L'assassin Royal, Tome 13 - Robin Hobb (Titre : "Adieux et retrouvailles")


Tome final d'une série kilométrique. Dernier opus des aventures tragique de Fitz "L'assassin royal". Sortez vos mouchoirs, ça va pleurer...

+++ La quatrième de couverture +++

Alors que les navires emportent au loin le prince Devoir et la Narcheska Elliania désormais libres de se marier, un homme seul se dresse sur les rivages de l'île d'Aslevjal. Fitz Chevalerie, s'il a fini par se résoudre à la mort du fou, ne peut supporter de laisser la dépouille de son ami ensevelie sous les décombres du château de glace. Il se lance alors dans l'exploration désespérée des ruines souillées à tout jamais par les maléfices de la femme pâle. Son périple le mènera bien plus loin qu'il n'aurait pu l'imaginer : des contrées de la mort aux rivages secrets de l'art, Fitz trouvera peut-être les réponses à toutes ses questions... Ou des raisons de croire qu'il se trompe depuis le début.


+++ Mon avis +++

"Adieux et retrouvailles" est le dernier épisode du plus mauvais assassin qui soit : Fitz Chevalerie. Dernier tome qui en fait représente la fin d'un tome unique en anglais, ouvrage qui comprend dès lors les tomes 11, 12 et 13 de la VF. Et le plus mauvais assassin qui soit car Fitz n'est pas un beau héros, fort, musclé, imbattable et sans scrupules. Il est d'ailleurs tout l'opposé, personnage torturé mais très humain, fidèle à la couronne au détriment souvent de lui-même et de ses amis. Un personnage sombre car renfermé, un être qui vit et a des émotions. Bref, on est bien loin de Conan et plus proche d'Elric. Fitz est également ce genre de gars qui s'en prend plein la tronche, s'en relève, la gueule de travers mais droit comme la justice prêt à défendre les Six Duchés, prêt à risquer sa vie, à la perdre même, pour sauver son royaume car tel est le vœu qu'il avait juré bien des années avant.

Bon, soyons clair, si vous n'avez pas encore lu le livre, n'allez pas plus loin... ça risque de spoiler (comme dirait l'autre), alors passez directement bien plus bas... à "Pour le reste..."

Sur ce dernier tome, la bataille décisive a eu lieu. Le dragon noir est libéré et ce dernier batifole comme un jeune plein d'hormones auprès de sa belle Tintaglia. La délégation royale quant à elle vogue vers les îles d'Outre-Mer, ramenant ainsi la Narcheska et son prétendant : le Prince Devoir. Quelques tractations politiques vont encore se réaliser, quelques petites bisbrouilles diplomatiques à mettre au point et que nos dragons à nouveau en liberté se feront un devoir de régler.

De son côté, Fitz restera sur Aslevjal, avec Lourd comme invité surprise. Notre assassin royal s'est fixé pour mission de retrouver le corps du Fou et de lui offrir une sépulture décente. Et si par hasard il tombe sur la sorcière blanche de ces lieux, il lui règlera son compte une fois pour toute. Ce qui in fine, il ne fera pas... Juste châtiment pour cette mégère, ville manipulatrice devant l'éternel.

Le Fou quant à lui va survivre, ou plutôt ressuscité... Revenu d'entre les morts, arraché des limbes par la force de l'amour et du Vif de Fitz. Tour de force que notre assassin a déjà pu effectuer sur lui-même par le passé. Néanmoins, le Fou a du mal a revivre. Il a été entaché, touché en son être, torturé et assassiné. Une nouvelle mue se met en route et tout en même temps il découvre en l'Homme Noir un de ses semblables. En viendra l'idée de s'en retourner chez eux afin d'y amener des modifications, changements et bouleversement que le Catalyseur incarné par Fitz aura amené en sauvant le Fou de la mort.

De son côté Fitz va faire face à la mort de Burrich. Il va devoir se révéler et prendre en charge se famille. Ortie découvre qui est Fitz, lui en veut et apprend avec lui. Quant à la rencontre avec Molly, elle ne se fait pas sans mal. Quinze ans sont à combler, quinze ans de mensonges et d'absence, cela ne se pardonne pas... Mais il faut reconstruire plutôt que de remplacer. Il faut se redécouvrir mais tout cela offrira une fin des plus émouvante qui a tout du "Ils vécurent heureux de longues années entourés de nombreux enfants merveilleux"... Final oh combien contrasté avec cette série finalement noire et torturée par les sentiments.

Pour le reste, ce dernier tome met un point final à la série. Les choses se dénouent, le bonheur arrive après tant de tristesse et c'est pas un mal parce que toute cette série a un côté parfois larmoyant outrancier. "L'assassin royal" est pour moi une grande tragédie, un série qui n'a rien à envier à la Grèce antique et à ses héros de tragédie.

Bref, au final Robin Hobb construit avec "L'assssin royal" une série qui marque le genre par son caractère très humain et tragique. Un héros torturé de bout en bout, pire qu'Elric de Moorcock! Une série qui a ses qualités littéraires et qui se détache de la fantasy héroïque à bras musclés. Une auteure qui mène son monde de main de maître. Mais néanmoins un cycle qui me laisse mitigé sur l'ensemble. Je m'y suis autant amusé qu'ennuyé. Parfois énervé tant on voudrait secouer notre héros qui se complet dans l'apitoiement et la dévotion patriotique. Une série qui m'aura autant plu que déplu mais que je suis content d'avoir lu car elle a ses qualités. Et tant qu'à choisir, j'ai préféré le premier cycle que le deuxième sur les 13 tomes.

En attendant, cela reste une série à découvrir... et "L'assassin royal" va surement rejoindre les livres cultes de la fantasy, tout en faisant des émules vers les non-convertis à ce genre de littérature.


+++ Mais encore +++

Cette lecture est une lecture commune partagée avec Frankie - Iani - Ptitetrolle - Nienör

Pour les curieux et curieuses, voici les vidéos de l'entretien sympathique avec Robin Hobb au Festival Trolls et Légendes de 2011. Les vidéos sont sur le site de ActuSF.


+++ Le livre +++
J'ai lu le livre en version France Loisirs que j'avais trouvé d'occasion. Mais comme les éditions club ne sont pas accessibles à tous et toutes, je vous fournis les infos de sa version poche chez J'ai Lu. Il reste également les éditions Pygmalion pour la belle édition si cela vous intéresse.
  • Poche: 378 pages
  • Editeur : J'ai lu (5 octobre 2007)
  • Collection : J'ai lu Fantasy
  • Langue : Français
L'assassin Royal, Tome 13 - Robin Hobb (Titre : "Adieux et retrouvailles") L'assassin Royal, Tome 13 - Robin Hobb (Titre : "Adieux et retrouvailles") Reviewed by Julien le Naufragé on jeudi, août 25, 2011 Rating: 5

12 commentaires:

  1. Très humain et tragique. C'est exactement ça. Je suis un fan absolu.

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  2. @ Gromovar : Je vois ça oui. Moi, pas forcément. J'apprécie, je reconnais les qualités, mais je ne suis pas fan pour autant. Mais j'y ai passé un bon moment.

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  3. Je crois que tu es celui d'entre nous qui a le moins apprécié ce second cycle et, même si je ne les partage pas, je comprends tes réserves.
    Tu as entièrement raison quand tu parles de tragédie un peu trop larmoyante mais c'est aussi ce qui fait le charme de Fitz. :)

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  4. Je partage ton point de vue sur ce tome et sur la série en générale. Elle vaut largement le cout d'être lue, mais son penchant pour le larmoyant et son héros assez énervant font que 13 tomes peuvent être un peu longs.
    Et la fin avec Molly est vraiment décevante à mon regard. Néanmoins, il a la classe notre Fitzchevalerie Lonvoyant ! C'est vrai que le premier cycle aurait peut être du être le dernier ... à l'époque où il n'était pas encore devenu cet insipide Tom Blaireau

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  5. @ Niënor : Ha je suis d'accord avec toi. C'est une qualité tout ce côté tragique, c'est le point fort de cette série, ce qui la fait sortir de la masse de la fantasy actuelle. Mais pour moi c'était parfois too much, trop lent ou je ne sais quoi. Mais cela reste des qualité, c'est juste un feeling perso.

    @ Lord Orkan Von Deck : Haaaa je ne suis pas seul sur mon île. Nous sommes au moins deux à contre-courant! ;-) On est bien d'accord, c'est plein de qualités et ça vaut le coup d'être lu vu que c'est hors de la fantasy typique actuelle (enfin je trouve). Mais c'est trop long, trop larmoyant, trop tragique, in fine too much. Et le final est décevant si on veut. Un peu vite emballé, mais cela ne m'a pas gêné, je m'y attendais franchement vu le style de l'auteur. Peut-être avec plus de détails et de prises de tête.

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  6. Tout comme Niënor, je comprend très bien ce qui t'as gêné dans la lecture, et j'ai d'ailleurs ressenti ça aussi dans certains tomes où j'avais vraiment envie de secouer Fitz. Il ne ressemblais plus du tout au Fitz des premiers tomes et ça m'embêtait beaucoup de le voir s'enfermer dans l'inaction et ruminer ses idées noires dans son coin.

    Néanmoins le roman a plein d'autres qualités, et le fait que l'auteur utilise un héros aussi atypique (et parfois énervant) comme Fitz avec autant de justesse est l'un de ces qualités.

    On peut critiquer la fin de bien des manières (la résurrection du Fou, les retrouvailles avec Molly, la mort de Burrich qui tombe à pic, etc.), mais je pense qu'il était impossible de clôturer cette série en contentant tout le monde...

    Le truc bien, c'est que l'on aime ou pas cette série, tout le monde s'accorde à dire qu'il faut essayer au moins une fois de la lire :) Ce qui en soit révèle déjà sa qualité ^^

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  7. Ce dernier tome a comme un air mélancolique et porte bien son titre VF. La fin est sans doute un peu Happy End mais Fitz mérite d'être enfin heureux après tout ce qu'il a subi. J'ai adoré toute la saga en ce qui me concerne.

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  8. Le problème de cette série c'est qu'il faut supporter Fitz. Moi je l'adore (tout en ayant envie de le baffer, ça fait partie de son charme), mais je comprends qu'on accroche pas plus que ça.
    J'ai aussi une préférence pour le premier cycle, même s'il y a de très beaux morceaux dans le 2e (surtout toute la relation extrêmement complexe entre Fitz et le Fou...)

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  9. @ Ptitetrolle : En même temps, je crois que si Hobba avait fait une fin triste, cela aurait fait trop tragédie. Hehehehe.

    Je ne nie pas qu'il y'ait du bon et très bon dedans, bien du contraire. Je n'étais sans doute pas le meilleur public. Mais c'est à essayer...

    @ Frankie: On est bien d'accord, il mérite un peu de bonheur... et puis un happy end, nous change un peu de ses tortures habituelles. ;-)

    @ Calenwen : Le premier cycle est calirement mieux. Dommage qu'en Français il soit considéré comme un ensemble unique avec le premier. Mais oui, Fitz est à baffer! :-) Mais on a quand même envie de le suivre dans ses auto-apitoiement.

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  10. Haaa ! Fitzounet ! :')
    Je suis moi aussi une grande fan de Robin Hobb et du monde de Fitz. Mais comme toi j'ai plus apprécié le premier cycle de l'assassin royal que le second.
    "Les aventurier de la mer" est très bon aussi, de même que "Les cités des anciens" (chroniqué sur mon blog), même si l'écriture ressemble plus au second cycle de l'Assassin par son côté plus lent, voir plus psycho-dramatique.
    Trolls & Légendes 2011 : dju.. quelle file il fallait faire pour Robin Hobb ! :x *ne regrette pas*

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  11. Bonjour

    J'ai lu avec attention votre critique de la série.
    Et je la partage, en ce sens que je l'ai autant aimé que détesté, au point que je n'ai jamais réussi, par la suite à accrocher à une autre série de cette auteure-ou un autre livre.
    Dans la foulée de celle-ci, j'ai lu la série des "Aventuriers de la mer", mais quand est apparue la série "La cité des Anciens", je n'ai pas pu.
    Fitz, tête à claques auto-torturé et son ami le Fou, amoureux déchiré et déchirant, planent dans l'air dés que je tente de prendre un bouquin de cette auteure !
    Et ça fait déjà 7 ou 8 ans (à la louche) que j'ai posé le dernier tome...
    Au fond, ces deux-là font partie de moi, maintenant.

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  12. Erreur de manip et ce billet revient en première page. Il est retourné à sa place.

    @ Doris : Pour Hobb, je me suis plus moins arrêté là. J'avais entamé "Les aventuriers de la mer" mais me suis arrêté. Peut-être un jour la suite. Peut-être jamais...
    Pour la file au Troll, j'ai préféré la voir en conférence que faire file une heure pour une signature.

    @ Anonyme : Ce Fitz est énervant mais il montre également combien Hobb a pu approfondir un personnage tout au long d'une vie et de quelques bouquins. C'est réussi pour ça.

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