"Darwinia" de Robert Charles Wilson

Robert Charles Wilson est mon auteur découverte et favoris en 2010, notamment au travers des ces excellentissimes "Spin" et "Les Chronolithes". En 2011 je continue donc la découverte de son œuvre et notamment avec son "Darwinia" lu en lecture commune avec Lhisbei et Cachou dans le cadre du Winter Time Challenge.


+++ La quatrième de couverture +++

Mars 1912, l'Europe et une partie de l'Angleterre disparaissent subitement, remplacées par un continent à la faune et à la flore non terrestres que l'on ne tarde pas à nommer la Darwinie. Pour le jeune Guilford Law, cette tragédie n'a rien d'un miracle ou d'une punition divine ; plutôt une énigme que la science pourra un jour résoudre
Fort de cette certitude, il va tout sacrifier pour faire partie de la première grande expédition d'exploration destinée à s'enfoncer au cœur du continent inconnu ; une expédition qui, de mort violente en mort violente, le mènera plus loin qu'il ne pouvait l'imaginer... Nominé au prestigieux prix Hugo en 1999, Darwinia est une œuvre d'une singulière ambition, qui évoque l'époque glorieuse où les savants étaient aussi explorateurs et aventuriers


+++ Mon avis +++

Depuis la lecture de "Les Chronolithes", ce n'est que pur plaisir pour moi que de plonger dans l'oeuvre de Robert Charles Wilson, avec bien sur un summum atteint pour "Spin". Cinquième lecture de cet auteur donc pour moi, et c'est toujours aussi plaisant. Bien sur on est pas encore au niveau atteint par les deux oeuvres sus-nommées, mais il y'a déjà ici les germes du grand art de cet auteur.

Ce roman a dès le départ tout d'une uchronie. En 1912, voilà que le contenu du continent européen disparaît pour laisser place à quelque chose d'autres. C'est le même continent mais vierge de présence humaine et couvert d'un végétation inconnue. Une ancienne terre inexplorée s'ouvre, un continent couvert d'une nouvelle végétation étrange et d'animaux inconnus comme venus d'une autre planète. Phénomène étrange, effrayant, et mortel même car tous les habitants de l'Europe ont disparu. Bref nous voilà devant un nouveau territoire à reconquérir et pour cela les américains sont disputeront la partie avec les anglais émigrés des colonies revenant au pays pour reconstruire Londres et le territoire de la couronne anglaise. Mais qu'est-ce que tout cela représente? Pour certain, il s'agit tout bonnement d'une punition divine ou d'un miracle. Pour d'autres d'un phénomène incompréhensible. Toujours est-il qu'un groupe de scientifiques américains s'embarquent pour le continent afin d'en étudier le contenu de ce changement. Guilford Law est de la partie, en tant que photographe, et le voilà parti dans cette grande expédition d'exploration avec l'espoir de ramener des clichés historiques d'un continent en redécouverte. Bien sur, il y'a un truc qui va déraper, mais Robert Charles Wilson arrive à nous filé le tournis avec cette aventure d'explorateurs. J'ai beaucoup aimé tous ces passages de découvertes du continent ainsi que cette cité sans nom qui avait tout d'un temple Lovecraftien. On retrouve également dans ce texte un tas de références aux grands anciens de la science-fiction du début du siècle (Edgard Rice Burroughs, etc), ainsi qu'aux pulps SF de l'époque. Dommage que l'on ait pas plus de descriptif des plantes et animaux de la Darwinie.

A côté de Guilford, on suivra la vie de sa femme expatriée par obligation sur l'ïle anglaise, forcé de s'adaptéer à cette nouvelle vie et confrontée à la mort supposée de son mari. Vision et vie d'une femme dans une communauté de pionniers européens. On suivra également les affres d'un mentalistes possédés par un dieu... Un être malfaisant qui peut prendre contrôle de sa personne à tout instant et le rendant également immortel par la même occasion. Trois destinées donc, trois vies qui sont liées par quelques choses mais trois vies qui ne se croiseront pas vraiment. Ce qui est certain c'est que Robert Charles Wilson nous offre une belle galerie de personnages attachant, surtout pour Guilford Law.

On sent déjà là, les prémices d'une manière romanesque de décrire les choses pour Wilson. On prend trois personnages différents et on suit leurs manières de réagir face à un phénomène extérieur qui bouleverse tout sur terre. On retrouve une fois de plus cette manière humaine d'approcher le monde, de subir une menace extérieure puis d'agir sur celle-ci. Il y'a également au final un petit quelque chose du thriller comme Wilson sait les faire, une bonne dose d'aventure sur fond SF.

Et puis il y'a le vertige : "Peut-être sommes nous tous des esprits dans une machine" (p304). Réflexion effrayante issue de ce roman mais résumant finalement la densité du vertige offerte par l'auteur. On arrive ici à quelque chose de plus déstabilisant qu'un roman de Philip K. Dick. On aborde la notion du réel et sa tangibilité, le libre arbitre, etc. Ou alors vivons-nous comme des boucles mathématiques auto-reproductrices au sein d'une machine galactique qui nous dépasse? Effrayant! Mais alors, sommes-nous réellement dans une uchronie ou bien dans un roman sur les mondes parallèles? Hé bien les deux car la bonne moitié de ce roman est une uchronie, mais qui diffère à un moment pour développer le thème des mondes parallèles et de la réalité.

Bref, des thématiques riches, un roman qui se lit très bien et qui s'enfile facilement. Des personnages attachant et une certaine richesse dans le livre. Néanmoins ce n'est pas encore le meilleur Wilson, et pour dire vrais c'est aussi un roman du maître qui déplaît à beaucoup de monde. Peut-être par ces parties trop scientifiques (hard SF?) au vocabulaire trop riche et abscons qui fait facilement perdre le fil du récit et donc du fin fond de l'histoire. Il y'a peut-être un petit quelque chose de bof sur la longueur, c'est cette lutte entre le bien et le mal un peu trop limitée à une histoire d'ange et démons qui n'en sont pas réellement d'ailleurs. Un bon roman mais qui est encore loin du top de Wilson. Un roman qui plaira à certains et déplaira surement à d'autres. Un roman qui a du potentiel mais peut-être pas porté à fond comme dans "Spin". Passera qui voudra, mais c'est tout de même un bon livre.


+++ Mais encore +++

Lecture commune partagée avec Cachou et Lhisbei. Allez voir leurs avis!

Mes autres billets de lecture sur Robert Charles Wilson.

Cinquième lecture donc pour le Winter Time Travel Challenge, défi littéraire qui a pour thème l'uchronie.

Mon billet de présentation
Les autres billets de ce Challenge
Le billet du RSF blog qui a lancé ce Challenge
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+++ Ce qu'en dit Citriq +++



+++ Le livre +++
  • Poche: 444 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (8 octobre 2003)
  • Collection : Folio Science Fiction
  • Traduction : Michèle Charrier
  • Illustration : Sparth

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"Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver" de Francis Dannemark

D'abord je tiens à remercier les éditions Robert Laffont pour ce partenariat réalisé lors de la Masse Critique Littéraire (lancée par Babelio) car ce livre est vraiment un ouvrage très beau, un vrais bonheur, voir un coup de cœur.


+++ La quatrième de couverture +++

« Je croyais avoir besoin de voyager seul et de rester silencieux vingt-quatre heures pour regarder en face le temps qui passe. En réalité, j’avais besoin d’autre chose. J’avais besoin, je crois, de partager un peu de temps volé avec une aimable inconnue. »

En pleine crise de lassitude au cœur de la crise économique, Christopher, opérateur culturel belge de cinquante ans au bord de la faillite, souhaite ralentir et se recentrer sur des valeurs plus justes. Parce que « la vie rappelle de temps en temps que le monde est tout petit », il décide de s’arrêter et de partir. Ce sera pour le Portugal, en train. Alors que le ciel additionne les nuages, Christopher croise sur le quai de la gare une inconnue, Emma, qu’il va découvrir le temps d’un voyage entre Bruxelles et Lisbonne, au cours d’une longue et belle conversation, à la fois tendre, émouvante, et toujours sincère. Francis Dannemark, avec toute la délicatesse et l’élégance qui le caractérisent, nous offre comme à son habitude un court roman, subtil et délicat, sur les choses de la vie.


+++ Mon avis +++

J'avais déjà eu l'occasion de lire un livre de Francis Dannemark il y'a quelques années. Il s'agissait de "L'homme de septembre", un livre qui m'a laissé le souvenir d'un bon moment, d'un instant court mais agréable. Une fois de plus je vois en Francis Dannemark un expert des distances courtes, pas du genre à vous embarquer dans un roman kilométrique où l'on se perd en chemin à travers monts et forêts. Non Francis Dannemark aime la concision semble-t-il et il la maîtrise assez bien avec ce roman-ci. Lourd d'à peine 91 pages, l'auteur belge nous offre une novella vraiment magnifique !

Doué d'un titre très beau et d'une quatrième de couverture des plus alléchante, "Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver" avait tout pour me plaire. Et autant le dire d'entrée de jeu, il a atteint ce plaisir attendu et bien plus. Ce roman bref, ou novella, de Francis Dannemark est une vrais perle. Je me suis régulièrement arrêté sur ce livre pour lire et relire un passage, une phrase ou un instant de vie, juste pour le plaisir de le déguster. Car oui, parfois, un bon livre c'est comme un bon chocolat belge : ça se déguste en le gardant longtemps en bouche.

Au fil des rails, alors que les kilomètres défilent sous leurs pieds, les deux personnages du livre vont se rencontrer et s'apprécier. Déliant chacun les souvenirs de leurs vies, des petites et des grandes choses, ce qu'on peut attendre et ce qu'on a perdu, ce que la vie offre et reprend. Francis Dannemark cristallise dans ce roman un tas de moments, les petits bonheurs comme les grandes tristesses. Un livre résolument tourné vers l'humain, un texte qui aborde le plaisir de ralentir, de prendre le temps de profiter de la vie et du moment présent. Au final, on en ressort avec le plaisir et le bonheur d'avoir lu un roman juste qui n'a pour seul défaut que d'être trop court. Mais s'il est si peu épais il a au moins l'avantage de pouvoir être relu facilement. Merci monsieur Dannemark pour ce beau moment de lecture!


+++ Mais encore +++

Je remercie une fois de plus les éditions Robert Laffont pour ce livre lu dans le cadre de la Masse Critique. Je remercie également Babelio pour cet action et sa confiance renouvelée en mes chroniques.



Troisième lecture pour le Challenge Littérature belge.
Les autres billets de ce Challenge en suivant ce lien-ci.

Le Challenge Littérature belge :
- modalités et inscriptions
- recensement des articles





+++ Le livre +++
  • Broché: 91 pages
  • Editeur : Robert Laffont (13 janvier 2011)
  • Collection : Roman

"Rosée de feu" de Xavier Mauméjean

D'abord intrigué, ensuite effrayé, j'ai longuement hésité à m'acheter ce livre. Et pourtant, une fois que je l'ai eu entre les mains, sachant un peu à quoi m'attendre, ce ne fut qu'un plaisir de bout en bout! Un très bon livre et une belle réussite SF qui parle des soldats kamikazes et de la chute de l'empire nippon.


+++ La quatrième de couverture +++

« Les officiers et les hommes du Japon impérial sont tous les membres d’un commando-suicide. »
Bureau d’information du gouvernement japonais, 1944.

1944. Face à l’avancée des forces américaines dans le Pacifique, le haut-commandement de la Marine impériale japonaise applique une tactique de la dernière chance : engager ses pilotes de dragons dans des attaques suicide.
Très vite, un autre feu du ciel s’abat sur le Soleil Levant. Les superforteresses B-29 lâchent sur les grandes villes des bombes au napalm. Seuls de rares pilotes se révèlent assez courageux ou fous pour les affronter sur leurs dragons de combat…
Trois destinées sont balayées par le souffle de la guerre. Hideo, petit garçon qui vit de l’intérieur la souffrance du Japon. Tatsuo, son grand frère, étudiant recruté dans une escadrille suicide. Enfin le capitaine Obayashi, maître archer qui impose la « stratégie de la mort assurée».


+++ Mon avis +++

Commençons par quelques explications... Au départ, j'étais effrayé de me lancer dans cette oeuvre, un peu refroidi par la lecture de "Bloodsilver"Xavier Mauméjean écrivait en collaboration avec Johan Heliot sous le pseudonyme améridien de Wayne Barrow. Vous pouvez d'ailleurs retrouver cette chronique en ces pages, en suivant ce lien-ci. Mais néanmoins intrigué par le sujet et le traitement largement historique plus que science-fictif. Du coup, je me suis lancé dans cette aventure avec un vif intérêt qui fut plutôt récompensé.

D'un autre côté je pense que certaines personnes n'aimeront pas le côté un peu froid, volontairement asséché par l'auteur qui s'impose des règles d'écriture telles que le Banruku (théâtre de marionnettes japonais). Le livre parle également du Japon impérialiste, d'un Japon décadent et vindicatif, d'un Empire qui s'écroule mais qui ne veut pas abandonner, qui préfèrera mourir que de se rendre. Un récit de guerre donc, qui traite de cette chute et de la vie de ces guerriers de la mort, sans pour autant les glorifier. Un sujet et une manière d'écrire qui ne peut pas plaire à tout le monde donc.

Par contre de mon côté je peux avouer une certaine fascination pour le Japon ainsi que son code guerrier, étant moi même pratiquant d'arts martiaux traditionnels japonais. Donc, suivre ce traitement historique de la fin d'un empire fut très intéressant. Xavier Mauméjean aborde ici le patriotisme exacerbé d'un Japon militariste et vindicatif. Un Japon où le culte de l'Empereur fait partie de la vie de tous les jours. Un pays qui envoie ses enfants au suicide afin de ne pas se déclarer perdant. Une île qui se fait pilonnée par les Etats-Unis, une Empire déliquescent porté par la propagande plutôt que par le réalisme. Un pays qui voit sa fin toute proche mais al refuse.

Xavier Mauméjean découpe son livre en jouant sur les éléments métal, eau, bois feu, et terre, les cinq éléments de la pensée chinoise. Ce choix est emblématique, car la Chine fut un pays mortifié par l'impérialisme japonais, territoire où les nippons ont commis des atrocités sans noms et que Xavier Mauméjean dénonce dans son roman au travers de Monsieur Nagayama, instituteur de campagne, qui se retrouvera vite mis au pas par la propagande. De ces cinqs éléments, Xavier Mauméjean découpe son histoire, parlant tout à tour de différents personnages tout en gardant une certaine cohérence. On y croise différents angles de vue, dont Hideo, sympathique gamin des campagnes qui subit la guerre de l'intérieur du pays et qui ne rêve que de son frère devenu pilote dans l'aviation impériale. Celui-ci, Tatsuo, était étudiant avant de devenir pilote de dragon pour la marine impériale et devenir candidat au suicide. Au travers de ce personnage on vivra la vie de ces kamikazes, leurs peurs, leurs souffrances, leurs héroïsmes jusqu'au boutiste, symbole d'un empire décadent proche de la fin et prêt à tout. Le capitaine Obayashi est le troisième personnage que l'on suit, et il est celui qui représente l'idélogie japonaise, celui qui poussera tout jusqu'au bout plutôt que d'accepter la défaite. Trois destinées et trois angles de vue différents. Trois manière d'aborder un tournant important dans l'histoire du Japon : celui de la défaite de l'Empire éternel.

Le récit de Xavier Mauméjean est très documenté, cela se ressent autant dans la manière de traiter l'histoire, proche du roman historique, que dans la manière de décrire le matériel et les faits de guerre. J'ai trouvé cela agréable sans que cela ne tombe dans le too much, sans que cela ne tombe dans un suivis sans fin de descriptifs d'actions de guerre ou matériel de combat.

Concernant la manière de traiter les personnages, on aurait presque peur de s'y attacher. Tout est joué dès le départ : on sait que le Japon va perdre la guerre, alors qui va mourir et comment? Mais plus justement, Xavier Mauméjean parle de ses personnages sans tomber dans un certain pathos, et sa manière de traiter le texte y joue grandement. Au risque de refroidir certains lecteurs, mais il y met un ton presque nippon dans la manière d'en parler, avec juste ce qu'il faut de détachement et de proximité.

Pour ce qui est des dragons, ils sont là, comme si depuis la préhistoire ils avaient survécu comme un embranchement particulier de sauriens aquatiques, car oui les dragons son des animaux d'eau ici. Le dragon est également un animal emblématique car c'est aussi un personnage important dans la culture asiatique, c'était donc bien vu de se les approprier sans en faire le centre du livre. L'intérêt se trouve dans les kamikaze et la chute de cet empire.

Bref, "Rosée de feu" fut pour moi un vrais plaisir, d'autant plus surprenant que je ne m'attendais pas du tout à cela. Je m'attendais à quelque chose de plus brut, de plus guerrier, peut-être juste une succession de combats suicidaires héroïques magnifiés... Mais les interviews et autres retours sur ce livre m'ont intrigué et j'ai bien fait d'acheter et lire ce livre. C'est un très bon livre, peut-être pas le genre de bouquin que tout un chacun traitera comme un chef d'oeuvre, mais un livre qui a le mérite de traiter d'un certain sujet d'histoire avec le bon ton et une certaine originalité d'approche. Moi je dis bravo monsieur Mauméjean, vous m'avez bluffé cette fois-ci. Continuez comme ça!


+++ Mais encore +++

Lien vers le livre "Rosée de feu" aux éditions Le Bélial
Une interview de Xavier Mauméjean, autour de "Rosée de feu", sur Uchronies.com
Son avis m'a intrigué : Cachou.


Quatrième lecture donc pour le Winter Time Travel Challenge, défi littéraire qui a pour thème l'uchronie.

Mon billet de présentation
Les autres billets de ce Challenge
Le billet du RSF blog qui a lancé ce Challenge
L'uchronique c'est quoi? Allez voir sur Wikipedia




Quatrième lecture pour le Challenge Histoire.

Infos sur ce Challenge sur le blog "A l'ombre du cerisier"
Le billet récapitulatif des participations





+++ Le livre +++
  • Broché: 280 pages
  • Editeur : Le Belial (16 septembre 2010)
  • Illustration : Manchu

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"La vie d'un idiot" de Akutagawa Ryûnosuke

Ryûnosoke Akutagawa est un auteur de renom au Japon, tellement important qu'il y'a même un Prix Littéraire qui porte son nom : le Prix Akutagawa. Les textes ici présent semblent être de ses derniers avant son suicide en 1927.


+++ La quatrième de couverture +++

Un homme prend le train pour Tôkyô. Un passager lui parle d'un fantôme en manteau de pluie. Quelques instants plus tard, il croise une personne en manteau de pluie, trop léger pour la saison. Dans sa chambre d'hôtel, un troisième manteau est posé sur le dossier de son fauteuil... Autant d'indices de l'engrenage qui entraîne le narrateur vers la folie. Deux nouvelles posthumes de ce grand auteur de la littérature japonaise, terribles pages qui préparent la mise en scène de son suicide...


+++ Mon avis +++

Sur la fin de sa vie Ryûnosuke Akutagawa soufrait d'hallucinations, sombrant peut-être ainsi lentement dans la folie comme sa mère. Cela se ressent dans les deux textes ici présent, autant dans le premier intitulé "Engrenages" que dans le deuxième nommé "La vie d'un idiot", deux textes publiés à titre posthume, deux textes sur la folie.

On commence la lecture avec "Engrenages", un texte déstabilisant. En fait je ne dois pas avoir facile avec la folie, car les textes que je lis en relation avec ce sujet me laisse une drôle d'impression. Et je crois que cela vient essentiellement de ça, car le style est beau, Akutagawa écrit bien! Le ton est bien donné, le rythme est juste et les phrases belles, mais sur le fond je n'ai pas spécialement accroché. Peut-être parce que je m'attendais à quelque chose de plus cohérent... mais la folie n'est pas cohérente. Autant pour moi donc.

Le deuxième texte, "La vie d'un idiot" a encore plus un goût d'autobiographie, plus que le premier. D'ailleurs ces deux textes ont des choses en commun, d'abord le sujet de la folie et ensuite certaines choses qui s'y passe, comme un effet de miroir. Comme si l'un était une réalité distordue, et l'autre une image encore plus déformée de la réalité. Par contre le texte est plus bref, concis, voir trop je pense, ce qui le rend un peu incompréhensible sur le fond. Mais le fait de les avoir ensemble est une bonne idée je crois.

Au final, cela ne restera pas un grand souvenir de lecture. D'ailleurs j'ai même déjà du mal à me souvenir de ce qu'il s'est réellement passé dedans. Mais j'essayerais bien la lecture de "Rashômon" qui devrait peut-être me plaire plus sur le contenu, car plus proche d'un Japon de légende, quant à la forme comme dit plus haut : c'est très bien écrit.


+++ Mais encore +++


Challenge In The Mood For Love : 3/6
- Les modalités
- La récap' !
- Des pistes de lecture

Autres liens :
Akutagawa sur Wikipedia




+++ Le livre +++
  • Poche: 98 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (5 janvier 2011)
  • Collection : Folio 2€
  • Traductrice : Edwige de Chavanes

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Le défi des Mille! Marathon livresque...


Bah, oui je suis fou. Encore un challenge de plus. Mais comme je suis pas complètement à la ramasse, je m'engage sur un challenge pour un livre que je suis déjà occupé à lire! Parce que, bon, s'engager pour un challenge c'est une chose, mais s'engager pour une brique de plus de 1000 pages c'est autre chose. Mais comme là j'ai "Le Seigneur des Anneaux" de J.R.R. Tolkien en relecture, qui plus est dans la très belle éditions compacte de chez Christian Bourgeois Éditeur, autant ne pas se priver d'un challenge. Certes ce n'est plus réellement un vrais défi, mais cela me bottera le derrière pour le terminer dans l'année.

Et qui sait, si je trouve le courage, je me lancerai dans la lecture de "La Guerre et la Paix" de Léon Tolstoï. Ça, ce sera du vrais challenge!

Le billet de présentation du défi se trouve sur le blog de Fattorius.

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"Le jazz" par Philippe Hucher

Si l'envie vous titille d'en savoir un peu plus sur le jazz sans trop vous étendre et sans trop investir, voici le livre parfait! A conseiller!


+++ La quatrième de couverture +++

De l'esclavage à la ségrégation raciale, l'histoire du jazz est intimement mêlée à la lutte pour les droits civiques menée par les Afro Américains. C'est une vibration qui secoue les blues people, l'Amérique en lutte contre elle-même, les anciens esclaves noirs qui hantent l'histoire blanche. C'est un rythme qui balance ses accents swing ou be-bop et qui habite les corps à tout jamais. C'est un souffle sensuel qui plante ses douloureuses racines et ramifie ses mille branches, pour s'adapter encore et toujours. Des chants d'esclaves au free jazz, Philippe Hucher pénètre le jazz et nous livre l'histoire de cette musique protéiforme et intemporelle.


+++ Mon avis +++

Il est vrais que j'en touche pas une niveau jazz, néanmoins c'est un genre musical qui m'intéresse de plus en plus. Musicalement c'est un style ultra riche, bien plus riche est exploratoire que ne l'est la plupart des musiques. Le jazz est également un univers de revendications, d'explorations et de libération autant musicale qu'humaine.

Dans mon passé musical, ma vie c'est essentiellement faites autour de la sphère punk hardcore indépendante, celle des fonds de cave, celle qui vit sa vie musicale seule, qui s'auto-gère et se rebelle, celle qui s'exprime et se déchaîne. En témoigne mon ancienne activité de label, de distributeur, d'organisateur de concerts et la création du site web Shoot Me Again. Dans le jazz je retrouve quelque chose de similaire, parfois en plus posé, parfois en plus libre, souvent en plus subtil et forcément différent de ce que j'ai connu. Néanmoins le beb-bop, le hard-bop et le free-jazz sont des courants créateurs, novateurs et libérateurs tels que l'on a pas retrouvé dans d'autres musiques auparavant. Même si actuellement une certaine partie du jazz s'embourgeoise, se répète, le jazz s'apprenant même dans les hautes écoles musicales plutôt que dans les clubs obscures, ce style reste néanmoins une bulle musicale qui n'a pas finit de m'intéresser.

En lisant ce bref petit bouquin, j'ai enfin pu mettre des étiquettes musicales sur des noms, passant du swing au free-jazz en passant par le be-bop et les big-band. Il y'en a pour presque tous les goûts. Présenté de manière essentiellement historique, le livre nous fournit ainsi une belle évolution des courants, restants bref tout en laissant transparaître une passion réelle pour cette musique, l'auteur nous donne vraiment envie de creuser un peu plus le genre. Surtout John Coltrane qu'il semble porter sur un pied piédestal. D'ailleurs le "My favourite things" de Coltrane est un très beau morceau je trouve... Ainsi que le "Kind of Blue" de Miles Davis... Bon arrêtons nous là.

Bref, c'est avec plaisir que je vais parcourir la discographie laissée par l'auteur et que je vais consulter mes notes pour me découvrir quelques autres artistes du genre.

Un très chouette petit livre. Pourquoi pas à offrir avec un bon disque de jazz?


+++ Le livre +++
  • Poche: 75 pages
  • Editeur : Librio (23 mai 2007)
  • Collection : Librio

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"Sept voleurs" de Chauvel et Lereculey

Un bon divertissement sans grandes prétentions. Distrayant mais sans plus.


+++ La quatrième de couverture +++

Deux voleurs sans envergure, qui survivent tant bien que mal de leurs larcins, se font abordés par deux nains. Ces derniers souhaitent faire usage de leurs talents dans le cadre d’une mission risquée, mais très lucrative : s’emparer du fabuleux trésor de leur peuple. Pour mener à bien cette expédition, ils ont besoin des deux hommes mais aussi d’un colosse capable de transporter le butin et de deux féroces… orcs !


+++ Mon avis +++

Au détour du rayon BD de ma bibliothèque de quartier, je suis tombé sur cet ouvrage. Alors comme je suis en pleine relecture du "Seigneur des anneaux" et relancé dans une session jeu de rôle, je me suis dit que c'était la bonne BD du moment.

D'une lecture rapide et facile, on tombe malheureusement dans un scénario simple, digne d'une bonne séance de Dugeon & Dragons. Un groupe de héros, triés sur le volet et qui ne s'aiment pas vraiment mais qui ont pour but commun de se faire plein d'argent. Un déroulement un peu linéaire à mon goût sans trop de réels rebondissements ou alors un peu trop téléphonés. Par contre les personnages sont bien campés et c'est sympa pour ce côté là. Mais bon, cela n'est pas facile de faire tenir un scénario consistant et 7 personnages contrastés en 62 pages.

Niveau dessins j'ai bien aimé. La couverture est bien réussie je trouve et la planche extraite que l'on retrouve ci-dessous est assez réussie je dois dire. Niveau des couleurs, celles-ci sont dynamiques, même si parfois ce n'est pas toujours réussi à mon goût, l'effet est néanmoins réussi.

Au final, quitte à me répéter : Un bon divertissement sans grandes prétentions. Distrayant mais sans plus.


+++ Illustration graphique +++



+++ Le livre +++
  • Album: 62 pages
  • Editeur : Delcourt (6 septembre 2007)
  • Scénario : David Chauvel
  • Dessin : Jérôme Lereculey

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"Le dernier templier" Tome 1 de Khoury et Lalor

Derrière cette couverture aguicheuse je me demandais ce que pouvais donner cette BD, c'est sympa, mais ça laisse sur sa faim car ce n'est que le premier tome...

+++ La quatrième de couverture +++

Grande soirée de vernissage au Metropolitan Museum de New York où sont présentés les fabuleux trésors du Vatican. Quatre cavaliers surgissent alors de nulle part, semant la terreur devant les caméras après avoir dérobé plusieurs objets ! L'un d'entre eux se révèle être particulièrement précieux, dissimulant certains secrets que l'on croyait enfouis à jamais... Tess, une archéologue témoin de la scène, et Sean, un agent du FBI, vont mener une enquête dont l'issue s'avèrera décisive pour le monde chrétien ! L'ultime secret des Templiers sera-t-il enfin dévoilé ?


+++ Illustration graphique +++


+++ Mon avis +++

Initialement sorti sous forme de roman par Raymond Khoury, on a droit ici à l'illusatration sous format BD. A savoir si le roman est plus riche que la BD, difficile à dire vu que ce premier tome n'est en gros qu'une bonne introduction. L'intrigue est en place, les indices sont là et nous donnent envie de voir le reste... mais bon, j'attendrai que ma bibliothèque de quartier se fournisse la suite.

Bien sur après les Da Vinci Code et autres Indiana Jones on commence un peu à saturer en histoire sur les Templiers. Et pourtant cela continue à fasciner au point tel que je me laisse à vouloir avoir. Niveau de l'histoire, c'est pas mal construit. La couverture laisse présager une uchronie ou un voyage temporel, mais rapidement on réalise que c'est une mise en scène assez impressionnante et médiatique. Côté narratif, on commence par la guerre sainte et la chute de Jerusalem, les Templiers emportant rapidement une machine de codage. Scènes bien réalisées et plutôt impressionantes, et puis on bascule dans notre aujourd'hui avec des templiers qui débarquent dans le Metropolitan Museum of Art de NYC. Là, bim boum bam, on décapite, on tranche et on flingue à l'arme automatique. Au passage on vole quelques trucs mais surtout on embarque la machine décoder mentionnée ci-dessus. Faisant partie du trésor du Vatican, les braves adorateurs du seigneur vont se joindre à l'enquête du FBI parce que bon, faudrait pas toucher à leur trésor (et le vœu de pauvreté dans tout ça alors?). Et bien sur, un bon petit cardinal machiavélique se joint à l'histoire et semble n'être pas aussi catholique qu'il semble être de prime abord.

L'histoire semble pas mal, et comme tout thriller historique, on est vite happé par le sujet. Ce qui me fait toujours peur là dedans c'est la chute, est-ce que la fin vaudra toute la tension mise en place au cours des pages qui lui précède? On verra bien. En attendant, "Le Dernier Templier" sous son format roman fut traduit en 38 langues différentes. On verra bien si le contenu vaut le succès commercial de l'ouvrage.

Graphiquement parlant Michel Lalore nous donne quelque chose d'assez classique dans le genre mais ce n'est pas pour me déplaire. On est en terrain connu dès lors, reste l'histoire à nous accrocher. Certes pas quelque chose d'exceptionnel, mais quelque chose qui plaît, ou tout du moins à ma personne.

Au final, une bonne première accroche. Meilleur que ce que je ne pensais. On verra ce que donne la suite.


+++ Le livre +++
  • Album: 49 pages
  • Editeur : Dargaud (13 mars 2009)
  • Collection : Dernier Templier

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A propos

"Naufragés Volontaires" est actuellement une fenêtre ouverte sur la littératures d'aujourd'hui ou d'hier. Qu'elle soit imaginaire ou non. Même si autrefois le blog fut musical et littéraire.

Lecteur compulsif je suis, mais critique littéraire je ne le pense pas. J'aime juste partager mes plaisirs d'évasion. En espérant que ceux-ci vous plairont également.

Je vous invite également à commenter mes messages comme bon vous semble. Vos avis m'intéressent.

Editeur : Julien Vanderhaeghen
Q.G. : Liège en Belgique
Contact : julien.vdhg@gmail.com

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