"Qui a peur de la mort ?" - Nnedi Okorafor

Démarrant ce livre avec pas mal d'attentes et d'espérances, j'en ressort hélas avec un avis plutôt mitigé voir assez déçu.


+++ La quatrième de couverture +++

Afrique, après l’apocalypse. Le monde a changé de bien des façons, mais il est une région où les génocides intertribaux continuent d’ensanglanter la terre. Une femme survit à l’anéantissement de son village. Elle erre dans le désert dans l’espoir d’y mourir, mais donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable. Persuadée que son enfant est différente, extraordinaire, elle la nomme « Onyesonwu », ce qui signifie, dans une langue ancienne : « Qui a peur de la mort ? » À mesure qu’Onye grandit, elle comprend peu à peu qu'elle porte les stigmates physiques et sociaux de sa violente conception. Des pouvoirs magiques aussi insolites que remarquables commencent à se manifester chez elle alors qu’elle est encore enfant. Sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à quitter son foyer pour se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, l’histoire, l’amour, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte : Qui a Peur de la Mort.


++ Mon avis ++

"Qui a peur de la mort ?" est le premier roman traduit en français de cette auteur afro-américaine. Ce roman est pourtant loin d'être premier livre mais c'est celui-ci qui a reçu le World Fantasy Award en 2011. Nnedi Okorafor est américaine d'origine nigériane, elle est professeure d'écriture à l'université (Chicago) et est diplômée en journalisme. Plutôt connue pour ses textes young adult, ce  roman est son premier livre à destination d'un public adulte.

"Qui a peur de la mort ?" est un roman dur. Pas difficile à lire mais dur dans ces thématiques. Nnedi Okorafor n'attends pas une longue introduction pour plonger ses lecteurs dans la douleur et le malheur : le livre commençant par un viol. C'est ainsi que voit le jour Onyesonwu, notre héroïne, fille d'un viol et donc rejetée par les deux communautés dont elle est issue. ppresé par la douleur, on continue notre récit, suivant ainsi Onyesonwu dans les années de sa vie pour arriver à l'excision, moyen pour elle de s'intégrer dans la communauté mais à quel prix? Et la vie continue, toujours aussi dure pour arriver au génocide interculturel, à la guerre, à la violence verbale et physique, et un retour aux viols et le cercle vicieux semble ne jamais s'arrêter pour notre pauvre Onyesonwu, née sous une mauvaise étoile. Mais c'est sans compter sur son obstination, sa rage de vivre et ses compétences magiques issues de son père, cet homme qui use du viol comme d'une arme de destruction massive dans un but affiché de génocide. Si la magie est présente, elle semble toute africaine. Onyesonwu se découvre des compétences de change-forme, de voyage entre les plans d'existence, d'invocation d'étranges golems. Cette magie, inspirée de l'Afrique, Nnedi Okorafor la doit à ses racines africaines, à ses voyages dans son pays natal. Mais que reste-t-il de l'Afrique de son récit? Un monde détruit, probablement futuriste d'après le peu que l'on en sait. Quelques détails ici où là nous laisse voir que l'on est dans le futur mais le moins que l'on puisse dire c'est que l'auteure est très peu descriptive sur le décor qui entoure nos personnages. C'est pour moi le gros points négatifs de ce roman : le manque de descriptions, l'impression d'évoluer dans un désert vague entouré d'un décor que l'on imagine presque flou, tant l'on en sait peu. Par contre, à l'opposé, Nnedi Okorafor travaille son personnage central Onyesonwu et ses proches ami-e-s.  Chacun et chacune a sa propre personnalité, vivra ses propres découvertes, supportera son lot de douleurs, s'émancipera des traditions étouffantes et avancera avec Onyesonwu dans une quête mystique et magique finalement très fantasy : la rencontre entre Onyesonwu et son père le méchant sorcier génocidaire.

Bref, je ressors de ce roman un peu mitigé, plutôt déçu en fait. J'ai apprécié le côté dur, l'approche frontale des thématiques sans s'éterniser inutilement dans le pathos. Je n'ai pas aimé le manque de descriptions, mai peut-être est-ce du  au traitement du récit qui veut que Onyesonwu conte elle-même son histoire? Et si j'ai apprécié le développement des personnage, j'ai trouvé dommage que certaines choses soient vite emballées (comme le final du récit). De plus j'ai trouvé le style d'écriture fort haché, des phrases courtes à trop courtes. Cassant un peu la rythmique de ma lecture. Bref, mitigé mais pas inintéressant car Nnedi Okorafor nous offre une fantasy post-apocalyptique qui nous invite dans l'imaginaire africain et c'est plutôt original en cela.

Lecture commune avec : Tigger Lilly, Cornwall et Euphémia.

A lire également, les avis de Gromovar, Efelle et Lorhkan

"Qui a peur de la mort ?" - Nnedi Okorafor "Qui a peur de la mort ?" - Nnedi Okorafor Reviewed by Julien le Naufragé on lundi, avril 28, 2014 Rating: 5

2 commentaires:

  1. Oui le vrai point fort du roman, ce sont ses personnages, et les thèmes abordés.
    Le contexte reste assez (très !) vague mais ça ne m'a pas dérangé, un peu comme si tout cela se passait dans un futur plus ou moins proche mais dans lequel le passé a été totalement oublié et que la notion de temps qui passe n'existe plus vraiment. J'ai même trouvé que ça apportait une dimension supplémentaire en fait.

    Par contre, dommage que la forme "quête de fantasy" soit restée aussi sage et classique.

    RépondreSupprimer
  2. Pour ma part, le côté quête ne m'a pas plus dérangé que cela finalement, même si la facture reste classique. C'est plus le manque de descriptions et le phrasé haché qui m'a gêné. Juste que le livre tombait peut-être au mauvais moment. Ou pas. Dommage, je suis un peu passé à côté. Mais pas totalement.

    RépondreSupprimer

Concours

Fourni par Blogger.