"Pukhtu primo" - DOA

"Pukhtu : primo" - DOA

Gros calibre du roman noir pour la sortie Folio Policier de la rentrée littéraire avec DOA. L'auteur français le plus anonyme du moment revient avec un diptyque impressionnant, tant en volume de pages qu'en contenu. Un roman qui perdra certains lecteurs par son récit éclaté, chargé en vocabulaire technique et acronymes divers, mais qui porte un point fort indéniable : la psychologie et les destinées de chacun des personnages, les principaux comme les secondaires.


L'histoire de "Pukhtu : primo"


Afghanistan. La guerre sale des USA contre le terrorisme. Roman polyphonique immersif éclaté sur plusieurs continents. Un chef de clan pachtoune, crie vengeance après la mort de deux de ses enfants tués par un drone de combat. Sher Ali Khan Zadran s'en va en guerre contre les USA, par vengeance et non pour la foi. 6N, une société de sécurité travaille pour les USA mais est mêlée dans des trafics troubles. Fox, un ancien militaire français naturalisé américain a infiltré 6N. Il doit travailler pour la CIA, infiltrer ces mercenaires, il n'a pas le choix. Amel et Peter, deux journalistes, prêt à tout et bien plus pour leur scoop et faire éclater la vérité. Et bien d'autres encore...
Deux mondes en guerre l'un contre l'autre. Des destinées qui se croisent dans l'ombre et la douleur, entre l'Asie centrale, l'Afrique, l'Amérique du Nord et l'Europe.


Mon avis sur "Pukhtu : primo" de DOA

DOA fait partie des pointures du polar actuel français. Jouant de son anonymat, il est rapidement devenu connu en peu de romans. Avec la sortie de son "Pukhtu" il était attendu et a reçu pour le coup le Prix Mystère de la Critique 2016 et le Prix du Polar Libr'à nous 2016. Mais que faut-il penser de ce double pavé bien tassé ? 

Si vous avez déjà lu "Citoyen clandestin", vous arriverez en terrain connu. L'écriture est très proche bien évidemment, avec un récit éclaté sur plusieurs personnages. Ajouter à cela un fort vocabulaire militaire et technique, donnant des noms d'armes, de matériel et d'organismes d'état, militaire ou paramilitaire, et vous serez plonger en plein réel. Pour le coup, ce listing permanent et précis d'armes donne une filiation directe avec Jean-Patrick Manchette qui estimait, si je ne me trompe pas, qu'un auteur de polar se devait de s'y connaître en armes pour écrire de tels romans. Pour le coup, vous en aurez pour votre compte, mais sachez qu'un glossaire est repris en fin de roman pour faciliter votre lecture. 

Vous l'aurez compris, les amateurs de Jean-Patrick Manchette ainsi que d'un Ayerdhal période "Transparences" y trouveront leur compte. Par contre, pour ceux qui n'aiment pas l'excès de vocabulaire technique du genre, vous risquez d'y être un peu perdu, à moins de faire comme moi : s'en foutre de savoir à quoi ressemble exactement tel flingue ou tel hélicoptère. Alors ça coule tout seul. Néanmoins, le récit faisant la part belle à des luttes entre divers organismes privés et d'état, on pourrait aussi se retrouver noyé par l'excès d'acronymes, mais là encore, et curieusement, on s'y repère assez vite. Ce qui permet de se plonger facilement dans le récit et son point fort : les personnages.

DOA a cette force dans "Pukhtu" de pouvoir offrir des personnages forts. Prenant le temps pour chacun d'eux, ainsi que pour de nombreux personnages secondaires, il dépeint des destinées puissantes, attachantes, touchantes mais forcément noires, tristes, sans issues et donc fatales. C'est la toute la force de ce roman : la construction des personnages. Et pourtant il y en a ! Déjà tous les principaux, puis tous les secondaires qui se dévoilent au cours du roman, voir disparaissent aussi vite mais offrent de par leurs nombreuses destinées un roman en forme de poupées russes. 

Bref "Pukhtu : primo" est un vrai bon roman noir. Et pour être noir, il est noir ! La plongée dans la psychologie des personnages, leurs failles, leurs échecs, leurs malheurs et peurs qu'ils trainent comme des boulets n'offrent que des perspectives sombres à chacun d'eux. Ici, rien ne peut se finir bien. Tout ne peut qu'aller de mal en pis. Du trafique de drogue à celui d'armes et d'humains, DOA offre tout ce qu'il y a de plus noir dans une guerre et ce ne sont pas les articles qui fleurissent et ont fleuri à ce sujet qui démentiront l'hyperréalisme de ce roman.

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"Pukhtu primo" - DOA "Pukhtu primo" - DOA Reviewed by Julien le Naufragé on lundi, décembre 04, 2017 Rating: 5

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ton article, ça donne envie, il a l'air vraiment pas mal !

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    1. Merci :-) Voilà un commentaire qui fait vraiment plaisir à lire. Et je te conseille le livre ;-)

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