"Demain, une oasis" - Ayerdhal


Auteur engagé dites-vous? Hé bien ce livre-ci vous le prouvera! Ayerdhal fait partie des ces auteurs qui n'ont pas leur langue en poche mais au bout de la plume et il sait en user pour vous transporter et s'engager!

++ La quatrième de couverture ++

Il était moitié médecin moitié technocrate, à Genève. Il avait un nom. Il n'en a plus : on le lui a retiré un soir, avec le reste de son existence. Une limousine devant, une derrière, un coup de freins, des portières qui claquent, un pistolet-mitrailleur, deux baffes bien assénées, une cagoule, des jours dans une cave sous perfusion et somnifères... Normal pour un kidnapping !

C'est au réveil que ça commence à clocher, quelque part dans un désert africain, à côté d'un vieillard gravement gangrené, quand un commando humanitaire lui confie la responsabilité médicale du village dans lequel il l'abandonne...


+++ Mon avis +++

C'est lors du festival Trolls et Légendes en avril dernier que j'ai acquis ce livre-ci. C'était également l'occasion de re-rencontrer Ayerdhal que j'avais déjà croisé lors de la Foire du Livre de Bruxelles un an avant. A nouveau conquis par le bonhomme, me voilà faisant l'acquisition de deux de ses livres. Celui-ci, je l'ai commencé directement lors du week-end en question... Et je l'ai terminé le week-end même. Vous l'aurez donc compris, je l'ai lu il y'a pas mal de temps déjà...plus ou moins 2,5 mois. Et j'aurai donc assez de mal à vous donner des détails sur le fond de l'histoire. Hé bien tant mieux pour vous, car je ne vous révèlerai donc rien de l'histoire de "Demain, une oasis".

Ayerdhal a une plume efficace. Bon conteur, il sait nous transporter ailleurs le temps d'une lecture. Ne s’embarrassant pas outre mesure de phrases longues et compliquées, il nous livre tout de même une belle plume plus qu'agréable, douée d'une langue acide qui a pour but de toucher au vitriol l'être humain afin de le faire réfléchir sur lui-même et son futur. Au travers du livre on est porté par les dialogues, point fort du style d'Ayerdhal, qui nous met à réfléchir sur la position et les points de vue des personnages. Réflexions qui amènent à nous-même, riches européens bien lotis et bien pensant, qui questionnons le tiers monde, la désertification et les changements climatiques bien installés dans notre confort! Oui, Ayerdhal fait partie de ses auteurs engagés. Un terme bateau, passe-partout et qui range l'auteur dans un tiroir, celui de gauche bien sur. Une étiquette galvaudée certes, mais Ayerdhal porte un oeil critique et acerbe sur la vie, un regard lucide, un oeil qui regarde la vie du même côté que moi et ça me plaît!

Niveau du roman, on est dans une histoire que l'on rangera plutôt côté thriller. Encore que... Ayerdhal, auteur des mondes de l'imaginaire, nous livre ici plutôt une anticipation légère de notre monde. A peu de chose près c'est le nôtre, mais dans un futur proche, et tellement proche que le lien entre notre vie et celle du livre est facile à faire. Un côté "légèrement futuriste" qui nous détache du monde afin de mieux observer le nôtre.

"Demain, une oasis" est une claque. Du genre de celle qui font réfléchir. Le genre de livre qui nous scotche et nous happe. Le genre de livre que l'on peut qualifier de coup de cœur. Le genre de livre que je conseille à tous.

Encore une chose, bravo aux éditions Au Diable Vauvert pour les rééditions des livres d'Ayerdhal. Mais dommage qu'il n'y ait pas (ou plus?) un éditeur poche pour nous offrir ces bouquins aux formats poche, que ceux-ci soient plus accessibles à tous les publics.

Et dernier mot, comme dirait Lhisbei : Ayerdhal Power! Alors, lisez "Demain, une oasis", ou un autre livre de l'auteur!


+++ Mais encore +++

Ce livre a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire en 1993.

CITRIQ

+++ Le livre +++
  • Broché: 244 pages
  • Editeur : Au Diable Vauvert (26 octobre 2006)
  • Collection : Litt Générale
"Demain, une oasis" - Ayerdhal "Demain, une oasis" - Ayerdhal Reviewed by Julien le Naufragé on mercredi, juillet 20, 2011 Rating: 5

7 commentaires:

  1. je maintiens : Ayerdhal power ! lisez-le :)

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  2. Je viens justement de l'acheter celui-là. Seul problème: je ne suis pas très "histoires en Afrique", ce continent et ses grands déserts m'angoissent (sérieusement, les déserts, ça me rend... comment ça s'appelle, l'inverse de claustrophobe?).

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  3. Il faut vraiment que je me mette à cet auteur, je n'ai que son roman écrit avec Jean-Claude Dunyach sur ma PAL (Étoiles mourantes), mais pas encore lu...

    Par ailleurs c'était vraiment "Demain une oasis" que je souhaitais me procurer, mais je ne l'avais pas trouvé à l'époque.

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  4. on dit agoraphobe pour la peur de la foule et des grands espaces (c'est très proche de la claustro paradoxalement. Je suis une agoraphobe en guérison, j'ai d'ailleurs vécus les deux).

    un auteur et un livre probablement passionnant. Un ptit goût de zanzibar peut être ? c'est le côté africain et futur proche qui m'y fait penser.

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  5. @ Lhisbei : Comme dirais l'autre : "je plussoie".

    @ Cachou : Il y'a une part de désert ici, et surtout unr grosse dose d'humanitaire, de réalité et de cynisme.

    @ Lorhkan : Tu as déjà la chance d'avoir ce roman, je crois qu'il devient introuvable (ou alors je me trompe!). J'en ai chroniqué d'autres si tu veux sur le blog. Et j'en lirai un prochainement aussi, mais du space opera cette fois!

    @ Lael : Merci pour l'information, je ne pensais pas que agoraphobe fonctionnait pour les espaces. Je croyais que cela le faisait que pour la foule.
    Un goût de Zanzibar? Pour la critique et le continent choisit. Niveau du récit, c'est bien plus fluide, rien d'éclaté, on est plus proche du thriller au'autre chose et ça le fait bien quand c'est intelligent!

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  6. C'est un livre qui bouscule et met le doigt sur le bien pensant mollasson que l'Europe affiche envers l'Afrique. D'une toujours triste actualité.

    Ayerdhal ne déçoit jamais, en tous les cas.

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  7. @ Marcel : J'en ai trois autres sous le coude du bonhomme. Et je pense bien faire une interview avec lui pour le blog aussi... ;-)

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