"Utopiales 2011" - Anthologie officielle des Utopiales

Le festival des Utopiales j'y ai jamais mis le pied. Pas que cela ne m'intéresse pas, c'est juste énormément loin de chez moi vu de Liège. Mais peut-être qu'un jour? En attendant, je peux toujours lire l'anthologie pour avoir un avant-goût de ce que c'est...


++ La quatrième de couverture ++

Les passagers du Titanic ont survécu. Si, si... La jeune Lavinia a, pour sa part, volontairement échangé son corps contre celui d'un vieillard... Trois copains d'Arcueil ont cassé la baraque en banlieue, avant de partir pour Alger... Du fantastique à la science fiction en passant par l'Uchronie, l'anthologie officielle des Utopiales vous propose sept histoires, sept univers, sept dimensions. Utopiales 2011, avec les nouvelles de David Calvo, Eric Holstein, Norbert Merjagnan, James Morrow, Tim Powers, Lucius Shepard et Roland C.Wagner.


+++ Mon avis +++

Une anthologie recouvre toujours une somme de textes divers, parfois unis par un même thème, mais parfois pas comme dans ce cas-ci. Cela ne m'a pas empêché d'avoir envie de lire cet ouvrage. Déjà rien que la liste des auteurs me donnait envie : David Calvo, Eric Holstein, Norbert Merjagnan, James Morrow, Tim Powers, Lucius Sheppard et Roland C. Wagner. Quelques grands noms dont certains que je n'ai jamais lu. Peut-être une porte ouverte vers de nouvelles lectures?

Mais venons-en aux textes. Le premier est signe par James Morrow dont je n'ai jamais rien lu. Et à dire vrais, ce texte est le meilleur de l'ouvrage pour moi. Seul défaut? Quelques coquilles qui trainent lâchement, surement dues à une traduction un peu vite emballée pour être prête pour les Utopiales. "Le radeau du Titanic" nous offre une chouette uchronie doublée d'utopie. James Morrow se plaît à réinventer ce qui aurait pu se passer si les naufragés s'étaient auto-organisé en créant un gigantesque radeau sur lequel le groupe sauvé se serait en nouvelle citée flottante. Chouette plume, humour sympathique, utopie qui fait rêver mais contre-balancée par son côté un peu simpliste (aucune avanie majeur, pas de gros grain en mer, etc). Il reste que James Morrow fut une belle découverte pour moi et un texte que j'ai eu plaisir à dévorer parce qu'il fait rêver. Maintenant, il me faut découvrir d'autres choses de lui, cet auteur qui vaut cet ouvrage à lui tout seul.

Suit le texte de Roland C. Wagner. Un auteur que j'ai déjà pu lire et dont j'apprécie l'humour des "Futurs mystères de Paris". Ici, on est dans de l'uchronie parait-il car "Le train de la réalité (fragment)" serait un échos de son roman "Rêves de Gloire" que je n'ai pas lu mais que l'on me conseille. Personnellement je n'y ai pas ressenti l'uchronie mais surtout le boogie du rock'a billy. Ca swing, ca bouge, ca danse et surtout ça tchache. La nouvelle est écrite de bout en bout dans un style parlé poussé vers l'argotisme. On appréciera ou pas, certains seront irrités, mais une fois le décodeur en route on est juste transporté ailleurs. Et puis quand cela parle de musique rock, moi généralement cela me porte.

"L'invention du hasard" de Norbert Merjagnan est le troisième texte. Découverte de cet auteur qui ne m'a pas particulièrement convaincu ici. Le texte n'est pas mauvais, il y a juste un petit quelque chose qui ne m'a pas émerveillé mais le texte reste sympathique néanmoins et me donne tout de même envie d'aller voir ce que donne Merjagnan sur un texte long.

On arrive à Tim Powers que j'ai envie de lire depuis un moment et dont certains de ses livres ornent bibliothèque en attendant d'être lus. J'étais donc impatient et j'en attendais pas mal. L'auteur nous livre avec "Lignes parallèles" un texte fantastique très classique. Trop à mon goût d'ailleurs surtout que dans ce style là j'ai récemment fait la découverte de Thomas Owen qui est quelques crans au-dessus. Bref, pas mauvais, mais une histoire de fantômes trop téléphonée à mon goût. Je lui préférerai surement sa SF.

Eric Holstein est un auteur que j'aime bien. Que j'ai peu lu également si ce n'est une nouvelle dans l'anthologie "Retour sur l'horizon" que j'ai beaucoup aimé, et une nouvelle dans Bifrost n°60 auquel j'ai moins accroché, encore qu'elle trotte en tête par son style. Ici encore une fois, Holstein me plaît par son style. "K**l me, I'm famous" tourne autour de la musique et évidement, comme j'ai arpenté des fond de caves musicales underground ici et là, je m'imagine très facilement le contexte. Le côté vampirisme légèrement ambigu est sympathique... mais sans plus. Il manque quelque chose à cette nouvelle je pense, un petit je-ne-sais-quoi qui ferait une sérieuse différence.

L'avant-dernier texte est de Lucius Sheppard, auteur que j'avais apprécié avec "Sous des cieux étrangers". Journaliste de son état, on sent que dans cette nouvelle monsieur Shepard a quelque chose à nous faire ressentir sur les malheurs de la guerre. Prenant pour décors le Salvador à l'histoire plus que mouvementé et dont les années 80 ont vu une guerre civile éclater, junte paramilitaire soutenue par les USA bien évidemment. "Salvador" nous fait ressentir les délires d'un groupe armé paramilitaire, qui au travers de son périple ne saura plus ce qui est du réel ou ce qui est issu des délires de la drogue qu'ils ingèrent. Cependant, la mort elle continue d'exister belle et bien autour d'eux! Ça fait froid dans le dos. Un texte pas mal.

David Calvo fourni bien sur un texte assez déjanté."Pragmata" nous livre à l'introspection d'un auteur face à son problème de création. Sujet classique pour un auteur qui tourne ici la nouvelle sous un très beau phrasé mais qui dans le contenu manque d'un petit quelque chose. Cela reste un bon moment de lecture, mais sans plus.

Bref, le recueil des Utopiales 2011 est plutôt moyen de manière générale. Si ce n'est le texte de James Morrow qui est vraiment pas mal. Les autres sont soit de bonnes convenable, soit bof. Pas de quoi jeter le livre aux oubliettes mais pas de quoi le porter au frontispice. Des textes qui vous offriront un bon moment de lecture mais pas de quoi y trouver des nouvelles qui marqueront l'histoire de la SF.


+++ Mais encore +++


Deuxième lecture pour le Winter Time Travel Challenge, édition 2011-2012, défi littéraire qui a pour thème l'uchronie.

Les autres billets de ce Challenge (y compris l'édition précédente)
Le billet du RSF blog qui a lancé ce Challenge





+++ Le livre +++
  • Broché: 236 pages
  • Editeur : ActuSF (4 novembre 2011)
  • Collection : Les trois souhaits
"Utopiales 2011" - Anthologie officielle des Utopiales "Utopiales 2011" - Anthologie officielle des Utopiales Reviewed by Julien le Naufragé on jeudi, mars 15, 2012 Rating: 5

4 commentaires:

  1. De Tim Powers, je te conseille vivement "Le poids de son regard", et dans la veine de ce qu'il écrit maintenant, plus intime, "A deux pas du néant". J'adore son oeuvre, Powers décline souvent un parti pris fantastique et s'amuse à régir ses univers avec une cohérence poétique - à la manière de ce que Gaiman a fait avec "Neverwhere" et "American Gods". Ce qui fait que chacun des Tim Powers pourrait être un excellent sujet de pilote pour d'improbables et incroyables feuilleton télé ; "Sur des mers plus ignorées" est une sorte de quintessence de "Pirate des Caraïbes" - en plus adulte.
    Bref, énormément de plaisir en perspective avec cet auteur expert en cliffhangers / page-turner (je sais pas comment on dit...).

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  2. Il est moins bon que celui de l'an passé mais reste sympa à lire. J'ai beaucoup aimé la dernière nouvelle. Celle de Shepard est vraiment bien aussi.

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  3. Un recueil sympa mais pas exceptionnel en effet, mes préférées étant les nouvelles de Sheppard, Powers et Morrow.

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  4. @ Marcel Trucmuche : Je prends quelques notes comme à mon habitudes. Je vais regarder ce que j'ai en stock également... Je sais que j'ai de quoi lire de lui ici en rayon.

    @ Tiger Lilly : Shepard est un auteur qui m'intrigue, qui me donne envie d'être lu et qui se promène dans la littérature de genre avec une rare efficacité malgré le fait qu'il soit trop peu connu.

    @ Xapur : D'accord avec toi, même si le Powers m'a pas trop accroché personnellement. Trop téléphoné dans le genre pour moi. Néanmoins, dans l'ensemble, on passe un bon moment.

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