"La Ballade de l'impossible" de Tran Anh Hung

Ma première chronique de film ne va surement pas brillé par sa qualité, mais néanmoins je m'y essaie car elle me permet de mettre en parallèle un film et un livre lu il y'a peu de temps.


++ Synopsis ++

Tokyo, fin des années 60. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s’est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s’installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. Alors qu’un peu partout, les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est, elle aussi, bouleversée quand il retrouve Naoko, ancienne petite amie de Kizuki. Fragile et repliée sur elle-même, Naoko n’a pas encore surmonté la mort de Kizuki. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et le soir de l’anniversaire des 20 ans de Naoko, ils font l’amour. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspension depuis la perte inexplicable de ce premier amour. Lorsqu’enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle, drôle et vive qui ne demande qu’à lui offrir son amour.


+++ Mon avis sur le film +++

Etant plutôt fan de l'œuvre littéraire d'Haruki Murakami, je ne pouvais pas passer à côté de ce film. Ajoutons à cela le fait que le film soit fait par un réalisateur vietnamien au style brillant et somptueusement esthétique, et tout concourt à ce que ce soit un bon film.

Pour parler brièvement du livre d'Haruki Murakami, je dirais que ce n'est pas son meilleur roman. Enfin selon mes goûts personnels bien sur. Et il se fait que j'ai lu le livre juste avant de savoir que celui-ci était adapté et passait au cinéma. Quel heureux hasard! Je ne pouvais donc passer à côté de cette adaptation car même si le livre est loin d'être mon préféré, ni même le meilleur de Murakami, il y transpire une atmosphère particulière qui invitait à la création cinématographique.

Côté cinéma, c'est Tran Anh Hung qui s'est lancé dans l'aventure. Et comme me dirait un de mes beaux frères, il ne faut pas y chercher absolument le livre, mais une adaptation, la vision qu'en a le cinéaste, sa manière de transposer en images l'œuvre littéraire d'un auteur. De cela je me dis qu'il n'est pas toujours évident, et c'est même un jeu risqué,que de transposer à l'écran l'imagination issue d'un roman. Chacun s'y construit ses propres images d'un personnage, d'un lieu, d'une situation... Et ce n'est donc pas facile pour un réalisateur de pouvoir contenter tout le monde, sachant d'autant plus qu'il y réalise sa propre vision du roman.

Toujours est-il que Tran Anh Hung s'y prend très bien. Le réalisateur vietnamien au style très esthétique joue comme à son habitude d'une certaine lenteur dans le récit pour mettre en valeur l'instant et la beauté d'un lieu, d'une relation entre deux personnes et de faire passer au travers de ce moment le sentiment qui se dégage entre deux êtres ou l'atmosphère qui transpire d'un instant. Jouant des couleurs et des jeux de lumières, Tran Anh Hung nous livre des films d'une beauté magnifique, sortes de tableaux en mouvement d'une histoire en cours. De plus ce réalisateur a le sens du détail, de la petite touche, du petit quelque chose qui a lui seul de par sa présence, sa couleur ou sa signification nous transmettra presque inconsciemment un sentiment diffus de ce qui se passe à l'écran. Pour prendre un exemple, je me souviens d'une scène de sexe bien loin de ce que l'on voit à Hollywood. Un instant d'amour partagé entre deux êtres humains, un instant de passion... Et pour faire transparaître cela, Tran Anh Hung positionne dans un point fort de l'image un chauffage qui dégage une lumière rouge intense et qui contraste à merveille avec l'obscurité ambiante. De par son positionnement sur un point fort et sa couleur rouge inévitablement liée à la passion, le réalisateur nous renvoie un sentiment d'intensité et de passion magnifique. Et c'est d'autant bien joué que à la fin de l'acte, l'un des partenaire de par son déplacement masque cette lumière, ce rougeoiement pour ne plus laisser place qu'aux êtres et à une douce obscurité. Bref, pour moi, c'est merveilleusement bien réussi du côté esthétique.

Niveau de l'histoire, on est très proche du livre. Si ce n'est la première partie du film qui passe peut-être un peu trop vite à mon goût pour ralentir enfin et laisser place à la relation entre les différents personnages. Et c'est là que réside toute l'histoire, comme dans le roman, à ces relations, à cette découverte de l'amour, à la dure réalité de la mort, à la vie... Tran Anh Hung réussit également à laisser la place au dialogues, point fort d'Haruki Murakami dans ses livres.

Bref, au final j'ai bien aimé ce film. D'autant plus que j'avais lu livre juste avant d'y aller. Cette adaptation est très belle et très réussie. Je conseille vivement ceux et celles qui ne connaissent pas ce réalisateur à le découvrir. Quant à Haruki Murakami, je vous invite à lire ma chronique du livre, mais je vous conseillerais de le découvrir au travers d'autres livres bien meilleurs.


+++ Mais encore +++

Première chronique d'adaptation cinématographique.
Première épreuve du genre pour moi. Et désolé si ce n'est pas bien fait...

Toutes les infos sur le challenge sur le blog de Chez Nodrey

+++ Le film ++
+
Réalisé par Tran Anh Hung
Avec Kenichi Matsuyama, Rinko Kikuchi, Kiko Mizuhara, plus
Titre original : Noruwei No More
Long-métrage japonais.
Genre : Drame , Romance
Durée : 02h13min Année de production : 2010


+++ Mon avis sur le livre +++



Suivez ce lien pour lire ma chronique du livre.
"La Ballade de l'impossible" de Tran Anh Hung "La Ballade de l'impossible" de Tran Anh Hung Reviewed by Julien le Naufragé on samedi, juillet 16, 2011 Rating: 5

5 commentaires:

  1. J'ai vu le film lors de sa sortie sans rien du tout connaitre du livre. J'y suis allé attiré par une bande annonce qui utilisait une chanson des Beatles que j'aime beaucoup. Je suis assez client de films asiatiques et celui ci, sans être extra ordinaire, est sympa mais aujourd'hui il ne m'en reste pas grand chose. Le film peine à se démarquer et l'histoire est assez convenue. Bref, à voir éventuellement si l'occasion se présente.

    Au fait, Tran Anh Hung n'est pas Coréen mais vietnamien. Connaissant l'inimitié qui existe entre les deux peuples, ça m'étonnait aussi de voir un coréen adapter un roman japonais.

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  2. @ Pitivier : En plus j'ai hésité pour la nationalité. Un minimum de recherche m'aurait évité cette bourde. Quel âne je fais... Je vais corriger cela.

    De mon côté j'ai bien aimé, allant voir le film de manière sereine. Sachant que j'aimais bien ce qu'il faisait aussi. Mais tu as raison, en disant que le film peine à démarrer. Ce n'est pas le cas dans le livre, cela prend plus de temps et de place qu'ici en version film où ça zappe un peu trop ceci et cela et nuit à la compréhension générale que j'avais grâce au film. Après au niveau de l'histoire, c'est du romantisme post-adolescent... mais ça le fait quand même. Ou alors c'est juste que je n'arrive pas à être assez critique sur un auteur et un réalisateur que j'aime bien.

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  3. J'ai beaucoup aimé l'esthétique du film, moins l'histoire. Il me manquait l'élément "borderline" habituel chez Murakami pour me faire aimer cette histoire d'amour trop mélodramatique à mon goût. Mais beau film quand même (et la fin m'avait semblé aussi trop "accélérée", on n'a pas le temps de ressentir la souffrance du personnage, ça fait trop "facile")

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  4. Toujours pas eu l'occasion de le voir de mon côté, je reste sur mon impression assez mitigée du livre pour l'instant et même si je suis persuadée que le film sera forcément plus plaisant, pas sûre qu'il fasse partie de mes favoris au final. J'espère pouvoir le regarder cette semaine, on verra bien !

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  5. @ Cachou : C'est clairement mélodramatique. Mais je savais ce que j'allais voir aussi hein! Pas de surprises ni de déception donc pour ma part. Un film très esthétique donc, mais qui adapte le moins bon des livre de Murakami. Et qui ne possède pas ce côté borderline comme tu le dis.

    @ Miss Spooky Muffin : Si tu n'as pas aimé le livre tu n'aimeras pas plus le film. Il y'a l'esthétique particulière et bien gérée, mais l'histoire reste une histoire d'amour loin des autres livres de Murakami. A toi de voir...

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