière d'être, par leur histoire personnelle. Murakami nous parle ici d'une histoire d'amour que l'on peut qualifier d'impossible. Et de cette ballade amoureuse ressort des êtres abîmés pour qui la vie s'arrête ou bien doit continuer, d'une manière ou d'une autre. Notre personnage principal, Watanabe, nous y conte sa relation avec Naoko dont il est amoureux. Cependant se dresse entre eux la mort de Kizuki, l'ex-amoureux de Naoko. Pour compliquer les choses, ce Kizuki était également le meilleur ami de Watanabe. Ajoutons à cela que tout se passe dans la période post-adolescente des 20 ans, âge où les amours se lient, se délient, se découvrent et se rompent, pour ne laisser qu'un apprentissage souvent construit sur des blessures douloureuses. Et pour parfaire l'ensemble, tout se passe dans la période révoltée du post-68 japonais. Bref, un gros imbroglio sentimental dans une période mouvementée. Mais comme si cela ne suffisait pas, Watanabe fait également la rencontre de Midori, gentille fille sympathiquement délurée qui semble l'apprécié d'un amour certain.

"La Ballade de l'impossible" est un roman à multiple couches. L'amour rencontre la mort, la vie percute la tristesse tout cela avec des sentiments exacerbés par la jeunesse mais adouci par le "froideur" japonaise de Watanabe. L'ombre et la lumière de la vie se rencontrent dans une histoire qui tient du roman d'apprentissage. Si la tristesse, l'angoisse, le suicide et donc la mort parcourent se roman, la vie prend également sa place, tant par la rencontre de certains personnages que par l'amour porté et le sentiment diffus d'un érotisme libre propre à la période soixante-huitarde.

Au final, "La ballade de l'impossible" est un bon roman et que j'ai lu avec assez de plaisir. Mais ce n'est pas le meilleur Haruki Murakami. Pour dire vrais, je ne le conseillerais pas pour découvrir l'auteur. Tant qu'à donner des références, je donnerais "Kafka sur le rivage" ou bien "Chronique de l'oiseau à ressort". Je préfère nettement quand Haruki Murakami part dans des textes qui touchent au fantastique, de ces œuvres qui nous donnent des dialogues incroyables. Mais ici, on est dans une histoire d'amour, certes particulières mais un roman d'apprentissage quand même. Suffisamment bon pour avoir eu droit à son adaptation cinématographique par Tran Anh Hung ("A la vertical de l'été", "L'odeur de la papaye verte", etc). D'ailleurs j'ai également vu le film que je chroniquerai prochainement...


+++ Mais encore +++


Challenge In The Mood For Love : 6/6
- Les modalités
- La récap' !
- Des pistes de lecture



Voilà le challenge terminé et de belles découvertes réalisées. Si celui-ci se remet en place, sans doute y participerais-je encore...

CITRIQ

+++ Le livre +++

  • Poche: 464 pages
  • Editeur : Seuil (14 février 2003)
  • Collection : Points

Free Blog Counter

"Le convoi de l'eau" - Akira Yoshimura

Voilà un livre qui lors de sa sortie, rien que par sa couverture et sa description me faisait envie. Bien sur, le fait que ce livre sorte aux éditions Actes Sud n'est qu'un plaisir de plus car il est rare les fois où cet éditeur m'a fournit des livres moyens. Sans oublier le fait, que même dans sa collection poche Babel, cela reste du livre de qualité et beau. Quant au livre, il est vraiment pas mal...


++ La quatrième de couverture ++

Un homme étrange s’engage au sein d’une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d’une vallée mal connue, se révèlent les contours d’un hameau, mais les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte: le village sera englouti sous les eaux. Au cours de ce terrible chantier, le destin de cet homme entre en résonance avec celui de la petite communauté condamnée à l’exil. A la veille du départ qui leur est imposé, il observe les premières silhouettes alignées sur le sentier escarpé. Elles sont innombrables et portent sur leur dos un singulier fardeau. Des images de toute beauté, inoubliables.


+++ Mon avis +++

Tout commence dans une montagne. Et tout finit là. Entre la splendeur végétale et la violence humaine. Là, la poésie s'installe lentement mais durement.

Un homme étrange dont on ne sait rien s'est engagé dans une équipe de construction d'un barrage. A travers les sentiers montagneux, ce convoi descend vers le fond d'une vallée encaissée dans un cirque rocheux. Cette région verra prochainement sa physionomie changer pour accueillir un barrage hydraulique. Mais au fond de cette vallée vit un groupe d'hommes aux moeurs frustes. Un peuple autonome, étrange. Une communauté à l'ancienne, oubliée de tous et bien heureux comme ça. Mais un jour les choses changent...

Entre le convoi de travailleurs et la communauté de cette vallée, il y'a peu de contacts. Et par un accord pris entre la communauté et les constructeurs du barrage, ce peuple va devoir migré, forcé de quitter son territoire, forcé à l'exode par ce projet hydraulique. Des tensions vont naître entre les deux groupes, des frustrations qui vont envenimer la situation jusqu'au viol d'une des villageoise. Celui-ci créera un différent entre les deux groupes et la mort d'une femme, qui salie dans son honneur se pendra haut et court face à tout le monde.

Notre homme, personnage principal, se découvre petit à petit, au fur et à mesure de notre lecture. Il se livre à nous ou plutôt se laisse entrevoir sans jamais vraiment se livrer. On apprend qu'il sort de prison pour le meurtre de sa femme. Et de cela ressort une résonance particulière avec ce corps de femme pendu à un arbre.

Mais je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'histoire de ces 170 pages de récit...

Akira Yoshimura nous livre ici un récit particulier qui, comme chez Yoko Ogawa, n'est pas dénué d'une certaine violence. La dureté des mœurs et les sentiments refoulés amènent parfois des comportements ou des manières de penser étranges. Ou ne serait-ce que purement et simplement notre inconscient violent qui reprend le dessus? Cette partie noire de notre âme? Toujours est-il qu'au travers d'un texte limpide qui ne s'embarrasse pas de fioritures, Akira Yoshimura nous offre avec "Le convoi de l'eau" un beau texte.

Malheureusement pour moi, je l'ai lu dans un contexte assez tendu (travail de fin d'études) et je pense être passé à côté du plaisir profond de son style. Mais peut-être retenterais-je l'aventure avec son roman "Naufrages" qui s'il profites d'une quatrième de couverture fait également doucement écho au nom de mon blog. Affaires à suivre donc...

Au final, un roman japonais bien intéressant, plutôt agréable et d'une atmosphère particulière. Une agréable entrée en matière dans l'univers littéraire de Yoshimura. Le tout présenté dans la très belle collection Babel des éditions Actes Sud. Du livre de poche de luxe et surtout de qualité! J'ai rarement été déçu.


+++ Mais encore +++


Challenge In The Mood For Love : 5/6
- Les modalités
- La récap' !
- Des pistes de lecture




CITRIQ

+++ Le livre +++

  • Poche: 176 pages
  • Editeur : Actes Sud (4 mai 2011)
  • Collection : Babel

Free Blog Counter


"La Trilogie de Wielstadt" de Pierre Pevel - part 1


J'avoue avoir eu une certaine réticence au début à lire Pierre Pevel. Sans aucune raison valable d'ailleurs! Mais voilà qu'un jour je reçois ce livre de chez Pocket (merci à eux) et que j'ai l'occasion de croiser Pierre Pevel au festival Trolls et Légendes. Juste l'instant d'une dédicace rapide (merci à lui) avant qu'il ne doive partir pour une possible remise de prix. Un instant trop bref, la prochaine rencontre nous permettra de discuter un moment plus long... Toujours est-il que ce livre fut une réelle découverte, plutôt positive même. Une belle aventure, une échappée entre capes et épées dans un univers presque historique, néanmoins fantastique, mais finalement assez sombre.




++ La quatrième de couverture ++

Hiver 1620 : le Saint Empire Romain Germanique est dévoré par les premiers feux de la Guerre de Trente Ans. Après s'être acquitté d'une délicate mission pour l'Ordre des Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, une cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon. Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, Kantz est un exorciste qui mène contre le mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville. Voici le début des aventures du chevalier Kantz dans une Europe de l'Est alternative…

+++ Mon avis +++

Ici, je ne chroniquerai que "Les Ombres de Wielstadt". Uniquement par caprice ou pour découper un recueil en ces différents textes comme je l'ai déjà fait pour le Seigneur des Anneaux ou Lovecraft. Bref, je fais comme j'ai envie quoi. Le privilège d'être seul maître sur mon île de naufragé.

Revenons-en au texte : "Les Ombres de Wielstadt". Ce dernier a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire en 2002 et est actuellement réuni avec "Les Masques de Wielstadt" et "Le Chevalier de Wielstadt" dans un très chouette format réalisé par les éditions Pocket. La taille oscille entre le livre de poche augmenté ou le grand livre réduit mais garde une très bonne prise en main. De plus la reliure semble actuellement tenir le coup, ce qui reste un plaisir pour un maniaque du livre comme moi. Et il est vrais que ce n'est pas toujours le cas des grosses briques qui compilent plusieurs romans. De plus, pour ne pas gâcher le plaisir et inviter à la découverte, Pocket a gardé un prix démocratique car il tourne autour des 11 € (pour rappel nous n'avons pas le prix unique en Belgique!). Trois romans pour le prix d'un quoi.

Avec "Les Ombres de Wielstadt", Pierre Pevel nous propose de suivre le Chevalier Kantz. Un héros qui n'est pas sans rappeler le Solomon Kane créé par Robert E. Howard. Kantz est un exorciste protestant, un poil fanatique, qui chasse les forces du mal par tous les moyens nécessaires et qui sont à sa disposition. Et ces forces du mal sont bien sur nombreuses dans une Europe du 17ème siècle où les guerres de religion ont eu le temps de faire des ravages. Mais si l'univers de Pierre Pevel est notre Europe, notre propre passé historique, il invite néanmoins la fantasy a participer à notre histoire. Et c'est pour cela que nous retrouverons des faunes, des fées, des géants et autres créatures fantastiques dans le récit des aventures de Kantz. Pierre Pevel ne nous invite pas non plus dans une grande épopée Tolkien-esque. Tout ce passe dans Wielstadt, ville obscure d'Allemange où la paix règne. Et si la cité connaît la paix interne et n'est pas soumise à la menace extérieure, c'est grâce à la protection d'un mystérieux dragon qui ne semble suivre que ses propres choix concernant la destinée de Wielstadt. Et dans tout ce buibui historique et fantastique, Kantz débarque avec sa rapière! Tel un héros de capes et d'épées, le voile de l'obscurité en plus, il brandit sa foi pour vaincre. Un personnage singulier qui débarque avec son passé inconnu. Ces zones d'ombre dans son histoire nous intriguent mais nous invitent à le suivre, sachant que derrière sa force se cache quelques fêlures. Bref, Kantz en devient attachant ou à tout le moins intriguant.

Quant à l'histoire, Kantz se retrouve embarqué à enquêter sur une affaire de meurtre. Quelque chose de malsain, de profondément mauvais se cache derrière ces assassinats. Et le pire dans tout cela, c'est que dès le départ on sait qui est le meurtrier, qui commandite ces tueries sauvages, qui est la force obscure qui manipule. Mais comme dans un bon roman policier, Pierre Pevel nous balade de bout en bout et nous réserve quelques surprises, nous garde en haleine et maintient l'intérêt de bout en bout.

Bref, ce roman mérite à mon avis amplement son Grand Prix de l'Imaginaire. Pierre Pevel réalise avec ce roman un subtil mélange de styles savamment orchestré. Oscillant entre fantasy noire, roman historique, aventure de capes et d'épées et roman policier, Pierre Pevel fournit là une histoire menée de main de maître. Et donc, chaude recommandation pour un livre qui s'il n'est pas Le meilleur livre reste un objet particulier au sein de la fantasy actuelle qui manque souvent d'une certaine originalité. Ici à mon avis, vous la trouverez.


+++ Mais encore +++

Je remercie les éditions Pocket pour ce partenariat et ce bien sympathique bouquin.

Et j'invite les autres à patienter que je retrouve le temps de terminer ce roman... En espérant que la suite sera aussi bien!

CITRIQ

+++ Le livre +++

  • Poche: 750 pages
  • Editeur : Pocket (14 avril 2011)
  • Collection : Pocket Science-fiction

Free Blog Counter

C'est reparti pour un Summer Star Wars

J'en étais déjà l'année passé et je remets ma cape et mon pistolaser cette année. Envie d'aventure, de space opera, de capes et d'épées. C'était ce qu'il me fallait pour combler mes envies d'évasions. L'occasion de sortir certains livres de ma PàL, d'en rajouter d'autres et de continuer des découvertes de 2010. D'ailleurs jetez un œil au récapitulatif de l'édition 2010.

Actuellement nous sommes plus de 30 dingos prêt à s'enfiler du Space Op' pendant 3 mois d'été. Ça frise la barjoterie clinique, mais on s'en fout vu que le plaisir sera à nouveau au rendez-vous. Ajoutons que cette année, la porte s'ouvre également au Planet Opera.

Mais dites-moi les Lhisbei, on ne se refuse aucuns plaisirs cette année!!

Début : 21 juin 2011
Fin : 21 septembre 2011
Inscriptions : Le RSF Blog

Free Blog Counter



Le Défi H.P. Lovecraft

J'aime bien participer à des défis comme celui-ci. C'est exactement le genre de défi que j'aurais bien créé ayant été fan de Lovecraft il y'a quelques années. De plus ayant relu "L'affaire Charles Dexter Ward" en 2010, j'ai eu envie de me replonger dans l'œuvre du reclus de Providence. C'est l'occasion qui fait le larron, alors merci à Cachou pour cette sympathique invitation en des contrées bien obscures, tordues et sympathiquement surannées.

Peut-être que je suivrai le programme de lecture de Cachou, mais rien n'est moins sur. Je n'ai pas son rythme, de plus j'ai déjà lu une partie des textes de Lovecraft et j'ai trop d'envies en parallèle. D'autant que mes cours du soir terminés, j'aurai envie d'aventure et de dépaysement. Le plus difficile sera de trouver le temps plutôt que les livres vu que j'ai déjà deux des intégrales omnibus sur Lovecraft. Au fait, ne vous privez pas de découvrir le reclus de Providence. Vous n'aimerez peut-être pas son style dépassé, mais il fait partie de ces Grands Anciens qu'il est intéressant d'avoir découvert. Un maître du frisson pour moi!

Deadline : On va dire l'été.

Infos : le blog des Lecture de Cachou

Le plan de lecture mis en place par la maîtresse de cérémonie :

- 1. Semaine du 27 juin au 3 juillet : Dagon (J'ai Lu)
- 2. Semaine du 4 au 10 juillet : Night Ocean (J'ai Lu)
- 3. Semaine du 11 au 17 juillet : Je suis d'ailleurs (Folio SF)
- 4. Semaine du 18 au 24 juillet : Dans l'abîme du temps (Folio SF)
- 5. Semaine du 25 au 31 juillet : La couleur tombée du ciel (Folio SF), complété par la nouvelle supplémentaire que l'on peut trouver dans Le Mythe du Cthulhu (J'ai Lu) et par les deux supplémentaires dans Le Cauchemar d'Innsmouth (J'ai Lu) (je rajouterai une mention à ces nouvelles dans le billet d'origine sur ce livre)
- 6. Semaine du 1er au 7 août : Démons et merveilles (10/18) ainsi que La quête onirique de Kadath l'inconnue (qui est aussi dans Démons et merveilles mais que je vais lire à part) (J'ai Lu)
- 7. Semaine du 8 au 14 août : L'affaire Charles Dexter Ward (J'ai Lu)


Succombez à l'appel de Cthulhu : Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn.

Free Blog Counter



Sorties de juin 2011 - choix subjectif et sélectif

Avec ce billet j'initie, ou pas, une série de billets mensuels sur mes choix subjectifs quant aux sorties littéraires du mois. Cela ne marque pas pour autant mes achats futurs, juste un intérêt quelconque pour ces livres, que ce soit de la curiosité ou tout autre raison. Et si certains livres n'y sont pas, cela peut être également par ma complète ignorance quant à leur contenu.

Bref, voici la liste des livres qui pourraient être intéressant selon moi dans les sorties du mois prochain. Un choix partiel et partial

Bragelonne

Le Cœur du monde, tome 1 : Farlander – Col Buchanan
Elamia, intégrale – Erik Wietzel
La Trilogie du vide, tome 3 : Vide en évolution – Peter F. Hamilton

Folio SF

Sécheresse – J. G. Ballard
Les pommes d’or du soleil – Ray Bradbury
Comme des fantômes – Fabrice Colin

J’ai Lu

Palimpseste de Charles Stross (Nouveaux millénaires)
Le langage des pierres, tome 2 : Le dit de l’eau de Pamela Freeman
L’Anneau-monde, tome 2 : Les ingénieurs de l’Anneau-Monde de Larry Niven

L’Atalante

Deus in machina – John Scalzi
La Fraternité du Panca, tome 4 : Sœur Onden – Pierre Bordage

Le Bélial’

Frères lointains – Clifford Donald Simak

Le Livre de Poche

10 000 – Au coeur de l’Empire – Paul Kearney
La Patrouille du temps, tome 3 : La Rançon du temps – Poul Anderson

Milady

Drenaï : La quête des héros perdus – David Gemmell
L’Ange de la nuit, tome 2 : Le choix des ombres – Brent Weeks

Mnémos

Chien du heaume, tome 2 : Mordre le bouclier – Justine Niogret
Ceux des eaux mortes, tome 2 : Au large des vivants – Brice Tarvel
Eternity incorporated – Raphaël Granier de Cassagnac

Pocket

50° au-dessus de zéro – Kim Stanley Robinson
60 jours et après – Kim Stanley Robinson
Les quarante signes de la pluie – Kim Stanley Robinson

Rivière Blanche

L’indélicatesse du cosmos – Eric Lequien Esposti
Dimension Jean-Pierre Hubert – Jean-Pierre Hubert et Richard Comballot
Nyctalope ! – Emmanuel Gorlier
Nyctalope contre Lucifer – Jean de la Hire


Free Blog Counter


"Les murs" de Abe Kôbô

Voici un petit livre acheté d'occasion sous l'impulsion de la curiosité. Et comme j'apprécie la littérature japonaise et que j'ai un challenge sur le sujet je me suis collé à cet ouvrage surréaliste bien particulier.


++ La quatrième de couverture ++

Six récits dont le premier et le dernier occupent une place de taille. Un univers fantastique, proche à la fois de celui de Kafka (le procès) et de Gogol (Le nez) pour le crime de Monsieur E. Karma. Chacune de ces nouvelles fait froid dans le dos, à la frontière entre la folie, le rêve et la réalité. La carte de visite de M. E. Karma lui vole son nom et sa vie, un homme cherche un toit et se transforme en cocon, bien à l'abri, les hommes un jour se liquéfient sur toute la planète pour former un véritable déluge, un peintre sans le sou découvre que ses dessins sur les murs de son appartement deviennent réels dès le coucher du soleil, un homme d'affaires s'enrichit en vendant de la viande humaine à ses concitoyens, une créature dérobe l'ombre et la visibilité d'un poète, se réfugiant accompagné de celle-ci dans la Tour de Babel où il retrouve tous les grands songeurs. Un recueil de nouvelles absurdes de haute volée, de la veine des maîtres russe et roumain du fantastique.


+++ Mon avis +++

C'est en 1951 qu' Abe Kôbô a reçu le prestigieux Prix Akutagawa pour cette œuvre-ci.

"Les murs" est en fait un recueil de 6 textes. Certains bien plus longs que d'autres. Très rapidement on comprendra que l'on plonge ici dans une œuvre surréaliste assez bien inspirée par le courant européen que je ne connais que très très peu je l'avoue. Néanmoins, on sent dans un des textes son attrait pour ce groupe artistique clairement marqué par le fait de choisir André Breton comme un des personnages du récit.

A la fois riche et complexe, déroutant et déstabilisant, intriguant et imaginatif, l'œuvre de Abe Kôbô est à contre-courant de ce que l'on peut lire habituellement. Il ne fait pas dans le déglingué juste pour faire de l'humour mais sans doute pour amener de la poésie dans notre monde. Cherche-t-il à modifier les murs de notre univers pour nous faire réfléchir? Il semblerait bien d'après les études littéraires que l'on a fait sur lui. Mais plus encore de savoir que l'homme est membre actif du parti communiste, qu'il suit les surréalistes qui inventent une révolution très à gauche et d'une esthétique particulière qui influencera les Situationnistes ensuite. Mais revenons à Abe Kôbô, il joue et abuse de situation absurdes pour permettre à ses allégories presque SF ou toutes aussi déglinguées que si elles étaient sorties d'un "Alice au pays des merveilles". Il appellerait à réfléchir sur la situation actuelle de l'époque, mais j'avoue pour ma part avoir senti quelque chose sans bien capter le quoi du comment. Suis-je idiot? Ou pas né au bon endroit à la bonne période pour avoir les bonnes clés de lecture? Toujours est-il que l'on ressent son engagement, sa critique, même à l'encontre des discussions internes propres aux regroupements de gauche. Pour une bonne petite analyse de son œuvre, je vous invite à suivre le lien suivant pour lire un article de Laurent Rauber. Je ne suis pas étudiant en littérature ni même un grand connaisseur de l'histoire du Japon, mais si l'analyse vous en dit, allez voir l'article. Ce sera bien plus riche que ce que je peux rapporter et qui s'enrichit notamment de cet article.

Pour ce qui est des textes, j'ai trouvé l'ensemble très bien. Le premier un peu moins ou alors trop long. Mais globalement j'ai apprécié ce livre qui m'a fait découvrir littérairement ce courant surréaliste mais vu sous la lorgnette japonaise. Il y'a pas mal de charme et de poésie dans l'imagination délurée de Abe Kôbô. La promenade promet du dépaysement et la découverte d'un imaginaire pas banal. A recommandé donc, mais également à déconseiller pour ceux et celles qui risque de de se sentir trop vite larguer par quelque chose d'aussi absurde.

PS : j'ai tardé à écrire ce billet, certaines choses me sont sorti de l'esprit e je me sens frustré de ne pouvoir bien le chroniquer car je manque de clés de lectures. J'en suis donc bien désolé. Ceci explique peut-être ce billet un peu bref...


+++ Mais encore +++


Challenge In The Mood For Love : 4/6
- Les modalités
- La récap' !
- Des pistes de lecture

Autres liens :
Abe Kôbô dans Le Grenier à livres de choco
Lien vers l'article sus-nommé : brève "étude" sur Abe Kôbô.



+++ Le livre +++

  • Poche
  • Editeur : Philippe Picquier (19 mai 1998)
  • Collection : Picquier Poche 13
  • Langue : Français

Free Blog Counter



L'assassin Royal, Tome 10 - Robin Hobb (Titre : "Serments et deuils")


Ma dernière lecture de Robin Hobb datait de fin 2009. Il m'a donc fallu un bon moment pour me replonger dans son univers, un peu déçu que je fus par le tome 9. Par contre ce tome 10 est une vrais perle, un vrais plaisir de lecture que j'ai adoré de bout en bout !!!


++ La quatrième de couverture ++

A Castelcerf, Fitz s'efforce de poursuivre sa mission : former un clan d'Art avec le prince héritier Devoir, un serviteur simple d'esprit, et lui-même. Mais comment parvenir à fondre en un tout harmonieux des personnalités aussi disparates ? Car rien n'est apaisé dans la forteresse ancestrale où la menace des Pie se fait toujours plus pressante. Ceux-ci, pétris de haine, ont réussi à introduire des espions à la cour même. Quant à la reine, elle doit recevoir des représentants du Lignage pour mettre un terme aux persécutions des vifiers. Dans sa vie privée, le malheureux Fitz est également tourmenté : son fils délaisse son apprentissage pour une belle jeune fille qui affronte à cette occasion l'hostilité de son père. Et le vieil Umbre, autrefois si lucide, semble perdre la tête : il dévoile l'ambition dévorante et insensée d'entrer dans l'héritage royal. Entre inquiétude, colère et désespoir, Fitz doit donc constamment jongler pour sauver l'avenir du royaume tant sont nombreux les dangers qui les menacent, lui et la dynastie.


+++ Mon avis +++

Le tome 9 par son côté introspectif m'avait laissé sur ma faim. Un peu déçu par les prises de tête éternelles du plus mauvais assassin de tous les temps. Soyons clair, il faut bien avoué que dans le genre assassin, FitzChevalerie n'est pas ce qui se fait de mieux. Manquant crever au premier combat sérieux venu, faisant régulièrement de mauvais choix dans sa vie politique et affective. Bref, notre assassin est bien loin du héros habituel du roman de genre. D'ailleurs ce côté plein de défauts et sensible en fait un personnage doué d'une certaine humanité, chose pas forcément courante dans l'univers de la fantasy. Soit dit en passant le tome 9 et 10 n font qu'un dans la version original américaine, ce qui expliquerait le manque de rythme du tome précédent.

Tom Blaireau, pseudonyme actuel de notre FitzChevalerie, est bien actif cette fois. Se retrouvant en conflit avec Sire Doré, nouvelle identité du Fou, mais également en conflit avec son vieux mentor Umbre. Bien sur Fitz est vite en conflit avec plein de gens, en fait même avec tous ces amis proches. Directement ou indirectement, que ce soit pour ce qu'il fait ou ne fait pas. Il faut dire que notre bon vieux Fitz se retrouvent avec beaucoup de choses à gérer en même temps. Une vie bien chargée en activités et responsabilités. Entre les menaces des extrémistes Pie qui en veulent à sa personne ainsi qu'au Prince Devoir. Sans oublier Le Lignage qui défend également les vifiers mais de manière plus modérée. Pris entre les tractations politiques en menaces meurtrières, Fitz n'a que peu de temps à consacrer à son fils Heur, à son ami le Fou avec qui il se brouille, à son amie Jinna la sorcière des haies, à son amie la ménestrelle Astérie, etc. Sans oublier la création du nouveau clan d'Art qui n'est chose mince à faire. Bref Fitz est en pleine action et après toutes les prises de têtes qu'il s'est infligé précédemment le voila croulant sous les choses à faire. Des décisions il en prend, pas toujours les bonnes, mais comme le dit si bien Robin Hobb : "Avoir le courage de trouver une voie nouvelle, c'est peut-être oser risquer des erreurs nouvelles". Fitz n'est plus le jeune homme d'autre fois. C'est un adulte qui a un regard lucide, y compris sur son entourage proche. Cela ne veut pas dire qu'il fait toujours les bons choix, tout comme nous d'ailleurs. Fitz n'est qu'un homme comme les autres, partagé entre ses désirs propres, ses tristesses, ses erreurs passées, ses devoirs, ses serments et ses deuils.

Ce tome 10 est vraiment un grand bon dans l'histoire de l'Assassin Royal. Fitz en sort grandi, évoluant par la même occasion, s'attirant des nouvelles amitiés et des inimitiés auprès d'êtres aimés. C'est la vie, cela fait partie des choix que l'on prend. Ce n'est pas forcément facile à vivre, surtout quand on fait tout cela dans un seul but : protéger la lignée des Loinvoyant. Si ce n'est pas de la dévotion ça. Mais au travers de ce tome on voit le prince Devoir se développer en tant qu'homme, prendre des responsabilités de Prince. On voit le personnage de Lourd se développer en profondeur et l'on se doute qu'il n'a pas encore tout livré de son potentiel. On voit le fils de Tom Blaireau, Heur, s'égratigner à la vie amoureuse. On voit sire Doré sous un autre oeil et l'on voit Umbre sous un nouveau jour également. Bref les choses s'épaississent et se complexifient comme la vie.

J'avoue avoir également ressenti de l'empathie envers Fitz lorsqu'il dut se remettre de sa blessure. Étant moi-même malade, j'ai eu facile à m'identifier à ses douleurs physiques. Mais il n'y a pas que ça. Il y'a de la richesse dans ce tome, tant au niveau narratif et de ce qui avancent enfin que des personnages qui se développent. Je mettrais juste un bémol sur le côté un peu naïf de la tractation finale. Cependant, cela apporte une petite part de lumière dans l'univers sombre de Castlecerf.

Par contre, je n'ose pas trop en dévoiler, de peur de vous divulguer des choses qui gâcheraient votre lecture. Etant également malade, je manque surement de verve pour parler d'un tome de l'Assassin Royal qui est vraiment excellent. Ma chronique manque surement de rigueur ou de cohérence d'ailleurs. Mais c'est ce genre de livre qui me relance avec plaisir dans ce cycle que j'espère bien terminer au travers de ce cycle de lectures communes.


+++ Mais encore +++

Ce livre est une lecture commune initiée sur le forum de Livraddict et je tiens à remercier ces personnes de m'avoir invité à les rejoindre. Cela m'aura motivé à reprendre ce cycle et surtout d'y retrouver beaucoup de plaisir!! Merci à elles.

Lecture commune organisée par Ptitetrolle avec Niënnor, Frankie et Minidou.

Pour les curieux et curieuses, voici les vidéos de l'entretien sympathique avec Robin Hobb au Festival Trolls et Légendes de 2011. Les vidéos sont sur le site de ActuSF.

CITRIQ

+++ Le livre +++

J'ai lu le livre en version France Loisirs que j'avais trouvé d'occasion. Mais comme les éditions club ne sont pas accessibles à tous et toutes, je vous fournis les infos de sa version poche chez J'ai Lu qui avait refait de chouette illus comparées aux moches premières éditions faites par ordinateur. Il reste également les éditions Pygmalion pour la belle édition si cela vous intéresse.
  • Poche: 412 pages
  • Editeur : J'ai lu (1 février 2006)
  • Collection : J'ai lu Fantasy

Free Blog Counter

"Le voyageur solitaire" de J-M Ligny

Un petit recueil plaisant où l'influence des "Seigneurs de l'Instrumentalité" est clairement assumée!

++ La quatrième de couverture ++

Tag Fades était un homme gris, aigri, amaigri. Un homme assez désespéré pour accepter de partir seul pour un voyage de cinquante-deux ans vers la planète Canaan à la recherche des premiers colons humains portés disparus. Mais ses motivations personnelles sont toutes autres. Pourra-t-il enfin être seul et échapper à l'humanité ? Et que trouvera-t-il en lui-même dans cette fuite sans retour ?
Premier des quatre récits de ce recueil, Le Voyageur Solitaire plante le décor des Chroniques des Nouveaux Mondes, un cycle de science fiction dans lequel Jean-Marc Ligny explore le futur mais surtout l'âme humaine, des profondeurs de l'espace à celle de la Terre. Une oeuvre riche et puissante et qui ne cesse de nous renvoyer à nous-mêmes. Une des grandes réussites de l'auteur de Jihad, AquaTM et Inner City.


+++ Mon avis +++

Un livre sympathique sans être pour autant exceptionnel. Néanmoins le plaisir de lecture est au rendez-vous. Sans grandes prétentions le livre nous invite dans un space opera classique rondement mené. Les références au classique du genre qu'est "Les Seigneurs de l'Instrumentalité" sont claires et franchement assumées. Considéré comme sa référence absolue dans le genre, il fallait bien que Jean-Marc Ligny s'attaque à ce monument à sa manière. Il se considère bien loin du maître mais il a le mérite d'approcher d'autres sujets que Cordwainer Smith tels que la solitude, la fuite de l'humanité, des animaux intelligents en quête de droit, etc, le tout à chaque fois teinté d'ironie amère qui n'est pas sans me déplaire. Bien sur il n'a pas la force d'évocation de la poésie surannée de Cordwainer Smith mais j'avoue avoir passé un bon moment dans ce space opera. D'ailleurs, ce classicisme de genre avec ses défauts permet de jouer sur le fond et d'amener de chouettes textes.

Au final ce recueil de 4 textes est agréables mais me laissent néanmoins d'avis mitigé. A tel point que je ne sais pas encore si je lirai la suite... Pour autant, je n'abandonnerai pas Jean-Marc Ligny à cette première excursion dans sa bibliographie. Un jour prochain je me lancerai dans "Jihad". Voir "Aqua" si j'ai le courage de m'acheter la brique. Peut-être à décharge de cette œuvre, Les Chroniques des Nouveaux Mondes dont ce livre est le premier tome, n'est qu'un assemblage de textes hétéroclites qui forment un amalgame de textes écrits ici et là au cours de sa vie d'écrivain. On n'y retrouve du coup peut-être pas la profondeur d'un roman... Cela dit, sur le format court, il m'avait bien plus avec sa nouvelle dans le Bifrost n°56.


+++ Mais encore +++

Ce petit ouvrage fait partie de ce que l'on appelle la micro-édition. Alors si cela vous intéresse, allez jeter un oeil sur le site des éditions Actu-SF.

Jean-Marc Ligny sur mon blog.

+++ Le livre +++

  • éditeur : Actu SF
  • Collection : Les Trois Souhaits
  • Couverture : Thomas BRECHLER
  • Date de parution : mai 2008
  • Prix de vente : 7,00 €

Free Blog Counter


Related Posts with Thumbnails

A propos

"Naufragés Volontaires" est actuellement une fenêtre ouverte sur la littératures d'aujourd'hui ou d'hier. Qu'elle soit imaginaire ou non. Même si autrefois le blog fut musical et littéraire.

Lecteur compulsif je suis, mais critique littéraire je ne le pense pas. J'aime juste partager mes plaisirs d'évasion. En espérant que ceux-ci vous plairont également.

Je vous invite également à commenter mes messages comme bon vous semble. Vos avis m'intéressent.

Editeur : Julien Vanderhaeghen
Q.G. : Liège en Belgique
Contact : julien.vdhg@gmail.com

Nombre total de pages vues