"Chromozone" - Stéphane Beauverger

Premier volet de la trilogie Chromozone, ce livre est également le premier roman de Stéphane Beauverger, sorti préalablement en 2005 chez La Volte. Folio SF nous offre l'occasion de le lire en poche, ne nous en privons pas.

++ La quatrième de couverture ++ 

Chromozone est un virus électronique militaire qui a dévasté le monde il y a quinze ans. Les hommes se sont depuis repliés en microcommunautés ethnico-politico-fumeuses, au sein de conforteresses inviolables. Mais les grands consortiums comme Karmax refont surface, pour exploiter de nouveaux protocoles de communication phéromoniques. À l'abri dans leurs laboratoires et leurs citadelles modernes, chercheurs et financiers affirment avoir trouvé le moyen de rendre aux populations désemparées le lustre d'antan. Et tous de jurer en chœur : Il n'y a plus de place en ce monde pour la bêtise... Roman noir grinçant, anticipation cannibale, Chromozone assène une vision prophétique et cataclysmique de notre société de Marseille à Ouessant, en passant par Berlin. Le pire n'est pas toujours sûr, mais celui-là paraît probable.

+++ Mon avis +++

Depuis ma lecture du "Déchronologue", je ne me suis jamais replongé dans d'autres livres de Stéphane Beauverger. Pourtant ce roman m'avait énormément marqué, voir peut-être avais-je un peu peur de moins accrocher à cette première trilogie, fort différente du "Déchronologue". 

"Chromozone" est un roman un peu déstabilisant, il faut bien l'avouer. Si le roman est très noir, plutôt chaotique, quasi post-apocalyptique, voir plutôt apocalyptique, on avance dedans comme dans un brouillard. Tout n'est pas bien défini dès le départ, les frontières de ce monde sont floues et pourtant il s'agit de notre monde, mais vu au travers d'une anticipation obscure, noire et plutôt désabusée. Ce triste monde, qui  a subi il y a 15 ans l'attaque du Chromozone, virus électronique militaire, pourrait devenir le monde dans lequel on évolue, disparités exacerbées, impact des extrémismes, etc. Roman choral, ce premier tome d'une série de trois développe les personnages un à un. Au début, on a du mal à s'accrocher à eux tant ils sont eux-mêmes aussi noirs que l'atmosphère délétère qui les entoure. Pourtant le récit avance, les personnage se développent et livrent des choses sur eux, leur passé et les relations qu'ils ont ou ont eu avec les autres protagonistes du roman. Stratégies de survie pour certain, opportunisme ou choix politiques pour d'autre. A partir de là, ce roman qui me perdait un peu prend une tournure plus intéressante dès que les personnages se densifient. En parallèle, la France dans laquelle évolue le récit devient moins floue également, le territoire est lui-même déchiré par les religions, des guerres quasi tribales, déchirements ethniques, etc.

Si le roman m'a rapidement immergé dans l'histoire, je dois bien avouer avoir senti un certain flottement au milieu. Cependant, le récit s’accélère ensuite, les fils se démêlent et les personnages gagnent en consistance. Ce qui fait que je me suis replongé avidement dedans pour le terminer  avec plaisir. Le chaos général du début prend donc un certain sens tandis que le récit se densifie. Un bon premier roman pour Stéphane Beauverger qui augure d'une belle suite, même si ce premier récit n'est pas sans défauts. Au final j'ai juste envie de me plonger dans le tome 2 que je me suis offert aux Utopiales 2013. On verra ce que nous réserve la suite. 

Un roman lu en écoutant le concert d'Hint vs EZ3kiel.
"Chromozone" - Stéphane Beauverger "Chromozone" - Stéphane Beauverger Reviewed by Julien le Naufragé on dimanche, novembre 17, 2013 Rating: 5

3 commentaires:

  1. Houla, je ne l'ai toujours pas lu celui là... Merci de me donner envie d'y plonger. ;)

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  2. Faudrait que j'y jette un oeil, j'ai lu sa nouvelle dans l'antho des Utos de cette année et ça m'a donné envie de replonger dans ses écrits.

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