Chroniques en vrac #11 : Ballard, Abbey, Bukowski, Comte-Sponville et bien d'autres

 
OK, ça fait de long mois que je n'ai rien écrit. Je ne me vois pas reprendre une lecture à la fois et puis en parler. D'ailleurs, je me demande régulièrement : "Mais qui peut bien lire mon blog ? Ces longs articles sur tous ces livres, ces lectures de mauvais genres ?". Sérieusement ! Néanmoins, parfois me titille l'envie de reprendre ce blog, surtout que depuis janvier 2018, mon désir de lecture a repris possession de mon corps-esprit. Depuis la même période, j'ai retrouvé un emploi dans le secteur de l'éducation permanente, plus particulièrement dans le secteur de la psychiatrie démocratique dans le milieu de vie. Retour dans les questionnements de la société, des représentations, des changements à proposer, etc. De l'éducation permanente quoi. Pour ma part, il s'agit du Centre Franco Basaglia, du nom de ce psychiatre italien qui a ouvert les portes des asiles en Italie en 1968 et a modifié la loi sur l'internement asilaire. Que des choses intéressantes qui m'offrent à lire beaucoup en communication, philosophie, sociologie, psychiatrie, psychologie, littérature, etc. Tout cela est très stimulant. Par ailleurs, je vais pouvoir écrire des analyses sur des œuvres littéraires qui parlent de la souffrance psychique et questionnent la relation au monde. Et si vous avez des suggestions de titres à me faire, je vous invite à le faire en commentaire ;-)

Janvier et février furent des mois aux lectures assez variées, d'abord une replongée chez J.G. Ballard et le plaisir de lire "Que notre règne arrive" qui questionne pas mal sur la folie générale, celle de la normalité étouffante qui mène à la névrose et ensuite à la psychose collective. La violence des espaces protégés, la violence des vies bien rangées, des quartiers sécurisés, de ces gens bien comme il faut qui bascule à un moment donné. Tous ensemble. 

Il y a aussi eu la lecture de Michal Ajvaz avec "L'âge d'or" dont la chronique est disponible ici sur ce blog. Auteur tchèque que je recommande plus que chaudement !

J'ai lu aussi les "Nouveaux contes de la folie ordinaire" de Charles Bukowski. Cela faisait longtemps que je souhaitais lire ce recueil de nouvelles et ce fut un vrai plaisir. Tordu, cru, sale, obsessionnel, triste, brut, alcoolisé, etc. Un auteur vers lequel je retournerais bien d'ailleurs. 

"Le gang de la clef à molette" d'Edward Abbey fut une vraie claque. Vous l'aurez remarqué, je suis devenu un vrai amateur de lectures étiquetées nature writing. Un roadtrip jouissif qui navigue entre roman d'aventure, nature writing, roman noir et humour. Excellent !! Je vous renvoie vers ma chronique pour vous en convaincre ;-)

Autour des littératures de l'imaginaire et pour préparer une rencontre en bibliothèque autour de la science-fiction que je devais animer, j'ai aussi lu un court ouvrage de Stéphane Manfrédo, "La science-fiction, idées reçues". Ce petit livre, comme l'indique le titre cherche à déconstruire en quelques pages des idées toutes faites que l'on a sur ce genre littéraire. Un ouvrage à mettre dans les mains des enseignants rétifs ? 

Je me suis également, depuis un an, tourné à nouveau vers la philosophie. Il y a eu Alexandre Jollien, Spinoza, Robert Misrahi, Thoreau, Emmerson, et d'autres. Mais en ce début d'année, c'est vers André Comte-Sponville que je me suis tourné au travers de son livre "L'esprit de l'athéisme. Introduction à une spiritualité sans dieu".  Dans mon esprit alors étriqué, je rejetais la spiritualité par athéisme. Cependant, je requestionnais l'athéisme parce que je le trouve trop souvent dogmatique, surtout dans les milieux anarcho-gauchistes. Plutôt porté par une immanence naturaliste, je ne suis pas du tout touché par la transcendance religieuse déiste. Du coup, la réflexion de Comte-Sponville me permettais d'accepter le mot spiritualité, trop souvent étiqueté à mal, en me le réappropriant à ma manière : il ne tient qu'à moi de m'occuper de mon corps-esprit, de son développement, de son bien-être, de sa résonance au monde, à la nature, à la vie et aux autres. 

Continuant dans cette voie, je me suis mis à lire sur le bouddhisme, notamment Chogyam Trungpa ("Le mythe de la liberté") mais aussi Krishnamurti ("Se libérer du connu") que je relisais enfin, 20 ans plus tard alors que c'est un penseur qui m'avait beaucoup touché au début de ma vingtaine. Bref, des spiritualités sans dieu. En philosophie, je me suis un peu confronté à Michel Foucault et son "L'ordre du discours", qui n'était pas facile à lire, je dois bien l'avouer. Mais qui offre à penser, par extension, que nous chroniqueurs n'avons de valeur qu'en tant que commentateurs offrant un moyen de mettre en valeur certains ouvrages plus que d'autres, de leur donner une valeur, un pouvoir. Ne serions-nous là que pour valoriser certaines oeuvres ? Et plus simple, au titre si poétique, les "Rêveries d'un promeneur solitaire", livre au doux titres de Jean-Jacques Rousseau. Intéressant mais peut-être moins que je ne l'espérait en fait. 

Et sur un autre champ encore, j'ai lu du Thierry Libaert et du Valérie Péruchot Garcia sur des théories de la communication, notamment et plus spécifiquement de la communication interne. Et je continue à m'auto-former sur la thématique, à lire livres ou articles pour développer mes savoirs et compétences pour mon emploi actuel.

Bref, un parcours de lecteur sur deux mois, janvier et février 2018, trop brièvement résumés, où tout ne figure pas (j'ai oublié Antonin Artaud d'ailleurs). Je ne sais pas si cela vous a intéressé de lire ceci, mais pour moi, c'est une manière douce de revenir au blogging je l'espère. Et puis surtout un retour aux plaisirs ! A la joie de lire et réfléchir !
Chroniques en vrac #11 : Ballard, Abbey, Bukowski, Comte-Sponville et bien d'autres Chroniques en vrac #11 : Ballard, Abbey, Bukowski, Comte-Sponville et bien d'autres Reviewed by Julien le Naufragé on dimanche, octobre 21, 2018 Rating: 5

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