Anthologie "Utopiales 2013"

Cette année était la première où je me déplaçais au festival Utopiales à Nantes. Depuis ma province liégeoise belge, cela fait un bout de route, mais ce fut un bon moment et cette anthologie m'a permis de croiser la route de quelques auteurs.

++ La quatrième de couverture ++ 


14 nouvelles,14 univers qui se télescopent.
Et si les nuages possédaient une forme d’intelligence ? Que faire lorsqu’on découvre un satellite artificiel qui a la texture d’une grosse grenade ? Comment agir lorsque l’on est un vampire en mission dans l’espace ?
L’anthologie officielle des Utopiales 2013 réunit, cette année encore, auteurs étrangers et francophones, pour défricher les possibles et explorer le futur. Pour être, en somme, au coeur même de notre vocation: la science-fiction.

+++ Mon avis +++


Globalement je dois bien avouer avoir aimer cette anthologie. On y retrouve du beau monde, il faut bien l'avouer. Pour ma part, j'ai lu cette anthologie dans le désordre. J'ai suivi ma lecture en fonction de mes envies et donc des auteurs que j'avais particulièrement envie de lire. Mais prenons le livre dans l'ordre des nouvelles pour le chroniquer.

C'est William Gibson qui ouvre ce recueil. Une des têtes d'affiche des Utopiales 2013, père du cyberpunk et grand  absent du festival. Avec "Dougal désincarné", il livre un texte sur la vie après la mort. Distrayant mais sans plus. Dommage.

Jean-Louis Trudel est celui qui suit. Le Canadien du festival et un auteur, plutôt orienté hard SF, que je n'avais jamais lu. Un texte moyen qui peu porter à réfléchir aux conditions de travail des gens du tiers monde. Sympathique mais sans plus.

Andreas Eschabach offre un court texte agréable. "Les fleurs de ma mère" livre une histoire vue par le regard d'un "idiot". Il invite à réfléchir sur le désastre que provoquerait la libération dans l'atmosphère d'un virus qui détruirait la chlorophylle, cassant ainsi la chaîne de régénération de l'oxygène. Le tout vu par le regard triste d'un jeune handicapé qui se tracasse de la mort des plantes de sa maman partie en vacances.

Orson Scott Card part avec un capital sympathie négatif selon moi. J'ai commencé mais pas terminé cette lecture qui parle de paradis, d'enfer et de père Noël. Étrange cocktail. J'ai pas aimé mais je partais avec un a priori négatif. Passons.

"La main tendue" de Norman Spinrad est une nouvelle qui joue sur la structure du récit. Entièrement découpé en dépêches de presse et autres rapports, il décrit la rencontre entre l'homme et une intelligence extra-terrestre qui pousse l'espèce humaine à repenser complètement sa manière de vivre sur terre. Pas mal, un bon moment de lecture mais rien d'innovant en fait. 

Sylvie Lainé est une des grandes dames de la SFFF au format nouvelle. "Grenade au bort du ciel" est un texte positif. Là ou d'autres sombrent dans la morosité, Sylvie Lainé amène un texte à finalité enthousiasmante : celle de  la rencontre d'un astéroïde qui offre de l'émotion en concentré. Chouette texte, vraiment bien ficelé.

"Vert dur" de Stéphane Beauverger est pas mal non plus. L'auteur imagine un monde où l'écologie politique et le féminisme sont au pouvoir. Inversion de notre monde actuel, un univers où l'homme est sensible et la femme dure. Mais tout n'est pas aussi simple que la façade le laisse croire. Un bon texte et de bonnes idées qui invitent à la réflexion et une belle plume encore une fois.

Lucas Moreno donne avec "Comment je suis devenu un biotech", une nouvelle sur la singularité et l'impact de la naissance des intelligences artificielles sur l'homme, le tout sur un fond asiatique. Un texte pas mal dans mon souvenir même si je ne me souviens plus des détails.

Jean-Pierre Andrevon, grand nom de la SF française et grand absent du festival, donne avec "Les mines de mars" un texte construit sur une idée pas forcément originale, mais qui a tout de même bien marché avec moi. Pour mettre fin aux problèmes sociaux, la sphère politique décide d'inviter les forces vives à venir travailler dans les mines de Mars, sauf que... Une nouvelle datant de 1971 mais revue et corrigée pour la présente édition.

"J'ai eu trente ans" est le texte de Thierry Di Rollo. Un texte noir quelque part entre SF et fantastique, plutôt court mais j'en ai apprécié la lecture. Ca me donne juste envie de replonger dans son oeuvre en dégradé de noirs.

Ian McDonald est le tricheur de la bande. Plutôt qu'une seule nouvelle, il en a assemblé trois pour fournir "Trois futurs". Trois textes, de très court à court, qui offrent un regard désabusé sur notre futur mais également sur le potentiel de réaction face aux problèmes sociaux. Probablement un des meilleurs textes, si pas la meilleure nouvelle, de ce recueil. Ian McDonald montre ici qu'il peut également  être très bon sur la distance courte comme il excelle dans la longueur de ses romans.

Thomas Day offre avec "La femme aux abeilles" le texte le plus fantasy de l'ensemble. Il y conte la vengeance d'une femme picte, le tout avec un brio qui m'a énormément plu, voir touché. Egalement un de mes textes favoris du recueil.

Dans "Nimbus", Peter Watts offre une idée originale : celle de l'intelligence possible des masses nuageuses. Au travers de cette idée, les catastrophes climatiques prennent une autre dimension. Un texte très bon, bien ficelé. Un auteur à suivre.

Et pour conclure ce recueil, Jeanne-A Debats livre "La fontaine aux serpents". Un texte SF futuriste où l'on retrouvera un vampire enquêtant dans une station spatiale. On y retrouve de bonnes idées poussant à la réflexion, pas mal de sexe mais tourné transgenre. On sent que l'auteure aime bousculer ces lecteurs. Le texte le plus long du recueil, pas le meilleur, pas le moins bon, mais je n'en suis que moyennement convaincu.

Pour conclure, ce recueil fut un bon moment de plaisir pour moi, sans doute porté par le fait que ce recueil est lié au souvenir de rencontres de ma première présence aux Utopiales. A garder en mémoire, les textes de Ian McDonald,  Thomas Day, Stéphane Beauverger, Peter Watts et Sylvie Lainé. Ca manque probablement d'auteures féminines, plus de parité serait intéressant mais cela vaut également dans les invité-e-s du festival.
Anthologie "Utopiales 2013" Anthologie "Utopiales 2013" Reviewed by Julien le Naufragé on dimanche, décembre 01, 2013 Rating: 5

3 commentaires:

  1. Pour le moment, j'ai lu les mauvaises :(

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  2. Enfin fini de mon côté, je suis un peu mitigée. Y'a des bons textes mais je trouve dommage que pour les auteurs étrangers on ait des choses assez anciennes (sauf le texte de Ian McDonald que j'ai d'ailleurs beaucoup aimé pour son actualité).

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  3. En général, je n'attends pas de textes énormes et généralissimes dans ce genre d'anthologie. Cela tient plus du souvenir que de la bonne pioche de texte. Mais je dois avouer que le texte de Ian McDonald me reste en tête quelques temps après.

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