Le cycle clandestin, 1 - DOA


Cycle clandestin, 1 - DOA : "citoyens clandestins" et "Le serpent aux mille coupures"

Cela faisait quelques temps déjà que j'avais envie de lire DOA. Ayant lu un article ici, une interview là, tout cela me donnait envie de découvrir cet auteur de polar qui offre quelque chose de différent et qui intrigue par son vœu de discrétion sur sa propre personne. Démarrer la découverte de son oeuvre avec le cycle clandestin fut probablement une excellente idée tant "Citoyens clandestins" et "Le serpent aux mille coupures" sont deux excellents romans qui me laissent avec un sentiment noir au ventre et une envie de continuer à découvrir l’œuvre fictionnelle de DOA.



L'histoire du cycle clandestin, 1


"Citoyens clandestins"
Une véritable petite saloperie chimique se balade dans la nature et il ne s’agit plus seulement de sauver des vies. L’État français ou certains de ses représentants sont prêts à tout pour éviter ce qui pourrait déclencher une hécatombe et un formidable scandale. La journaliste Amel Balhimer ou l’apprenti djihadiste Karim ne le savent pas encore mais leurs destins sont liés et pourraient devenir matière à gros titres. Ailleurs, un homme braque la lunette de son fusil high-tech sur la fenêtre d’une ferme. Démarre alors un effrayant compte à rebours... 
"Le serpent aux mille coupures"
…Six heures après l’heure H, à Moissac, paisible bourgade viticole du Quercy, trois criminels sud-américains sont tués. Pour le lieutenant-colonel de gendarmerie Massé du Réaux, aucun doute, c’est le travail d’un professionnel. Règlement de comptes ou drame du hasard, le mauvais endroit au mauvais moment?


Mon avis sur "le cycle clandestin, 1" de DOA


Sacré brique que ce premier tome du cycle clandestin : quasi 900 pages. Un livre épais mais qui se lit très vite grâce à la prose sèche de DOA et la tension imposée par le récit. 

La première chose qui m'a frappée à la lecture de "Citoyens clandestins", c'est une écriture fort descriptive, pas tant sur les décors que sur les événements. DOA centre son récit sur ce qu'il se passe plutôt que sur les sentiments des personnages. La psychologie de ces derniers s'étoffe ensuite doucement, découvrant par petites touches ce qui impacte nos personnages aux travers de leurs angoisses et des situations tendues qu'ils vivent. 

La deuxième chose que l'on remarque dans l'écriture de DOA, c'est ce côté quasi choral du récit. Quasi car pour moi on s'écarte légèrement des cannons du genre car DOA nous fait basculer constamment d'un personnage vers un autre. Par petites touches, on découvre de qui il s'agit et plus le récit avance et plus rapidement on comprend qui parle dans le paragraphe. De nouveau, cette manière d'écrire rejoint ce que je notais plus haut, c'est à dire que DOA reste centré d'abord sur les événements et le tableau global plutôt que précisément sur ses personnages et leurs vécus. Mais ça, c'est le premier ressenti car plus on avance dans le récit, plus le tableau global gagne en contenu et plus les personnages principaux gagnent en épaisseur. Cependant, le polar étant une littérature comportementaliste, il reste que ce sont essentiellement les actes des personnages qui les définissent plutôt que leurs sentiments. 

"Citoyens clandestins" est aussi un récit de l'action, cependant cela n'en fait pas réellement un roman d'aventure. Bien sur le livre se classe dans les polar et romans noirs, mais il tient surtout du thriller par la tension permanente et le côté complot d'état pour éliminer une bavure sur la perte d'un toxique à risque qui se trouve entre les mains de terroristes islamistes radicaux. Le récit de DOA est si précis sur les rouages des réseaux de pouvoirs et de sécurité de l'état français que l'on se demande s'il n'en fait pas partie ou s'il n'en a pas fait partie. Si c'est le cas, la fiction se rapproche de la réalité, et cela fait froid dans le dos. Mais l'actualité de ses dernières années nous a montré que DOA était dans le vrai avec ses récits. Si maintenant, il ne fait partie d'aucuns rouages, sa fiction semble tellement réaliste qu'elle fait quand même réfléchir et fait toujours aussi froid dans le dos. 

"Le serpent aux mille coupures" est une suite sans en être une. Le récit est d'ailleurs totalement différent avec ce récit de meurtres en pleine campagne. Et qui est ce motard étrange. Que s'est-il passé. Le texte, de par sa limpidité de style et par certaines explorations m'a fait penser au peu que j'ai lu de Jean-Patrick Manchette. On y retrouve une concision d'écriture que l'on a pas dans "Citoyens clandestins". La preuve, ce dernier fait 700 pages là où "Le serpent aux mille coupures" n'en fait qu'à peine 200. Cela prouve, selon moi, la qualité d'écriture de DOA et sa capacité à adapter son style en fonction du récit et de son ampleur. 

"Le cycle clandestin, 1" de DOA est un excellent livre. Deux excellents romans même. Une découverte magistrale et un plaisir de lecture énorme. Si "Citoyens clandestins" est proprement effrayant et captivant, "Le serpent aux mille coupure" est différent mais réellement immersif tant sur le style que la forme. Bref, je vous invite à découvrir DOA si ce n'est pas déjà le cas. Pour moi, ce genre de romans confirme mon envie d'explorer les mauvais genres littéraires dans sa palette la plus noire. 
Le cycle clandestin, 1 - DOA Le cycle clandestin, 1 - DOA Reviewed by Julien le Naufragé on samedi, décembre 03, 2016 Rating: 5

2 commentaires:

  1. J'ai aimé les 2 mais tu as raison, ils sont vraiment différents. Le premier est beaucoup plus exigeant je trouve. J'aime beaucoup DOA !

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    Réponses
    1. Pas faux sur le premier ;-) Je continuerai avec plaisir à lire DOA

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