"La reine de la pluie" (chronique des Hémisphères - T2) - Katia Lanero Zamora

Katia Lanero Zamora est l'une des invitées du Festival des Littérature d'Aventure de Chaudfontaine. Et comme je dois animer la table de rencontre d'auteur où elle est invitée, il était plus que temps que je me mette à terminer son cycle des "Chroniques des hémisphères". Toujours aussi rythmé, toujours aussi haletant et encore plus sombre que le précédent. 

L'histoire de "La reine de la pluie"

Depuis qu'une maladie a décimé les populations du Sud fin du 21ème siècle pour ensuite remonter vers le Nord, le monde s'est coupé en deux. Le Nord ayant décidé de se barricader pour se couper du reste du monde.

Cham, fils des dirigeants de la plus grosse compagnie privée, celle qui dirige le monde du Nord nommé Urbe, a disparu dans la Forêt Noire. C'est son père qui l'y a emmené. A Spes, Cham a grandi auprès d'autres enfants et devient Caracal, du nom de son animal totem, un félin du Sud. Mais lors de la cérémonie, Cham entre en connexion avec son animal totem... situé à l'autre bout du monde : Mangwa, le caracal de compagnie de Sagana.
Caracal, Patou et Phacoch' doivent finalement quitter Spes pour traverser la Forêt noire et les favelles où la misère règne. Caracal souhaite retrouver son amie disparue, Shikra, avant de traverser le mur pour aller au Sud retrouver son animal totem, Mangwa, et Sagana qui a besoin de son aide.

Sagana vit au Sud et est devenue la Reine de la Pluie, celle que la prophétie annonçait et que son peuple attendait pour ramener la pluie sur leur territoire, cette eau du ciel que les Blancs ont volé au peuple du Faso. Mais si Sagana a fait tombé la pluie et est reconnue comme la Reine de la pluie, elle n'est néanmoins pas reconnue comme chef par les hommes. Alors les prétendants se font la guerre pour le trône du Naaba. Mais Sagana veut avancer et récupérer le Bâton de Saäga que les Nassarahs possède encore. 

Mon avis sur "La reine de la pluie"

Avec ce roman, on replonge directement dans une aventure rythmée. Cela n'a pas changé. On y plonge tout aussi vite et cela continue sans temps morts. C'est une qualité et un défaut de Katia Lanero Zamora, celui de laisser peu de répit à son lecteur (et à ses personnages). Pourtant, cela marche. On reste en alerte, on tourne les pages, on avale les phrases et on espère que chacun survivra aux malheurs auxquels il fait face.

Parce que pour être noir, ce roman l'est bien plus que le premier. C'est le sentiment que j'ai eu. Parce qu'après la vie au sein de Spes, Caracal doit faire face à la dure vie des favelles, celle de la pauvreté, de la survie et de la violence. De son côté, Sagana fait face à la violence des hommes, celle de la tradition et du sexisme, encore et encore. Mais aussi celle des manœuvres pour le pouvoir.

La structure du récit de Katia Lanero Zamora est assez découpé. On a bien des chapitres comme dans tout roman, mais chacun d'exu est découpé en petit passages, voir très petits passages, qui nous font sauter du Nord au Sud, de l'Urbe aux favelles, de la richesse à la pauvreté, de la dureté à la violence, etc. Cela participe à la rythmique nerveuse de "La reine de la pluie". Un peu comme dans un film d'aventure, on passe d'un plan à un autre, ensuite on coupe avec ce qui se passe au même moment ailleurs pour ensuite revenir au premier. Cela peut dérouter certains lecteurs, mais cela apporte beaucoup de rythme.

La cible du roman est la jeunesse. Pour être plus précis, je dirais young adult, soit des jeunes de 12 ans et plus (mettez la limite max que vous souhaitez). Cela se retrouve dans certains détails contextuels qui ne sont pas développés, certains passages vite évacués pour garder du rythme à l'ensemble du récit. Cela dérangera un lectorat adulte qui aimera lire la prise de tête en 20 pages d'une discussions entre acteurs qui doivent choisir entre le plan A ou B, tout autant que les fans de hard SF qui aime les longs détails technico-scientifiques. Mais pour les autres, Katia Lanero Zamora va à l'essentiel, il faut garder son lecteur captivé et amener celui-ci à avancer dans l'urgence, comme les personnages du roman.

"La reine de la pluie" est encore un bon roman. Résolument plus noir que le précédent. L'imaginaire de Katia Lanero Zamora est intéressant parce qu'il évolue à la frontière des genres. On est dans la science-fiction d'anticipation parce que le roman est futuriste et fait réfléchir à certaines questions, mais c'est aussi de la fantasy parce que Sagana est détentrice d'un pouvoir magique et qu'un lien magique lie les totemisés à leurs animaux totems. Bref, une littérature d'aventure, à la croisée des genres et des mondes nord et sud. Car ça aussi c'est un point fort, et une originalité de Katia Lanero Zamora : amener l'Afrique dans notre SFFF.

A propos de Katia Lanero Zamora

Katia Lanero Zamora est une jeune auteure belge de Liège. Après deux albums écrits pour la jeunesse parus aux éditions Luzabelle, elle a publié "Les chroniques des hémisphères" aux éditions Les Impressions nouvelles. On peut également trouver une de ses nouvelles dans l'anthologie "Bruxelles Noir".

"La reine de la pluie" (chronique des Hémisphères - T2) - Katia Lanero Zamora "La reine de la pluie" (chronique des Hémisphères - T2) - Katia Lanero Zamora Reviewed by Julien le Naufragé on jeudi, octobre 29, 2015 Rating: 5

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