"Bastards" - Ayerdhal

Alors que je prépare une rencontre pour demain soir avec Ayerdhal et Stefan Platteau, voici que ce soir je vous chronique le dernier roman d'Ayerdhal. Un thriller mâtiné de fantastique mythologique.


+++ La quatrième de couverture +++

Un extraordinaire thriller contemporain qui se nichera comme un chat dans vos meilleurs cauchemars.
À court d'inspiration, l'écrivain new-yorkais Alexander Byrd se lance à la recherche de Cat-Oldie, une vieille dame qui s'est débarrassée de trois agresseurs avec un outil de jardin et l'aide d'un chat.
Sa quête se transforme en véritable investigation qui ravive une guerre entre services spéciaux impliquant la mystérieuse ancêtre. Elle l'amène aussi à croiser le chemin de femmes aussi félines que fatales et à requérir l'assistance de Colum McCann, Norman Spinrad, Jerome Charyn...
Ayerdhal surprend encore avec un formidable thriller qui se lovera comme un chat dans vos meilleurs cauchemars !


++ Mon avis ++


Pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, Ayerdhal est un auteur français de science-fiction mais qui depuis quelques années étend ses domaines et techniques d'écriture aux genres du polar et du thriller. Auteur à la plume efficace et rythmée, il est également connu comme étant un auteur engagé, tant par les thématiques qu'ils portent dans ses romans que par les positions qu'il prend en tant qu'auteur (Droit du Cerf, etc.).

Pour revenir au roman, celui-ci a d'abord été publié en épisodes numériques avant d'être repris en roman chez le même éditeur : Au Diable Vauvert. C'est chez ce dernier éditeur que l'on retrouve presque tout ce qui est disponible de l'auteur, à quelques exceptions près.

"Bastards" est un roman au titre choc. Par contre, avec la thématique féline de la couverture et du résumé de quatrième de couverture, on se demande quel est le lien avec le titre. Pour le trouver, il vous faudra lire le roman... Celui-ci commence d'abord comme une ode à des auteurs de références qu'Ayerdhal semble apprécié. Ainsi, au travers des pages de "Bastards", il vous arrivera de croiser Norman Spinrad mais aussi Colum McCam, Jerome Charyn, Paul Auster, Siri Hustvedt, etc. Si ces derniers sont devenus des personnages de fiction, c'est essentiellement pour leur faire hommage car le roman aurait tout aussi bien fonctionner si ces personnages avaient été d'illustres inconnus.

Comme le raconte la quatrième de couverture, "Bastards" nous amène à suivre un auteur à succès, Alexander Byrd, qui fait face au problème de la page blanche. Pour retrouver l'inspiration, il se lance à la recherche de l'étrange Cat-Olie, cette petite vieille que les faits divers annoncent comme celle qui s'est débarrassé de trois agresseurs à l'aide de son chat. Un personnage étrange, sorte de légende urbaine, que personne ne semble connaître. Lancé à ses trousses, il finira bien par la croiser. Mais que révèlera cette vieille dame qui semble connaître Alexander Byrd alors que lui ne la connaît pas. Dans le sillage de ses recherches, il crée des vagues car la vieille dame semble être plus qu'une petite bobonne toute frêle.

Après un prologue plutôt intriguant, Ayerdhal prend le temps d'installer son personnage. Ce n'est qu'ensuite que les choses s'emballent, que l’étau se resserre et qu'Alexander Byrd découvrira qui est cette vieille dame. En même temps qu'il joue des ficelles du thriller politique, Ayerdhal vient greffer ce que l'on peut appeler la fiction mythologique. Il injecte dans ce roman l'imaginaire des mythes et légendes, ce qui permet de déployer le roman de l'auteur dans le rayon des littératures de l'imaginaire tout autant que dans le rayon thriller.

Le roman est assez bien construit. Si j'étais dubitatif au début du roman, je dois bien avouer avoir été très vite pris dans l'histoire d'Alexander Byrd. Le coup de l'auteur qui écrit sur la vie d'un auteur, cela me fait toujours un peu peur. Mais Ayerdhal n'oublie pas son lecteur en ajoutant la touche fantastique qui donne un sense of wonder à un roman articulé comme un thriller. Avec ces deux effets, il offre un roman qui se lit tout seul, tel un bon page turner. Certes le roman ne restera pas comme mon roman préféré de l'auteur, mais ne boudons pas notre plaisir de lecture même si le roman semble, à priori, moins politique que ses autres romans.

La photos d'Ayerdhal a été prise aux Imaginales 2013 
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This work by Vanderhaeghen Julien is licensed
"Bastards" - Ayerdhal "Bastards" - Ayerdhal Reviewed by Julien le Naufragé on jeudi, novembre 20, 2014 Rating: 5

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