"La maison des derviches" - Ian McDonald

Voici un livre dont j'attendais beaucoup. D'abord parce que l'auteur m'avait attrapé avec son "Desolation road" ensuite parce qu'il m'a convaincu avec son "Roi du matin, reine du jour". "La maison des derviches" est pour moi encore au-dessus de ces deux ouvrages, tant par la quantité de personnage suivis que par la richesse de ses histoire entremêlées et l'immersion de son Istanbul du futur. Un excellent roman, bien écrit, à ne pas rater.

++ La quatrième de couverture ++

Istanbul, avril 2027. Sous une chaleur écrasante, la ville tentaculaire fête le cinquième anniversaire de l'entrée de la Turquie dans la Communauté européenne. Quinze ans plus tôt, Israël a frappé les sites nucléaires iraniens avec des missiles thermobariques, provoquant indirectement le pire choc pétrolier et gazier de l'Histoire. Dans Istanbul en ébullition (l'air conditionné coûte trop cher, l'eau aussi), une bombe explose dans un tramway. Cet événement va bouleverser la vie des habitants de la maison des derviches de la place Adem-Dede : Necdet se met à voir des djinns, le jeune Can utilise son robot pour enquêter sur l'attentat non revendiqué, l'antiquaire Ayse accepte de rechercher un sarcophage légendaire, Leyla se voit chargée du marketing d'une nouvelle technologie révolutionnaire : le stockage bio-informatique. C'est dans la maison des derviches que se joueront rien de moins que l'avenir de la Turquie et celui du monde tel que nous le connaissons.


+++ Mon avis +++

Ian McDonald n'en est plus à son coup d'essais. Bien au contraire, il fait partie des auteurs que l'on attend avec une relative impatience aujourd'hui notamment depuis son "Fleuve des dieux" que je dois bien avouer ne pas avoir lu. Et comme je n'ai pas lu ce dernier, erreur me diront certains, je me suis jeter sur ce dernier ouvrage. Certes avec un peu de retard, mais avec un plaisir boulimique. 

Derrière une couverture superbe, loin des carcans habituels SFFF, on tient un roman fort riche. Ian McDonald prend le risque au travers de ce roman de dépeindre et suivre plusieurs personnages forts différents. Ce qui les tient? Leur lieu de vie : la maison des derviches. Le livre s'ouvre sur un attentat terroriste non revendiqué sur la place Adem Dede : une jeune femme s'est explosé la tête dans le tram. Necdet en est le témoin direct, Can de manière indirecte grâce à son robot. Le premier vit au dépend de son frère, fervent adepte du Coran. Le second est un jeune enfant atteint d'un problème auditif et qui vit chez ses parents. Lors de cet attentat, le robot de Can a filmé, tout filmé, mais il a été repéré par un autre robot qui ne fait pas partie de la police. Qui était-ce? Qu'est-ce que cela implique? Can souhaite le découvrir, car Can est désormais l'enfant détective. Necdet, quant à lui, voit des djinns depuis cet attentat, ce qui va finir par lui conférer une aura particulière auprès de la sphère des croyants qui entourre son frère. Ayse, jeune femme dynamique et entreprenant, antiquaire de métier accepte une mission particulière : retrouver l'homme mellifié, un sarcophage de légende. Son homme, Adnan, fait dans la finance. Il rêve de faire un gros coup pour devenir riche. Avec ces collègues il prépare un coup financier sur les marchés du gaz. Leyla, qui habite chez sa tante, se voit décrocher un job en marketing pour une jeune entreprise, de la famille bien sur, qui travaille sur une technologie révolutionnaire : le stockage bio-informatique. Mais pour breveter cela, il faut trouver des fonds et aller plus vite que la concurrence. Georgios, de son côté, est le vieille homme de la maison des derviches. Grec expatrié, ancien chercheur en économie expérimentale, passe sont temps au troquet du coin avec ses copains et rêve encore de son amour de jeunesse, camarade de lutte contre la dictature des Colonels. Par gentillesse, il prend son son aile le jeune Can qu'il aidera dans son enquête.

"La maison des derviches" est un roman foisonnant. Au départ, il y a ce lieu commun où tous vivent. Et puis les histoire de chacun divergent et puis convergent. S'ils sont voisins, ils ne se connaissent pas pour autant. Certains se verront liés de manière indirecte, mais c'est la suite de certains événement qui les ramène l'un près de l'autre sans pour autant les rapprocher les uns des autres. De ce roman riche, je pointerais plusieurs choses. Il y a d'abord le décor : Istanbul, la Turquie. On est plongé dans un lieu qui nous semble exotique vu d'ici, si différent et finalement pas si éloigné car c'est encore l'Europe. Cette plongée dans Istanbul fut une vrai réussite à laquelle vient se rajouter ce léger décalage dans le futur : on est en 2027. La ville a certes un peu bougé, mais ce sont les technologies qui ont évoluées. Attention, rien d'énorme, mais c'est suffisant que pour parler de recherche en stockage bio-informatique et de robot change-forme. Ian McDonald amène ainsi un sense of wonder qui joue entre anticipation technologique et immersion exotique dans une autre ville. A cela, il faut ajouter sa galerie de personnages tous aussi riches les uns que les autres. Tous différents, mais néanmoins liés, même si ce n'est pas toujours flagrant. Ian McDonald dessine ses personnages habilement, des êtres que l'on a envie de suivre, des gens qui tentent de vivre, de survivre ou de gagner, des personnages comme il pourrait y en avoir partout mais qui suivent, avec les événements, un chemin particulier. 

Le livre avançant, la trame se dessine. Et s'il y a une seule remarque négative que j'apporterais, c'est qu'au début, avec tous ces personnages qui partent dans des directions opposées, on se demande comment l'auteur va en finir. Difficile de le voir venir. On en finit par se dire à un moment qu'il tente de nous dépeindre des sillons différents de la vie au travers de personnages face à des choix différents. Mais ce qui est certain, c'est que l'on revient sur ce livre car on s'est accroché aux différents êtres qui constituent "La maison des derviches". On a envie de savoir ce qu'ils vont devenir, ce que leurs choix vont apporter à l'histoire, ce qui va les rapprocher ou les éloigner et savoir comment tout cela va bien finir?

Bref, "La maison des derviches" de Ian McDonald est un livre comme je les aime, un roman centré sur les personnages, une histoire qui nous emmène ailleurs et nous fait finalement réfléchir sur les choix de chacun et des impacts que cela porte sur leurs vies. Un livre riche qu'il m'est difficile de décrire parfaitement, mais un roman excellent à ne pas rater.

A lire également, les avis de : Lhisbei, Efelle et Gromovar
"La maison des derviches" - Ian McDonald "La maison des derviches" - Ian McDonald Reviewed by Julien le Naufragé on mercredi, juin 12, 2013 Rating: 5

7 commentaires:

  1. Un excellent roman de Ian McDonald qui nous emporte à Istanbul tout en nous offrant une histoire fascinante. Par contre je te conseille de lire Le Fleuve des Dieux que je considère un léger cran au-dessus encore.

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  2. Tu DOIS lire le Fleuve des Dieux ! C'est un roman absolument génial, même s'il n'est pas forcément simple d'accès.

    Concernant "La Maison des derviches", je ne l'ai pas encore acheté, mais ce sera sans doute le cas aux Utopiales puisque l'auteur y sera présent. J'aime beaucoup cet auteur, je ne peux donc pas vraiment passé à côté...

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  3. @ Efelle : Haha, je vois qu'on est du même avis! ;-)

    @ BlackWolf : Je suivrai ton idée pour le Fleuve des Dieux. Je l'ai en plus. Reste que certains le trouve au-dessus, d'autre en-dessous. Une seule solution : le lire! ;-)

    @ Lorhkan : Comme dit à BlackWolf, je vais donc lire "Le fleuve des dieux" ;-) Merci de vos conseils enthousiastes!

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  4. Tu confirmes mon envie de le lire, faut que je vois s'ils l'ont à la bibliothèque...

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  5. suffit de parler de Ian McDonald ! Je sais plus par où commencer ! :D

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  6. @ Vert : S'il est dans ta bibliothèque, c'est qu'ils ont bon goût!

    @ Raven : Plus j'en lis, plus j'ai envie d'en lire.

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