Chroniques en vrac #2 : Silène Edgar, Jean-Claude Marguerite et John Smythe

Chroniques de trois textes courts à moyens, bref de la nouvelles à la novela, avec Silène Edgar, Jean-Claude Marguerite et John Smythe. De sympathiques découvertes science-fiction en numérique.


"Fortune cookies" de Silène Edgar

Cette novela est le premier texte que je lis de Silène Edgar. Et je dois bien avouer que la couverture et le pitch général m'ont donné envie d'en savoir plus.

Imaginez, aujourd'hui, ou demain… La Bretagne. Une coupure générale d'électricité. Blanche et Hadrien sont coupé de tout, comme tous.  Si au début cela a des airs de vacances, cela angoisse vite Blanche car leur fille, la seule et unique, la raison de vivre de Blanche, est en Espagne avec ses grands-parents. Comment savoir si elle vit encore ? Comment les retrouver ?
Plus tard, Bianca est entrée en résistance en ayant coupé toutes racines avec sa famille. Pour avancer, il ne faut plus penser au passé mais aux objectifs, à la mission, au pouvoir à renverser…

Notre monde face au risque de black out. Notre monde face au risque du basculement d'une guerre civile. C'est tellement réaliste, que cela fait froid dans le dos. Silène Edgar nous invite alors à suivre Blanche et Bianca. Deux périodes différentes dans le temps, et deux récits qui se chevauchent pour finalement se croiser. Blanche/Bianca n'est pas un personnage spécialement attachant. C'est un être engagé, une personne qu'une fracture amène à reconsidérer sa vie et à pousser son engagement plus loin, à prendre les armes. Silène Edgar nous amène surtout à suivre ce récit au travers des émotions. Blanche doute et angoisse mais est portée vers une seule chose : la vie de sa fille. Bianca ne livre rien de son passé, mais   celui-ci est un poids pas toujours facile à porter. Les deux récits se chevauchant, il est intéressant de voir un même personnage différents, un personnage touché par le doute, abîmé par la peur, porté par une résolution.
Par ailleurs le texte amène une question : comment moi je réagirais face à un tel contexte, face à un tel changement social, politique et économique. Prendrais-je le maquis comme mes convictions militantes m'y pousseraient. Ou bien resterais-je chez moi à faire ce que je peux, petitement, pour faire survivre ma famille ? Les deux choix ont des répercutions qu'il est difficile d'imaginer réellement quand on est bien installer dans son canapé. Bref "Fortune Cookies" est un bon petit roman (novela) qui en ne disant pas tout, laisse des champs ouverts à la réflexion. Un roman bien construit et porté par une écriture accrocheuse. A découvrir.

A lire, l'avis de Lelf. Bien plus long et mieux structuré que le mien. 



"Le fou de Dieu" de Jean-Claude Marguerite

Avec ce court récit, Jean-Claude Marguerite, l'auteur du "Vaisseau ardent", nous fait vivre la destinée d'un jeune poilu et ses compagnons de tranchées durant la Première Guerre Mondiale. On y sent la mort, la douleur et la peur… Pour y vivre les horreurs de la guerre. Et pour faire face à cela, notre narrateur se découvre une vocation d'écrivain. L'imaginaire comme refuge face à un monde devenu fou ?

Une sympathique entrée en matière pour découvrir cet auteur. Le "Fou de dieu" est disponible sur le site de l'auteur. Prochain lecture de J-C Marguerite ? "Le Vaisseau ardent".



"Le voyageur" de John Smythe

Dans "Le Voyageur", John Smythe nous invite à suivre Cormac, un journaliste qui a passé toutes les épreuves pour rejoindre une équipe d'astronautes dont la mission et de voyager là où l'homme n'est encore jamais allé. Durant le voyage, enfermé dans cette navette, les membres de l'équipage meurent les uns après les autres, y compris notre narrateur.  Ensuite, ce dernier revient à la vie, mais selon un voyage temporel inexpliqué,  il se réveille avant la mort des membres de l'équipage. Cormac va donc revivre les événements,  mais cette fois en tant que spectateur...

Ce qui est intéressant dans ce court roman, ce sont les réflexions de Cormac, son regard, ses prises de conscience, sa solitude, sa douleur et finalement son naufrage personnel. Le récit se lit bien, c'est un huis clos bien monté, mais malheureusement je n'ai pas je n'ai pas complètement adhéré au récit. Au début, cela va très vite, sans surprise,  à tel point que l'on se demande comment le livre va continuer ensuite. Et pourtant c'est là que tout commence, que ce récit sombre et intime de la solitude se déploie.

L'une des bonnes idées du récit de John Smythe, c'est de reprendre la conquête spatiale, abandonnée par les états, à compte privé. Ce sont des transnationales qui ont investis dans ce voyage, ce qui explique que tout produit dans le vaisseau a une marque et que tout est couvert par un journaliste engagé par ces bailleurs de fonds. Cela donne un contexte autre, quoi que similaire, à la conquête spatiale habituelle.

Au final, "Le Voyageur" de John Smythe distrait avec un récit assez court mais ne m'a emporté dans sa totalité. Un roman moyen, pas mauvais,  pas transcendant,  mais qui distraira les amateurs de huis clos le temps de quelques pages spatiales.
Chroniques en vrac #2 : Silène Edgar, Jean-Claude Marguerite et John Smythe Chroniques en vrac #2 : Silène Edgar, Jean-Claude Marguerite et John Smythe Reviewed by Julien le Naufragé on jeudi, mars 26, 2015 Rating: 5

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