"Vortex" - Robert Charles Wilson

Haaaa, le dernier acte du triptyque lié à "Spin". On l'attendait celui-ci. Peut-être un peu trop, ce qui fait que l'on peut être déçu par celui-ci. Néanmoins, il reste un excellent moment de lecture sur lequel je suis resté accroché avec grand plaisir !

+++ La quatrième de couverture +++

" Je m'appelle Turk Findley et je vais vous raconter ce que j'ai vécu longtemps après la disparition de tout ce que j'aimais ou connaissais." C'est par ces mots que commence le premier des dix carnets lignés trouvés dans le cartable d'Orrin Mather, jeune vagabond interné dans un centre d'accueil de Houston. Ces carnets racontent l'histoire de ce Turk Findley qui, en passant un arc temporel des Hypothétiques, a fait un bond de dix mille ans dans le futur et s'est retrouvé sur Vox, un archipel artificiel sur le point de franchir l'arc pourtant fermé qui fait communiquer Equatoria avec le berceau de l'humanité - une Terre à l'agonie devenue toxique et inhabitable. Pour Sandra Cole, le médecin en charge d'Orrin, ce récit est un roman de science-fiction plein d'élucubrations sur les Hypothétiques et leur nature exacte, mais certains faits contredisent cette confortable théorie, car Orrin connaît bien un monsieur Findley, un trafiquant très dangereux... Suite directe d'Axis, Vortex clôt avec une rare audace la trilogie entamée avec Spin, récompensé par le prix Hugo et le Grand Prix de l'Imaginaire.

+++ Mon avis +++

Ce "Vortex", on l'attendait au tournant. On en attendait beaucoup après la claque de "Spin". Pour certains, ce fut la déconfiture avec "Axis", qui pour ma part reste un excellent roman mais pas du même niveau que "Spin". Mais il faut bien avouer qu'après ce livre grandiose, il était difficile de mettre la barre encore plus haut. Déjà aussi haut semblait difficile mais plus haut? Cela devient... impossible?!

Bref, vous l'aurez peut-être déjà lu ailleurs, "Vortex" n'est pas aussi bien que ce que l'on en attendait. Et pourtant! J'avoue avoir passé un malin plaisir à lire ce livre, scotché comme un gamin qui vient de recevoir son dernier Wilson, je le dévore de bout en bout, histoire de voir comment tout cela va finir. De plus la construction du roman reste audacieuse. On retrouve ue histoire imbriquée dans une autre, l'une devant être une fiction dans la fiction. Mais celle-ci est-elle une réelle fiction? D'où vient toute cette imagination à un pauvre type qui ne possède pas la moitié du vocabulaire que l'on trouve dans le texte? D'où sort Orrin Mather? On n'en sait trop rien, toujours est-il qu'il a écrit ce texte sur les Hypothétiques et Turk Findley. Un bel agencement du récit dans le récit. 

Au niveau de l'histoire on passe également d'un personnage à l'autre, switchant ainsi dans les vues et les ressentis. Sandra Cole se retrouve de son côté à suivre Orrin Mather, mais elle se retrouve vite déboutée par sa hiérarchie. Elle reste néanmoins intriguée par les textes de ce garçon que l'énigmatique Boose lui a transmis. Ce dernier, s'il a l'allure du bon flic, reste néanmoins un personnage obscure qui n'est pas sans électriser un peu notre bonne Sandra Cole. En alternance, chapitre par chapitre, nous lirons le récit de Turk Findley. Ce même personnage que l'on retrouvait déjà dans "Axis". Celui-ci se réveille quelque part, ou nulle part, et se voit secouru par des hommes vivant en presque symbiose avec une machine. Celle-ci, connectée à leur système nerveux les connecte tous ensemble, tel l'internet, formant ainsi une espèce de grand esprit unique habitant plusieurs corps. Cette utopie mal embarquée rêve d'une chose : se fondre en un avec les hypothétiques. Et bien sur ils comptent sur Turk Findley pour les y aider. De là naîtra la rencontre avec Allison/Treya, femme de cette patrie imprégnée d'une personna d'autrefois. 

Vous l'aurez compris le récit n'est pas forcément simpliste. Il n'est pas alambiqué non plus, loin de là. Plus accessible qu'il n'y parraît, Robert Charles Wilson offre donc un suspens SF de très bon cru qui n'a pour seul défaut que de ne pas être du niveau attendu : celui de "Spin". Si l'on excepte cela, "Vortex" reste un très bon livre. Il ne sera hélas pas forcément toujours compréhensible à qui n'aurait pas lu "Spin" et ne pourrait pas identifier clairement qui sont ces fameux hypothétiques. Quant au final et réflexions que Wilson nous en offre, il faut bien avouer que c'est savamment amené et plutôt réfléchi mais cela ne provoque plus, ou pas aussi bien, le vertige que "Spin" nous avait offert.

Au final, "Vortex" reste un très bon roman. On ne crache pas sur le plaisir d'un bon moment passer avec les histoires de Robert Charles Wilson. Bien sur je suis fan de son style et j'aime son approche et ses réflexions. Mais sachez ceci, Wilson n'est pas des plus optimiste sur notre devenir car vu l'histoire qu'il nous en offre : l'homme reste un loup pour l'homme. Et si les hypothétiques nous protège de l'explosion du soleil, nous sommes suffisamment idiots pour continuer à nous détruire, à polluer et à nous entre-tuer.  Pessimiste et réaliste donc.


+++ Mais encore +++

Les deux autres livres de ce triptyque : l'énormissime "Spin" et le très bon "Axis".

+++ Le livre +++
  • Broché: 341 pages
  • Editeur : Editions Denoël (22 août 2012)
  • Collection : Lunes d'encre
  • Traduction : Gilles Goullet
  • Illustration : Manchu
"Vortex" - Robert Charles Wilson "Vortex" - Robert Charles Wilson Reviewed by Julien le Naufragé on mercredi, octobre 17, 2012 Rating: 5

2 commentaires:

  1. Pessimiste, bien je vais aimer !!
    J'ai hâte de lire cette conclusion à Spin (il est vrai que j'avais moyennement apprécié Axis)

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  2. Pessimiste, oui! Mais cela reste du même acabit que "Axis", mais avec une structure narrative plus travaillée.

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