"Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables" - Serhe Lehman

Mis à part son travail d'anthologiste dans "Retour sur l'horizon", je ne connais pas le côté romancier ou novelliste de Serge Lehman. C'était donc pour moi une découverte, fort sympathique d'ailleurs.


+++ La quatrième de couverture +++

Un grand appartement oublié de l'île Saint-Louis dont les portes et les pièces disparaissent les unes après les autres...
Un bureau secret du ministère de l'Intérieur chargé d'explorer la banlieue parisienne pour y trouver les preuves de l'existence de Dieu...
Une entreprise géante qui fait surveiller ses employés par des espions semi-invisibles...
Une ville construite à partir d'œuvres d'art franco-allemandes et menacée par l'intrusion d'un monstre appelé «le Charbonnier»...

Six histoires étranges, drôles, tragiques, métaphysiques. Six plongées dans l'abîme pour découvrir ce qui se cache de l'autre côté de la réalité. À mi-chemin entre Jules Verne et Jorge Luis Borges : bienvenue dans le monde de Serge Lehman.


+++ Mon avis +++

Rapidement dévoré, le livre fut un vrais plaisir. Mais à trop vite l'avaler, on en oublie d'autant plus rapidement les détails. Il m'est donc difficile de vous conter le résumé de chaque nouvelle. Mais est-ce bien utile? Il ne faudrait pas gâcher la découverte à qui veut se porter vers cette lecture.

"Le haut-lieu et autres espaces inhabitables" est un recueil de six nouvelles qui s ont des détails et des styles finalement différents. Mais si ceux-ci diffèrent, passant de la SF au fantastique, il reste que ce recueil possède une excellente cohérence d'ensemble. Serait-ce du au travail d'anthologiste de Serge Lehman? Ceci, et comme pour beaucoup de recueil, je ne peux dire que tout m'a plus de la même manière. Dans un recueil, tout est toujours question de la sensibilité de chacun et bien sur du savoir-faire d'un écrivain. J'en viendrais presque qu'à penser qu'écrire une bonne nouvelle est plus difficile qu'écrire un bon roman car sur la quantité de pages on peut noyer les passages moins bons. Mais revenons aux nouvelles...

La nouvelle "Le Haut-Lieu" a réellement quelque chose de prenant, d'angoissant. Certes l'idée de la maison-piège n'est pas neuve, mais le traitement est bien amené et cela crée une ambiance fantastique très... sombre. D'une efficacité simple mais éprouvée. Ce texte est également le plus long du recueil.

Et pour "les autres espace inhabitables"? Hé bien on a droit à une somme de différentes nouvelles plus ou moins longues, de la très courte à la taille moyenne. De manière générale moins efficaces que "Le Haut-Lieu" mais cela reste de la bonne SF. Certaines sont trop courtes, comme "La chasse aux ombres molles", d'autres légèrement vertigineuses, comme un Robert Charles Wilson, avec "La régulation de Richard Mars".

Serge Lehman a tendance à porter ses histoires sur un fond métaphysique qui ne m'a pas spécialement déranger. Je ne crois pas que des réflexions sur dieu ou quoi que ce soit d'autres pourraient m'intéresser, mais pris dans un contexte fantastico-SF cela passe, cela fait limite partie du décor. Ceci dit, il est probable que certaines de ces considérations pourraient irritées les plus matérialistes d'entre-nous.

Au final, "Le Haut-Lieu et autres espace inhabitables" est un sympathique recueil. Comme dit plus haut, je l'ai dévorer en peu de temps. Ce qui en fait selon moi un bon livre. Malheureusement, et c'est souvent le cas avec ce genre de recueil pour moi, cela ne laisse pas de souvenirs pérennes. Sauf pour les plus longs textes. Toujours est-il que si le feeling final est : "C'était un chouette livre"; alors ce livre est un bon recueil. Pas un ouvrage indispensable, ni même transcendant mais un bon livre quand même. Il vous fera passer un bon moment, quelque part ailleurs, dans d'étranges espaces en des temps détournés.

Oh et un petit détail : je reste convaincu que les préfaces c'est moins bien que les postfaces. Soit ces premières dévoilent trop de choses et ça pourrit la lecture, soit, comme dans le cas présent, on ne pige pas trop les remarques parce qu'on a pas encore lu le livre. Donc finalement j'en viens de plus en plus à penser qu'une postface est bien plus intéressante qu'une préface, même si le contenu reste le même.


+++ Mais encore +++

Voir également la chronique de "Retour sur l'horizon", anthologie SF dirigée par Serge Lehman.


+++ Le livre +++
  • Poche: 292 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (29 septembre 2011)
  • Collection : Folio SF

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" - Harper Lee

Ce livre est une découverte. Et une belle découverte pour moi. Si le livre ne m'était pas totalement inconnu de par son titre vaguement familier, il ne m'était néanmoins pas connu. L'instant d'une lecture commune permet ce genre de découverte.


+++ La quatrième de couverture +++

Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au cœur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays. C'est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise - les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier.


+++ Mon avis +++

Lire "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" était une pure découverte. Et si j'ai bien compris, on ne pourra guère lire plus de l'auteure Harper Lee, vu qu'elle n'a rien publié d'autre. C'est d'ailleurs bien dommage tant ce roman est bon. Pour tout dire, j'en suis positivement étonné, car ce n'est pas parce que tout le monde abonde dans le même sens qu'un livre sera bon à mes yeux, mais ici c'est le cas car tout est dans la justesse du ton. Choisir de conter un livre au travers de l'oeil d'un enfant est toujours un pari risqué. Une fois adulte, on a souvent perdu cette manière si enfantine de voir les choses. On prête aux enfants des analyses qui ne sont pas forcément les leurs... Ou alors je me trompe et je ne garde qu'un vague souvenir de mon enfance. On peut également choisir un enfant comme héros quand on vise le public jeunesse pour avoir une meilleure identification au héros. Toujours est-il qu'ici, choisir cette angle de vue permet d'aborder des sujets difficiles d'une manière plus soft grâce à cet oeil innocent et naïf que porte Scout sur la vie qui l'entoure. Tout est là selon moi, dans cet angle d'approche.

Si le livre prend le temps de s'installer gentiment, doucement, lentement, cela ne reflète à mon sens que mieux l'ambiance du sud des USA. Le chaleur et la lenteur du passé de la vie de l'Alabama. Une lenteur qui en exaspèrera plus d'un mais qui permet d'installer le décor et surtout de bien brosser les personnages centraux que sont Scout, Jem et leur père Atticus Finch. Beaucoup de choses se passent au travers de ces trois personnages. On y retrouve l'éducation libre mais intelligente du père qui reste néanmoins accroché à certaines valeurs d'éducation. Et les jeux d'enfants ainsi que leurs regards sur ce qui les entoure.

La première partie nous dépeint un Alabama de l'enfance, celui où le voisin vous fait peur par tout ce que vous pouvez vous en imaginez, celui où la voisine vous casse les pieds parce que vous abîmez ses fleurs, celui des États-Unis profonds, celui de 1930 où règne encore une forte ségrégation entre Noirs et Blancs. La deuxième partie tient plus de la "court story", car on y suivra la plaidoirie du père Finch. Atticus se fera un point d'honneur à défendre Tim Robinson, un "nègre" qui aurait violé une blanche de la ville. La défense montrera qu'il n'en est rien, mais l'Alabama est l'Alabama...

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" est le genre de livre qui a du bousculer les idées reçues dans l'Amérique profonde du Sud des USA. Il nous met face à des problèmes qui ne nous paraissent plus trop d'actualité : le racisme et la ségrégation. Mais en grattant le verni de notre actualité, on se rendra vite compte que nous créons et entretenons une certaine ségrégation avec l'Autre ici même en Europe, encore et toujours. Si l'Autre a changé de couleur, qu'il n'est plus aussi noir qu'avant, nous ne lui offrons néanmoins pas toujours la chance qu'il devrait avoir. Bien sur, on a pas (plus?) la même ségrégation que les Noirs ont vécu aux USA mais des parallèles pourraient être fait. Sans tomber dans le cliché pathologique non plus bien sur.

Pour en revenir au livre d'Harper Lee, là où réside tout l'intérêt du roman, c'est le regard de l'enfance. Scout va soumettre des questions et des réflexions aux adultes sur cette ségrégation, tout en remettant en cause ses propres idées sur son voisinage proche. Il y'a cet apprentissage de la vie et cette confrontation à la dure réalité... qui peut parfois devenir violente, même envers les enfants.

Bref, un très bon roman. Un livre qui m'a surpris et plu là où je n'attendais rien d'autre qu'une découverte. Les lectures communes ont cet avantage de vous inviter aux découvertes inattendues. Ici c'est réussi. Un excellent moment de lecture pour un livre que j'ai réellement dévoré là où d'autres se sont plutôt ennuyés. A chacun ses goûts et plaisirs donc.


+++ Mais encore +++

Il s'agit d'une lecture commune initiée par Aaliz et partagée avec : Aaliz, Aurélie, Ceinwin, Felina, Georg, Marii, Meldc , mimi54 , MlleFanatik, Nanapomme, Nane42, Plumeline, Well-read-kid, Rose et Yukarie.

+++ Le livre +++
  • Poche: 447 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (23 août 2006)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Traduction : Mme Stoïanov, revu et corrigé par Isabelle Hausser

"La horde du contrevent" - Alain Damasio

Qu'est-ce qui n'a pas encore été dit sur ce livre? Tant d'éloges tournent. Tant le glorifient. D'autres ne l'aiment pas, car trop verbeux ou que sais-je d'autres. On est sur d'une chose, ce livre ne laisse pas indifférent. Soit il charme, soit il débecte!


+++ La quatrième de couverture +++

Un groupe d'élite, formé dès l'enfance à faire face, part des confins d'une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l'origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d'un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou. Expérience de lecture unique, La Horde du Contrevent est un livre-univers qui fond d'un même feu l'aventure et la poésie des parcours, le combat nu et la quête d'un sens profond du vivant qui unirait le mouvement et le lien. Chaque mot résonne, claque, fuse : Main Damasio joue de sa plume comme d'un pinceau, d'une caméra ou d'une arme... Chef-d'œuvre porté par un bouche-à-oreille rare, le roman a été logiquement récompensé par le Grand Prix de l'Imaginaire.


+++ Mon avis +++

Ouah, la claque!!! Tout pourrait se résumer à cela tant tout a déjà été dit et redit pour ce livre. Mais ayant lancé une lecture commune de ce roman que je lis bien longtemps après la troupe, je vais me plier à l'exercice de la chronique.

Ce qui est certain, c'est qu'il y'a la masse qui aime, ce pack qui adore et plie pour contrer en vrais symbiose avec la Horde. Et puis il y'a ceux qui contrent la vague et qui n'ont pas apprécié pour différentes raisons, car finalement, tous les goûts sont dans la nature et à chacun son livre!

Pour ma part, je rejoins bêtement la masse. J'ai personnellement été sous le charme. Si le début s'annonçait un peu difficile, tant le monde est âpre et dure, on entre vite en contact avec le pack pour souffrir et vivre avec eux. Il y'a tous ces personnages, différents les uns des autres. Ces êtres qui voient le monde de manières différentes alors qu'ils ont tous été conditionné pour une seule et même mission : atteindre l'extrême amont. Des caractères différents et surtout des manières de s'exprimer différentes. Déjà là, il y'a un tour de force. Bravo monsieur Damasio.

Mais revenons à l'histoire. Ce groupe de personnages forts différents, des êtres aux compétences diverses qui forment un seul et unique groupe. Un pack aggloméré qui se doit être uni face au monde et contre le vent, tel une équipe de rugby face à la mêlée. Leur mission : remonter au vent. Leur avantage : être la première Horde à être arriver aussi loin en si peu de temps. Dès lors on devient des héros vivants! Bien sur, dans ces cas là, on ne se fait pas que des amis.

Tout cela nous créé une histoire, une aventure, qui tient plus de la fantasy que de la SF. Encore que tout cela n'est que pure étiquette et qu'ici on est bien perdu quelque part au milieu. Mais les étiquettes on s'en fout! Ici tout ce que l'on sait, c'est qu'on est sur la terre ferme. A priori, de ce que l'on en sait, elle est plate et le vent souffle toujours dans le même sens : de l'amont vers l'aval. La source de ce vent est à l'origine de nombreux mythes mais surtout découvrir l'amont est la quête ultime de toute Horde, ce pour quoi elle est formée. Et Golgoth est près à tout endurer pour y arriver avec ses hordiers. La lutte contre le vent et les éléments. Les rencontres avec les autres humains, souvent méprisés par la Horde parce qu'ils ne sont que des obliques ou bien des navigateurs qui usent de machines pour remonter au vent, bref des gens sans aucun honneur. De ces rencontre naissent des dissensions, autant internes qu'externes. La rencontre de l'autre est toujours une confrontation. Sans oublier ses êtres que sont les chrones, masses informes ou protéiformes, parfois inoffensives, parfois dangereuses. Des êtres qui pourraient sortir de imaginaire d'un Léo, l'auteur d'Aldébaran.

Il y'a de l'imagination dans le monde que nous offre Alain Damasio. Il y'a de l'exotique également avec cette grande cité d'Alticcio dans laquelle le troubadour livrera sa joute contre le Stylitte. Ce combat du verbe et de la strophe juste, du mot qui claque et de la rime qui tranche, nous offrira une des plus belles luttes qu'aie pu nous livrer la fantasy. Tout est dans le jeu de mots et la construction de phrases, offrant ainsi une merveille littéraire de combat langagier. Tout simplement fabuleux et sans doute la plus belle joute du genre! Et qu'on ne vienne plus me dire que la littérature de genre est une littérature pauvre! Car voici la parade nommé Alain Damasio.

Bien sur tout ce côté verbeux, parfois à outrance en prenant la forme d'un logorrhée éructée par le troubadour Caracole ou écrite par le scribe Sov Strochnis. Sans oublier le langage grossier, vulgaire et bourru, limite argot, du Golgoth... Tout cela en fait pour moi un livre superbement écrit, variant les styles et les approches multiples. Mais ceci fait que ce roman en dégoutera plus d'un. Soit il charmera comme cela a été le cas pour moi, soit il rebutera celui qui ne sera pas porté par la prose de Damasio et la fantaise de son monde.

A nouveau certains lecteurs seront déçu par la trame finalement fort linéaire. Mais on peut s'y attendre quand on sait que la Horde est là pour une seule chose : contrer amont et remonter aux origines. Bref, pas grand chose d'une aventure de héros. Ceci dit, moi cela m'a intrigué car cela va à l'encontre de la fantasy anglo-saxonne habituelle. Un brin de poésie brute dans un univers de vent dur. Évidemment, j'en connais chez qui cela ne passera pas. Mais cette légèreté du fil conducteur permet de mettre en avant ce qui est important : les personnages, leurs caractères, leurs manières de voir leur monde et leur propre Horde.

Tout au long de leur quête les Hordiers vont avancer. Certains se poseront des questions, d'autres mourront, mais tout cela n'empêchera pas le groupe de continuer à avancer, contre vents et tempêtes. Derrière toute cette avancée se cachent des questions presque philosophique. L'aventure de la Horde a quelque chose du mythe de Sisyphe également, cette absurdité de la lutte permanente et du but à atteindre. Il y'a également quelque chose du pessimisme réaliste de Schopenhauer, nos hordiers se posant régulièrement la question du devenir de leur quête une fois l'amont atteint. Que vont-ils devenir? Que devient la vie une fois sa quête aboutie, une fois ses désirs assouvis? Je n'ai pas pris personnellement le temps de rentrer dans l'analyse, je ne le fais jamais réellement d'ailleurs pour un roman, mais voilà un livre dont il me plairait de lire une analyse philosophique ou autre chose du genre.

Bref, ce livre est plein de choses. Ce livre est riche de son style et de cette écriture magnifique qui vous transporte. Le monde en lui-même est intriguant, cet univers où le vent ne souffle que dans un seul sens. Les personnages sont attachant de par leurs caractères propres , leurs manières de s'exprimer et leurs visions du monde. Sans oublier les questions philosophiques qui égrènent se livre en filigrane. "La Horde du Contrevent" est pour moi un livre merveilleux. Au jour d'aujourd'hui, je le classerais fort probablement dans mon hypothétique top 10 des meilleurs livres. On verra ce qu'il en est dans quelques mois, mais toujours est-il que j'ai vraiment adoré ce livre. Qu'on le lise, qu'on le découvre et puis à chacun de voir s'il l'aime ou pas. Mais pour moi, aujourd'hui, c'est un chef d'œuvre.


+++ Mais encore +++

Le livre a reçu la Grand Prix de l'Imaginaire en 2006.

Lecture commune partagée avec Lily Tigre, Ptitetrolle, Reveline, Craklou, Julieblack et Pimousse4783. N'hésitez pas à aller lire leurs avis de lecture!

Je vous invite également à lire les avis contradictoires de ceux qui n'ont pas aimé, car à chacun ses goût et à vous de vous faire votre idée au milieu.

CITRIQ

Il s'agit de mon 5ème livre lu dans le cadre du Challenge Chef d'oeuvre de la SFFF. Et le premier pour le rayon SF.
SF : 2/9 , Fantasy : 3/7, Fantastique : 0/2

Toutes les chroniques de ce challenge
Mon billet de participation.
Le Billet de présentation du Challenge


+++ Le livre +++
  • Poche: 700 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (15 mars 2007)
  • Collection : Folio SF

"Vell'a" de Bonnet et Bourgne



Une petite découverte dans la bibliothèque du coin. Une bonne distraction dans un univers fantasy assez typique.

++ Mon avis et ma présentation ++

Vell'a est une femme intelligente, belle, cultivée et douée d'un caractère irréductible. Jusque là, très bien! Sauf que pour elle tout va basculer le jour où elle se retrouevra emprisonnée pour devenir une esclave. Marquée au fer rouge, elle passera de mains en mains à chaque fois volée par d'autres barbares. Sauf que derrière tout cela semble se tramer une machination quelconque qui la dépasse. Quelqu'un veut la mener quelque part d'une certaine manière. Voilà Vell'a emmenée malgré elle das une quête qui la dépasse et sur laquelle elle va essayer tant bien que mal de reprendre du contrôle et de découvrir vers quoi cela va l'amener.

La couverture annonce la couleur. Une fantasy brutale et épaisse qui doit bien avoir quelque chose à voir avec Conan. Mais finalement c'est bien plus subtile que cela. Bien sur, il y'a les femmes aux gros seins avec presque rien pour les retenir ni les cacher et montées sur des jambes incroyables complètement dénudées sans oublier leurs fesses observables par le premier venu, et bien des poitrinnes de rêve dans lesquelles on se perdrait bien. Enfin tout le tralala habituel d'une BD du genre quoi! Bien sur ce sont des esclaves et donc tous les vices masculins leurs sont soumis. D'un autre côté il y'a l'homme. Il est grand, musclé, son torse est une planche d'anatomie et il est viril comme je ne le serai jamais. Enfin bref, du cliché tout droit sorti d'un Conan, et l'homme, et la femme, y sont représentés selon les stéréotypes du genre. Cependant derrière ce dessin finalement assez conventionnel se cache un scénario sympathique et non dénoué de rebondissements. Les personnages ne sont pas toujours blanc ou noir, et les femmes de cette histoire n'hésitent pas à glisser ici ou là des remarques qui pourraient bien passer pour féministe dans ce monde de brutes. Bref, une série sympathique et qui surprend gentiment là où je pensais avoir du divertissement bête et méchant.

Alors positivement surpris, j'avoue y avoir passé un bon moment de détente dans un autre monde, un autre temps, et une petite réflexion sur la condition de la femme en plus...


+++ La BD +++

Une série en trois albums sortis chez Glénat.
  • Album: 48 pages
  • Editeur : Glénat (2004, 2005 et 2006)
  • Collection : Grafica

"Notes pour une histoire de guerre" - Gipi

Encore un souvenir graphique de mes vacances d'été. La dernière chronique de cette période estivale... Juste avant la période hivernale!

++ Mon avis et ma présentation ++

Roman graphique en noir et blanc, "Notes pour une histoire de guerre" est l'aventure de trois types dans un pays en guerre. Ce pays, c'est le notre, le leur, quelque part on ne sait où, mais nos trois types sont décidés de se barrer de Saint Julien. D'ailleurs, tous les bleds du coin sont en Saint-Quelque-Chose. Bref c'est la muise, et pour survivre autant se lancer dans le banditisme. Et nos trois gars, dans leur pays en branle vont se mettre à côtoyer de sales types pour devenir à leur tour de vrais durs. Nos nouveaux brigands vont se retrouver dans différentes embrouilles et finalement se croirent les rois du monde, jusqu'au jour où... Mais rien ne les arrêtent!



Une histoire tout en noir et blanc pour une aventure sur fond de guerre. L'histoire de trois jeunes gars qui tombent dans la délinquence et qui s'y complèsent. Rien n'est plus simple que de jouer les durs, d'autant que ça raporte bien! Alors, continuons.

Une fois de plus Gipi offre ici une belle histoire, une aventure sur fond de guerre et de truands. Un dessin en noir et blanc, anguleux, tenant du croquis mis en teintes grises par l'aquarelle. C'est bien sympathique, prenant, mais j'ai moins accroché que pour "Le Local". Sujet différent et peut-être moins d'accroche personnelle. Néanmoins cela reste sympathique et vaut tout de même bien le détour!


+++ La BD +++
  • Album: 114 pages
  • Editeur : Actes Sud (20 janvier 2005)
  • Collection : Actes Sud BD

"Chien du Heaume" - Justine Niogret



Ce livre-ci, ce sont les blogueurs qui m'ont donné envie de le lire. La décision de m'y mettre? La rencontre, quoi que brève, avec Justine Niogret au festival "Trolls et Légendes". Mais finalement, c'est le retour au sein du Cercle d'Atuan qui m'aura offert l'instant d'une lecture le moment d'un partage en commun et la découverte d'un bien chouette livre.


+++ La quatrième de couverture +++

On l'appelle chien du Heaume parce qu'elle n'a plus ni nom ni passé, juste une hache ornée de serpents à qui elle a confié sa vie. La quête de ses origines la mène sur les terres brumeuses du chevalier Sanglier, qui règne sans partage sur le castel de Broc. Elle y rencontre Regehir, le forgeron à la gueule barrée d'une croix, Iynge, le jeune guerrier à la voix douce, mais aussi des ennemis à la langue fourbe ou à l'épée traîtresse. Comme la Salamandre, cauchemardes hommes de guerre... On l'appelle Chien du Heaume parce qu'à chaque bataille, c'est elle qu'on siffle. Dans l'univers après et sans merci du haut Moyen Age, loin de l'image idéalisée que l'on se fait de ces temps cruels, une femme se bat pour retrouver ce qu'elle a de plus cher, son passé et son identité.


+++ Mon avis +++

Lire "Chien du Heaume" c'est plonger dans une fantasy moyenagisante. C'est bien malin d'écrire cela me direz-vous, vu que la fantasy a plutôt tendance à être basée sur un moyen-âge fantasmé? Mais si j'écris cela, c'est plutôt pour signaler que ce roman ne fait pas dans le merveilleux magique. Exit les magiciens qui lancent des boules de feu et créent des vortex entre les univers pour importer des forces surpuissantes. Non, Chien du Heaume est terre à terre, tellement vrais qu'elle est boulotte et plutôt moche de sa personne. Qu'à cela ne tienne, si elle n'est pas avenante pour un sous, ça hache est là pour exprimer sa force et son courage. Alors quoi? "Chien du Heaume" c'est un roman d'aventures avec une femmes au gros bras? Mouais bof, alors si c'est Conan au féminin... Hé bien non, Chien du Heaume c'est bien son nom, et la pauvre dame est à la recherche de son vrais nom, en quête d'une identité, d'un passé, de quelque chose sur lequel construire sa vie. Sauf qu'actuellement sa vie est construite sur une chose : la quête! Et pour tenter de retrouver son nom, Chien du Heaume marche dans les pas de son père qu'elle a elle-même tué par ailleurs. A la recherche du passé de cet home, elle va croiser d'anciens compagnons d'arme de ce sale mécréant qui fut un jour à l'origine de sa création biologique. Chemin faisant, elle fera halte dans le château du chevalier Sanglier et rencontrera Regehir, un forgeron mercenaire, tous deux d'anciens compagnons et porte-lames comme son père.

Sans vouloir livrer plus à fond le contenu de l'histoire, sachez que ce livre est construit sur une certaine lenteur du récit. Deux cents et quelques pages d'introspection, de quête d'identité et de lutte psychologique avec l'autre et soi-même. Chien du Heaume est à la recherche de son nom et au travers de cela, elle fera des rencontres d'hommes qui deviendront ses compagnons. Des personnages bourrus et taillés à la serpe. Une quête, voir une enquête presque policière car de fil en aiguille, au gré des saisons et discussions, Chien du Heaume en apprend un peu plus...

Au travers d'une atmosphère noire et froide, Justine Niogret nous promène dans le passé grâce à une langue travaillé qui mélange habillement ancien français et construction contemporaine. La syntaxe et le vocabulaire nous plonge ainsi dans notre propre histoire. Mais rassurez-vous, si le vocabulaire vous fait peur, madame Niogret a pensé à vous en concoctant un lexique que l'on dira didactique et teinté d'humour.

Certes si le pitch de la quête du nom vous refroidit, sachez que Justine Niogret nous offre un livre bien écrit et qui a l'originalité d'une histoire différente des éternelles quêtes initiatiques types de la fantasy d'aujourd'hui. Tout ici prend dans l'atmosphère mise en valeur par le langage et les liens qui se créent entre les personnages. Bref, un bon livre qui offre un sympathique moment de lecture et qui augure d'une production future assez prometteuse. Maintenant, je suis curieux de voir ce que donne "Mordre le Bouclier"...


+++ Mais encore +++

Grand Prix de l'Imaginaire 2010
Prix des Imaginales 2010


Lecture effe
ctuée dans le cadre du Cercle d'Atuan : Le Hit Parade du Cercle d'Atuan

CITRIQ


+++ Le livre +++

Belle édition :
  • Broché: 222 pages
  • Editeur : Editions Mnémos (11 mai 2010)
  • Collection : Icares
  • Illustration : Johann Bodin
Version poche :
  • Editeur : Editions J'ai Lu (8 octobre 2011)
  • Collection : Science-Fiction
  • Illustration : Johan Camou

"Week-end avec préméditation" - Wazem et Tirabosco

Encore un souvenir de vacances d'été. Balade entre amis, le temps d'un instant...


++ Mon avis et ma présentation ++

Directement attiré par la dessin en dégradé de noir et blanc, j'ai plongé et avalé cette BD. Il faut dire que cela se lit vite, comparé à un livre bien sur. Mais les images en dégradés de gris offrent de superbe planches par instant. Ce jeu en noir et blanc, j'aime assez bien en BD, tout comme en photographie d'ailleurs. Il y'a un je-ne-sais-quoi, comme si l'absence de couleurs laissaient plus de place aux émotions à transmettre au travers d'une image? En tout cas, pour moi ça marche.

Niveau scénario, on a deux types qui partent en week-end à la montagne. Mais ce week-end est une sorte d'hommage à un de leurs amis, disparus à cet endroit en montagne. En parallèle à la discussion de ces deux compères, on retrouve l'histoire des trois amis dans le même gîte, l'histoire de ce week-end entre amis, l'histoire du futur disparu, cet ami qui manque tant! On y retrouve les discussions à la con entre eux mais aussi les dissensions inévitables, les divergences d'avis, les piques qu'ils se lancent et l'amitié brute.

Bref, un petit régal de dessins et une tranche de vie pleine de sensibilité. A découvrir, le temps d'un instant.



+++ La BD +++
  • Broché
  • Editeur : Les Humanoïdes associés (30 novembre 2000)
  • Collection : Tohu-Bohu

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A propos

"Naufragés Volontaires" est actuellement une fenêtre ouverte sur la littératures d'aujourd'hui ou d'hier. Qu'elle soit imaginaire ou non. Même si autrefois le blog fut musical et littéraire.

Lecteur compulsif je suis, mais critique littéraire je ne le pense pas. J'aime juste partager mes plaisirs d'évasion. En espérant que ceux-ci vous plairont également.

Je vous invite également à commenter mes messages comme bon vous semble. Vos avis m'intéressent.

Editeur : Julien Vanderhaeghen
Q.G. : Liège en Belgique
Contact : julien.vdhg@gmail.com

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