"Seul dans le noir" de Paul Auster

Cela faisait un moment que je n'avais plus lu un livre de Paul Auster, alors c'est avec un plaisir certain que je me suis plongé dans ce livre que j'ai rapidement dévoré.


+++ La quatrième de couverture +++

"Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain." Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l'immobilité par un accident de voiture, s'est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce pourtant déjà vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya, anéantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d'un jeune homme avec lequel elle avait rompu, précipitant ainsi, croit-elle, le départ de ce dernier pour Bagdad... Pour échapper aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l'assaillent dans cette maison des âmes en peine, Brill se réfugie dans des fictions diverses dont il agrémente ses innombrables insomnies. Cette nuit-là, il met en scène un monde parallèle où le 11 Septembre n'aurait pas eu lieu et où l'Amérique ne serait pas en guerre contre l'Irak mais en proie à une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s'interpénétrer comme pour se lire et se dire l'une l'autre, pour interroger la responsabilité de l'individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l'Histoire. En plaçant ici la guerre à l'origine d'une perturbation capable d'inventer la "catastrophe" d'une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l'infatigable et fécond questionnement qu'il poursuit quant à l'étrangeté des chemins qu'emprunte, pour advenir, l'invention romanesque.


+++ Mon avis +++

C'est donc avec plaisir que je me suis replongé et noyé dans l'écriture de Paul Auster. Et ce avec d'autant plus d'intérêt que ce livre était un bouquin qui m'attirait bien lors de sa sortie en 2009 chez Actes Sud et qui profitait d'une très belle couverture d'un beau rouge flash. Un titre qui devrait être sorti en format poche dans la collection Babel du même éditeur. Enfin, cela ne saurait tarder je pense.

Livre étrange d'aventures croisées. Récit onirique d'un coté qui nous conte l'aventure de Brick dans une Amérique uchronique (le mot est lâché! voir ce billet pour une définition) où le 11 septembre n'a jamais eu lieu et où les USA ne sont pas en guerre contre l'Irak mais contre elle-même. Une guerre civile a éclaté en raison de la prise d'indépendance d'une partie de cet amas d'états que l'on nomme grossière l'Amérique. Et Brick se retrouve un jour dans un trou, il ne sait d'ailleurs pas comment il est arrivé là. Mais à peine l'a-t-on aidé à sortir de ce lieu, qu'on lui confie la mission de tuer un personnage : un type qui quelque part rêve tout ce qu'il se passe et qui s'il est éliminé stopperait sans doute toute cette guerre étrange et injuste.

En parallèle, on suit August Brill, critique littéraire retraité et coincé dans son lit à cause d'une jambe hors d'usage. Il vit avec sa fille, qui essaye de digéré son divorce, et sa petite fille, qui essaye de digéré le meurtre de son ex-petit ami, et lui ressasse son passé, l'amour de sa vie et bien d'autres choses encore. Et durant cette nuit étrange, cette nuit noire et insomniaque, Brill va rêver le personnage et l'aventure de Brick. Il va repenser à sa propre vie, se questionner, repenser à sa famille, discuter avec sa petite fille, et d'autres choses encore.

Une fois de plus, je me suis laissé emporter par la plume, faussement simple, de Paul Auster. Cet auteur américain arrive à créer des personnage toujours attachant avec ce petit quelque chose de hors du commun qui fait que l'on veut tout savoir. De son uchronie onirique glissée dans l'histoire de cette famille, Paul Auster nous offre une fiction dans la fiction qui n'est pas sans rapeller les délires littéraires de Philip K. Dick. Il nous offre ici une ambiance qui n'est pas sans rapeller non plus son livre "Dans le scriptorium". Mais cependant, même si j'ai lu le livre rapidement et avec un réel plaisir, dégustant son écriture avec un bonheur retrouvé , celui-ci ne restera peut-être pas son meilleur roman. Celà dit, si le livre sort en format poche chez Babel, n'hésitez tout de même pas à (re)découvrir Paul Auster.


+++ Mais encore +++

Les autres livres de Paul Auster sur ce blog
Le site des éditions Actes Sud


Deuxième lecture donc pour le Winter Time Travel Challenge, défi littéraire qui a pour thème l'uchronie.

Mon billet de présentation
Les autres billets de ce Challenge
Le billet du RSF blog qui a lancé ce Challenge
L'uchronique c'est quoi? Allez voir sur Wikipedia



+++ Le livre +++
  • Broché: 324 pages
  • Editeur : Actes Sud (5 janvier 2009)
  • Collection : Romans, Nouvelle

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"L'automate de Nuremberg" de Thomas Day

Un petit livre à petit prix. L'occasion de redécouvrir Thomas Day qui ne m'avais laissé qu'un faible souvenir avec "La Voie du Sabre" alors que sa nouvelle dans l'anthologie "Retour sur l'horizon" m'avait bien bluffée (chronique ici). Un texte bien sympathique que ce "L'automate de Nuremberg".


+++ La quatrième de couverture +++

« Ai-je une âme, Père ? » Telle est la question que Melchior Hauser, le célèbre automate joueur d'échecs, veut poser à son créateur, Viktor Hauser. De la cour de Russie au quartier juif de Nuremberg, des brumes londoniennes aux chaleurs de l'Afrique, il part à la recherche de ses origines, mais sa quête pourrait bien lui réserver des surprises... Sur fond de campagnes napoléoniennes, un voyage initiatique à la croisée des genres pour entrer dans l'univers de Thomas Day.


+++ Mon avis +++

Au prix de 2 euros le bouquin, on hésite pas longuement. Et puis comme dit ici plus haut, sa nouvelle dans l'anthologie "Retour sur l'horizon" m'avait bien bluffée. Donc, ce petit format me donnait l'occasion de redécouvrir cet auteur français. Pour la prochaine occasion peut-être que ce sera sur une distance plus longue car ici l'histoire tiens en 120 pages. Un format que l'on appelle généralement nouvelle, d'autant plus que ce texte dans sa première version est parue dans le Bifrost n°42 en 2006, alors que pour le même nombre de pages d'autres font un roman. A vous de choisir, toujours est-il qu'il tient en un seul livre.
Thomas Day nous offre ici une belle petite uchronie, un premier texte qui me permet d'engager le Winter Time Challenge. Mais si l'on est dans une uchronie, c'est qu'il y'a eu un moment où tout bascule par rapport à l'histoire telle qu'on la connait. Nous sommes donc dans une histoire alternative à la notre, et le point de divergence c'est le début du 19ème siècle. Dans ce cadre-ci Napoléon n'a pas perdu à Waterloo et il a même réussi à envahir la Russie.

On en est à cette période là, vers 1830 et autour. Melchior Hauser est un automate, un joueur d'échec doué bien sur, mais pourvu d'une intelligence. Voire d'une âme? En tout cas d'une conscience de lui-même. Toujours est-il qu'il veut rencontrer son père, son créateur, car il veut en savoir plus sur ses origines notre automate doué de conscience. Et chemin faisant, il continuera à prendre conscience, ainsi que de l'importance dans les affaires, tout en continuant à se questionner lui-même tout en observant le monde.

A coté de cet automate nous suivront Balthazar Hauser, un esprit pur. Enfin pur, car n'ayant pas de matérialité, mais niveau conscience, il tient plus du meurtrier vengeur qu'autre chose en promenant sa volonté de justice immanente ici et là, jusqu'à tuer son frère Kaspar Hauser, l'orphelin de l'Europe (un article à son propos sur Wikipedia).

On va suivre ces deux entités, l'une mécanique, l'autre étherique, jusqu'à leur rencontre finale. Chemin faisant on se posera des questions qui resteront sans réponses, ce qui n'est pas plus mal, et l'on observera le monde à travers deux autres manières de percevoir les choses.

Un court roman donc, qui est une version allongée de la nouvelle publiée dans Bifrost. Un texte bien sympathique, qui tend à prouver que Thomas Day est un bon nouvelliste. Un livre que je conseille à tout curieux de cet auteur qui n'est autre que le pseudonyme de Gilles Dumay, le directeur de collection Lunes d'Encre aux éditions Denoël.


+++ Mais encore +++


Première lecture donc pour le Winter Time Travel Challenge, défi littéraire qui a pour thème l'uchronie.

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+++ Le livre +++
  • Poche: 120 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (3 janvier 2008)
  • Collection : Folio

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"Sansalina" de Nicolas Jaillet

Ça fait tout de même plaisir de se lire un polar de temps à autres. Certes, ce n'est pas ce qui se trouve le plus sur ce blog mais avec un peu de chance, on en trouvera plus en 2011. En tout cas, la lecture de "Sansalina" était une lecture très agréable.


+++ La quatrième de couverture +++

Pablo Zorfi va mal. Son quotidien n'est que meurtres, enlèvements et trahisons. Dans le Mexique des années 20, les bordels tournent à fond, loin de la poussière et des Pancho Villa moustachus. L'enfant des rues de Sansalina est maintenant le maître de la ville. Mais il est devenu mauvais comme un crotale. Ses meilleurs amis le terrorisent. Il n'a qu'une solution pour se convaincre qu'il a encore un avenir : revoir Dolores. Toucher sa peau. La jeune femme respire la liberté. Personne ne lui dicte ce qu'elle doit faire. Elle a oublié Sansalina, sa violence et ses hommes. Dolores aussi avait un rêve d'enfant, pour lequel elle a tout sacrifié. Elle a fondé une bibliothèque. Le jour où ce rêve explose comme une vulgaire boîte d'allumettes, c'est un autre combat qui s'engage.


+++ Mon avis +++

Ce n'est peut-être pas le meilleur polar que j'ai lu de ma vie, mais comme tout livre du genre, cela se lit vite et bien. On se laisse embarquer facilement, et ni vu ni connu on se retrouve dans un autre pays, le Mexique, et un autre temps, les années 20. Pari réussi donc pour ce livre, car on se laisse très vite emporter par le tourbillon noir.

Aventures de truands mexicains oblige, on se les imagine avec des belles moustaches et un soleil de plomb au-dessus de la tête. Le tout avec des airs de dur à cuire et des regards de pistoleros. Bref de quoi se plonger dans un autre univers que le polar US. Ce n'est pas pour déplaire, car on sort du coup de l'ambiance polar noire qu'un film du genre peu laisser penser. On retrouve presque une ambiance de western du coup avec la musique de Sergio Leone en fond sonore Évidemment, tous les ingrédients sont là : les truands mexicains, les petites villes ensoleillées et sèches livrées aux mains des gangsters de l'époque et du coin, les prostituées au caractère trempée, etc. C'est violent, mais pas tant par les actes, les meurtres étant finalement rares, que par l'ambiance qui transpire de ce livre. C'est noir, sans espoir et sans issues! On se rend vite compte que cela ne finira pas en happy end, mais est-ce bien ce que l'on attend de ce genre de livre? Évidemment non!

Le style de Nicolas Jaillet est assez incisif, avec un phrasé court et percutant, ne se perd ant pas en périphrases inutiles. Et pourtant, il arrive à nous offrir une ambiance noire des plus crédible, alternant tout au long de son livre entre passé et présent, voyageant ainsi entre la jeunesse de ces truands et leur vie et décadence actuelle sur un décor original : le Mexique du début du 20ème siècle.

Au final un livre sympathique, peut-être pas révolutionnaire mais qui profite d'un cadre original et d'un traitement de l'histoire bien trouvé. Un livre qui vous donnera de la distraction, du dépaysement, et quelques heures sombres pour une fin de soirée. Tout ce que l'on peut espérer d'un polar quoi!


+++ Mais encore +++

Je tiens à remercier les éditions Folio pour ce partenariat et je vous invite à faire un tour sur le sympathique site Folio Policier.

Le livre sur Livraddict et sur Babelio.


+++ Le livre +++
  • Poche: 294 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (18 novembre 2010)
  • Collection : Folio Policier

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"La forêt des mythagos" de Robert Holdstock



C'est au travers d'une lecture commune initiée sur le forum de Livraddict que j'ai sorti ce livre de ma Pile à Lire. Heureuse découverte que ce fut car Holdstock est vraiment un grand auteur qui doué d'une très belle plume nous fait découvrir une littérature partagée entre fantasy, fantastique et science-fiction. Un vrais bonheur! Et un grand auteur je pense!


+++ La quatrième de couverture +++

Dans un coin perdu du Herefordshire s'étend le bois de Ryhope, vestige d'une ancienne forêt remontant à la dernière glaciation ; un bois tellement dense qu'il paraît impossible d'y pénétrer au-delà d'une certaine limite. George Huxley, qui s'est établi avec sa famille à l'orée de Ryhope, est pour d'obscures raisons obsédé par cette forêt, par l'idée d'en explorer les profondeurs ; une obsession qui le conduit à négliger sa femme et ses enfants. Après sa mort, en 1946, ses deux fils se retrouvent à Ryhope où, grâce aux carnets qu'il a laissés, l'étrange vérité leur est peu à peu révélée : dans ce coin de l'ancienne Angleterre, il semble que l'inconscient collectif humain soit capable de donner vie aux peuplades des mythes et des légendes. Et qu'au détour d'un sentier, ou bien derrière un arbre, se dissimulent Guiwenneth, la belle princesse celte, Jason et ses argonautes, le roi Arthur Pendragon et bien d'autres héros encore...


+++ Mon avis +++

C'est franchement avec bonheur que j'ai découvert Robert Holdstock. Il est vrais que ce livre, et ses suites, font quasi partie des classiques actuels du genre SFFF (bref, les mondes de l'imaginaire quoi!), en tout cas il fait partie de "La bibliothèque idéale de l'imaginaire" du Cafard Cosmique. Maintenant je comprends mieux pourquoi on tient ce livre en si haute estime car il est vraiment magnifique. Et je comprends également pourquoi il ne plaît pas à tant de monde car "La forêt des mythagos" n'est pas le dernier livre de fantasy classique et formaté. Robert Holdstock nous livre ici un livre à la croisée des genres de l'imaginaire, en cela je rejoint presque Brian Aldiss dans sa préface où il nous dit "La forêt des mythagos n'est ni du merveilleux, ni du fantastique, ni de la science-fiction, mais un genre à lui seul".

Livre hors-norme finalement très mal décrit par sa quatrième de couverture, mais il est clair qu'il n'est pas évident de résumé un livre si riche, j'en convient. "La forêt des mythagos" début comme un livre de SF. Steven Huxley décide de rentrer chez lui, dans la demeure familiale. Le paternel est mort, ce sombre personnage avec qui toute la famille ne savait trop comment réagir face à ses délires et autres disparitions en forêt. Reste Christian, son frère, qu'il n'a pas vu pendant des années. Mais voilà que à peine rentré une tension indicible naît entre eux. Christian avec le temps s'est mis à ressembler au paternel, et pour cause il a suivis le même chemin lunatique que celui-ci : l'étude et la découverte de cette forêt étrange qu'est celle de Ryhope. Au travers de son frère, Steven va en apprendre un peu plus sur ce bois, jusqu'au jour où Christian disparaît ou plutôt fuit en forêt. Et le temps passe...

Un jour, Steven découvre un homme et un chien chez lui. Il ne parle pas la même langue que lui. Ce personnage est étrange, comme d'un autre temps... Et puis plus tard c'est une femme qui s'invite chez lui. Une femme qui ressemble étrangement à Guiwenneth, cette femme que son père a connu, cette femme que son frère a aimé, cette femme qui est morte et enterrée dans leur jardin. Mais pourtant elle est bien vivante sortie tout droit de ce bois aux pouvoirs étranges. Cette forêt qui est presque un être vivant, ce lieu sylvestre qui donne naissance aux mythagos, des personnages issus de l'inconscient humain, des mythes de tous âges devenus réalité!

Mais voilà qu'un jour, Christian revient et embarque manu militari Guiwenneth. Laissé pour mort, Steven survivra autant à Christian qu'au fameux Urscumug, personnage énorme à tête de sanglier. Steven, pris d'un grand amour pour sa Guiwenneth, le mythago issu de son esprit, partira en forêt... Mais je n'en dis pas plus.

Si le livre débute sur un tas de souvenir d'enfance et d'histoires de famille, c'est pour mieux laisser peser une ambiance, par moment lourde, par moment heureuse. Le filet relationnel est tissé, et sur cette base tout se construit. Petit à petit, avec la découverte de ce que sont les mythagos, se créé une ambiance proche de la science-fiction. On nous explique ce qu'ils sont, comment ils sont apparus, etc. Pour ensuite glisser sur un sentiment de fantastique, laissé par des impressions ici ou là, ou des ambiances particulières créés par Holdstock. La fantasy, ou merveilleux, s'invite aussi une fois que les personnages du passé, des légendes, du mythe entre en jeu. Bref, tous les genres de l'imaginaire sont là en un seul livre, et ce n'est que du bonheur. Vraiment!

Pour parfaire l'ensemble, Robert Holdstock est doué d'une très belle plume. Décrivant très bien tout ce qui se passe sans sombrer, à mon goût, dans une descriptionite aiguë. Il développe à souhait Steven et ses états d'âme, et décrit avec brio le développement du phénomène mythago. Entrant dans un rythme lent qui permet de bien rentrer dans l'ambiance particulière de ce livre. Et pourtant ces même points, qui sont des qualités pour moi, seront des défauts pour d'autres. Trainant peut-être trop en longueur pour décrire ou expliquer certaines choses, manquant peut-être parfois de rythme et d'action pour privilégier la poésie et le mythe prenant forme, Holstock s'aliène là un certain public. Mais ce serait passer à mon avis à coté d'un livre excellent!

Bref, un livre magnifique qui transpire d'une certaine beauté. La nature y tient une place énorme, personnifiée par la forêt et l'Urscumug. Une forêt que l'on sent bien connue par Robert Holdstock tant transpire ici et là des informations naturaliste. Un livre à lire et qui ne vole pas son titre de "Chef d'oeuvre de la SFFF".


+++ Mais encore +++

Cette lecture est une lecture commune partagée avec :
Bambi_Slaughter, Petitepom, Mina88 et Ptitetrolle



Il s'agit de mon premier livre lu dans le cadre du Challenge Chef d'oeuvre de la SFFF.
Mon billet de participation.
Le Billet de présentation du Challenge



+++ Le livre +++
  • Poche: 454 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (2 septembre 2004)
  • Collection : Folio SF
  • Broché: 829 pages
  • Editeur : Editions Denoël (1 octobre 2009)
  • Collection : Lunes d'encre

Bifrost n°60 - sang pour sang vampires

Diantre! Qui l'eut cru? Un Bifrost spécial vampires! Mais attention, image de marque oblige, ici on ne traitera pas de vampirisme édulcoré version Twilight... encore que.


+++ La quatrième de couverture +++

« Le nettoyage de camp de manouches, c’est toujours la plaie. T’y vas pour récupérer des bagnoles volées, t’as le signalement des gars qu’y faut taper, t’as même une idée de la disposition des lieux et quand tu finis enfin par rentrer, t’as pas une voiture plus récente qu’une Skoda de 1980 et tes gars, y s’sont déjà fait la tchave y’a belle lurette. Entre-temps, toi, tu t’es fait caillasser par des minots, les femmes t’ont balancé des tampax usés à la gueule, et puis bon… tu sais jamais comment ça peut dégénérer avec eux. Tiens ! Une fois, dans un camp, on a retrouvé cinq AK47 et dix-huit grenades défensives. Non mais t’imagines ? Si y s’en étaient servis, ces barjos ? On aurait pas eu l’air con avec nos balles en plastique, tiens ! » Eric Holstein Enculés !


+++ Les Nouvelles +++

"Enculés!" de Eric Holstein est la nouvelle présentée ci-dessus. Un texte qui décape! Présenté comme un rapport à voix multiples, on y vit l'action d'un groupe de flics entrant dans un groupe de gitans pour les déloger de leur emplacement. Évidemment, ça dérape... Mais cette fois, c'est la maison Poulaga qui morfle méchamment. Un texte bien torché mais qui est difficile à lire vu le nombre de fois où l'on répète qui est qui pour savoir qui est occupé à donner son rapport. Néanmoins l'angle d'approche est bien trouvé.

"Nuit Rouge" de Christophe Lambert est peut-être mon premier texte lu de cet auteur. On y vit la découverte d'un repaire de scientifiques allemands qui étudient et expérimentent sur les vampires. Mais les Russes arrivent, il faut vite tout faire sauter... Un texte pas mal, à l'ambiance glauque, et assez rythmé. Mais il me faudra lire un texte plus pour me convaincre monsieur Lambert.

"Desmodus Draculae" de Léni Cèdre est un très chouette texte. Peut-être celui que j'ai préféré dans l'ensemble des nouvelles ici présentes. Une auteure plutôt discrète que l'on aimerait découvrir plus fréquemment. Une histoire de vampires bien sur, mais sur fond de jungle, de légendes sud américaines et d'histoire naturelle. J'ai vraiment bien aimé!

Le dernier texte est celui de Ian R. MacLeod, avec "Un Précis" Peut-être pas celui que j'ai le mieux aimé, mais il est pas mal original dans son genre. Il s'agit d'un extrait de livre de bonne conduite pour les vampires dans la société guindée et aristocratique de la Grande Bretagne d'autrefois. Déroutant, mais amusant!


+++ Pour le reste du contenu +++

Hé bien je dois l'avoué, déjà avant la vague, je suis fan d'histoires de vampirisme. Pas juste de vampire, mais de vampirisme. Il y'a déjà là, une belle différence. Mais bon, autant le dire directement : je n'aime pas Twilight. C'est trop mielleux pour moi...

Mais revenons au Bifrost qui se propose de nous faire découvrir le vampire à travers la littérature. On a d'ailleurs droit à un texte sur les grands classiques du genre : "Le vampire" de Polidori, "Carmilla" de Le Fanu, et "Dracula" de Stocker. De plus on retrouve une riche bibliographie sur Stocker et toutes les traduction de "Dracula", utile pour se trouver la bonne version! Un bel article nous remet en avant le vampirisme à travers l'oeuvre de Clark Ashton Smith et Catherine Lucille Moore. Même si le premier soufre d'un manque de réédition, là ou la deuxième est actuellement rééditée par FolioSF. On trouve un article positif mais critique sur l'œuvre de Anne Rice qui est pas mal non plus. L'article de Fabrice Colin sur True Blood nous en fait une belle présentation et nous donne un angle d'approche de la série auquel je n'avais pas pensé. Sans oublier l'éternel guide de lecture thématique dans lequel on trouve de bons choix.


Mais on trouve également une approche plus scientifique, avec d'un coté le texte du vampire à travers l'histoire, ou encore du cas de la porphyrie comme source possible de vampirisme, ou au travers du dernier article scientifique (présent dans chaque magazine) qui traite du vampirisme, cela va de soi. Sur ce dernier, j'ai d'ailleurs adoré l'équation exothermique résumant l'action de l'eau bénite sur un vampire.

Et bien sur il y'a la tonne de chroniques qui donnent encore plus envie de lire. Mais aussi l'article de Maître Doc Stolze qui nous met en avant un excellent recueil sur la littérature fantastique belge.

Un bon numéro une fois de plus, même si ce n'était pas le meilleur.


+++ Sur le Web +++

Ce numéro de Bifrost sur le site du Bélial.
Les autres Bifrost sur ce blog.


+++ Le livre +++

Couverture : Eric Scala
Traduction : Pierre-Paul Durastanti
192 pages
Façonnage : broché
ISBN : 978-2-913039-57-5
Parution : octobre 2010

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"Axis" de Robert Charles Wilson

J'ai découvert Robert Charles Wilson en cette année 2010 et je suis rapidement devenu fan de son écriture. Il y'a un petit quelque chose qui me fascine et m'attire dans son style et sa manière de présenter les choses. Une fois de plus avec "Axis" je suis conquis, même si cela n'est pas aussi vertigineux que "Spin" ou "Les chronolithes".


+++ La quatrième de couverture +++

Menacée par un Soleil qui se transformera bientôt en nova, la Terre vit ses dernières années. Pour la plupart, les hommes ont franchi l'arc des Hypothétiques et se sont installés sur le Nouveau Monde, Equatoria, notamment dans sa capitale, Port Magellan. C'est à partir de cette agglomération tentaculaire, hétérogène telle l'humanité, que Lise Adams cherche son père, un scientifique qui a disparu depuis bien longtemps et avait peut-être découvert quelque chose sur l'énigme que représentent les Hypothétiques. Alors que Lise tient enfin une piste sérieuse, grâce à son ancien amant Turk Findley, d'étranges cendres se mettent à tomber sur le Nouveau Monde. Et si celui-ci, tout comme la Terre, était condamné à brève échéance?


+++ Mon avis +++

Il faut savoir une chose, c'est que en trois lectures je suis devenu fan du style de Robert Charles Wilson. Bien sur je ne peux pas encore en dire autant de toute son œuvre car je ne l'ai pas encore parcourue dans le long en large, mais tout ça pour dire que évidemment ce n'est pas moi qui dirai du mal de son œuvre.

Si "Axis" est la suite de "Spin", elle ne reprend pas forcément les même personnage. Mis à part Diane qui prend un rôle plutôt secondaire, on ne retrouve plus les personnages de "Spin". D'ailleurs le temps a passé, alors soit ils étaient déjà mort dans "Spin", soit ils sont morts entre-temps. Bref, "Axis" nous conte une toute autre histoire que "Spin", d'ailleurs on est même sur une autre planète : le Nouveau Monde. Autre monde, autre planète à laquelle on arrive en traversant l'arc des Hypothétiques.

Dans cette aventure au coté plutôt thriller que SF pure et dure, on va suivre les pérégrinations de Lise Adams. Gentille demoiselle obsédée par la disparition de son père et quasi certaine que celui-ci a pris le maquis pour devenir un Quatrième Âge. Dans son obsession de recherche, elle va rencontrer Turk Finley, ancien amant d'un soir, et aviateur à la petite semaine de surcroît. Elle décide de rechercher une quatrième âge qui pourrait la menée vers son père, ou tout du moins sur une piste. Mais voilà que à peine Lise et Turk réunit que le ciel se met à s'obscurcir d'une pluie fine de poussières à l'origine inconnue. Celles-ci ont tout de la cendre, de la couleur au goût infect que cela laisse en bouche. Mais d'où vient-elle cette cendre? De quoi est-elle faites? Est-elle toxique? Est-ce encore un coup des Hypothétiques? Lise et Turk se lancent néanmoins sur la piste de leur Quatrième Âge, avec derrière eux le Département de Sécurité Génomique qui lui de son coté ne supporte pas les Quatrième Âge et les pourchassent comme de véritables inquisiteurs. S'ensuit inévitablement un tas d'aventures que je ne vais tout de même pas vous conter ici, il ne faudrait pas gâcher le plaisir!

Robert Charles Wilson laisse encore beaucoup de questions dans le vent... Et au fil des pages, il donne quelques réponses qui appellent inévitablement de nouvelles questions restées elles sans réponses, etc. Bref, on ne reste pas sur sa faim, on est juste encore plus intrigué et j'attends encore avec plus d'impatience la suite intitulée "Vortex", qui ne devrait hélas arriver en français qu'en 2012. "Axis" a tout d'un roman intermédiaire. Vif et balancé, il nous balade dans une aventure qui se déroule en quelques jours là ou "Spin" s'installait sur des années. En cela, il peut décevoir car il n'a pas cette impression de grandiose de "Spin". Il n'a pas non plus le même coté vertigineux car on a déjà pas mal de données en mains sur les Hypothétiques. Seuls quelques questions se greffent en plus ainsi que l'introduction d'un nouveau personnage nommé Isaac que l'on se doute, ou espère, retrouver dans "Vortex".

Mis à part cela, j'ai beaucoup aimé le détail et le développement fait sur cette conscience globale que sont les Hypothétique. Intelligence qui défie le temps et l'espace, et qui prend forme dans un tout et non dans l'individualité. Cela crée une vision vertigineuse et originale qui est bien loin, il me semble, de l'anthropocentrisme habituel. Plus proche de certaines colonies d'insectes finalement...

La construction de "Axis" me rappelle franchement "Blind Lake" (chroniqué ICI sur mon blog). On suit plusieurs personnages, créant ainsi une vision kaléidoscopique de ce qui se passe. Le rythme est assez soutenu et l'angoisse créé par les cendres rejoint celle créé par l'enfermement à "Blind Lake". Wilson joue encore une fois sur une certaine tension et menace, offrant ainsi un thriller SF haletant et vraiment agréable, qui nous offre une charnière, je crois intéressante, entre "Spin" et le futur "Vortex". Un intermède où le rythme change et où la durée d'action change. Il fallait oser, que ça plaise à certains et pas à d'autres. Et puis comme le dit Wilson sur le Cafard Cosmique : "Ce n’est pas un autre Spin. C’est un livre différent, susceptible de plaire à un lectorat différent". C'est bien ce que j'avais compris avant de l'entamer, alors j'ai adoré!


+++ Mais encore +++

Cette lecture de "Axis" fait suite à un commentaire de Pitivier dans mon billet sur "Spin". Vous retrouverez son avis de lecture en allant voir son billet sur son blog : l'avis de Pitivier.

Au passage jetez un oeil sur le site du traducteur Gilles Goullet qui une fois de plus a réalisé un travail de traduction à mon avis excellent!!

A lire, une interview de Robert Charles Wilson à propos de "Axis" sur Le Cafard Cosmique.


+++ Le livre +++
  • Broché: 388 pages
  • Editeur : Editions Denoël (3 septembre 2009)
  • Collection : Lunes d'encre

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Mes 15 meilleurs films de SF

Je me suis fais tagué par Pitivier via son "classement des 15 meilleurs films de Science Fiction". Me voilà bien, car j'ai du trouver 15 bons films de Sf, ce qui n'a pas été forcément facile. Je me rends compte qu'il y'en a plein que j'aimerais encore voir ou que je n'ai donc jamais vu, et d'autres films qui sont dans ma liste, ou à coté, juste sur base du souvenir que j'en ai gardé alors qu'il faudrait peut-être que je les revois pour juger de leur place. Du coup, voici une liste qui pourrait changer au cours du temps (même si je ne le ferai pas!), et un exercice pas facile je trouve. Cela dit, la liste ci-dessous n'est pas classée par ordre... vive le désordre!




Mes 15 meilleurs films de SF (sans classement particulier donc!) :
  • 2001 l'odyssée de l'espace
  • Bienvenue à Gattaca
  • Existenz
  • Total Recall
  • Stargate, la porte des étoiles
  • Matrix
  • Déjà Vu
  • Dark City
  • Event Horizon
  • Sunshine
  • Terminator
  • Brazil
  • Alien
  • Le cinquième élément
  • Star Wars



Dédicace spéciale aux séries TV comme Battlestar Galactica, Lost, Fringe, Stargate, V (et sa nouvelle version!), etc



Souvenirs émus pour les films d'heroic dantasy de mon enfance : Dar l'Invincible, Willow, Conan Le Barbare, etc

Et comme il faut bien renvoyer la balle à quelqu'un, je vais lancer plusieurs noms. Que celles-ci continuent le jeu si elles le souhaitent... ou non, si elle préfère ne pas continuer.
Voici les victimes : Cachou et Kactusss. J'avoue ne pas oser ennuyer plus de monde ;-)


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Prêt pour la fin du monde!


Ça y'est je me suis lancé dans un challenge de lecture en plus : le challenge Fin du Monde. Comme si je n'en avais déjà pas assez en route, hein? Cela dit, je vise petit, histoire que le défi ne soit pas insurmontable! Mais de quoi s'agit-il?

Tiger Lilly nous propose au travers de son blog Le Dragon Galactique de nous initier ou d'approfondir le sujet "Post-apocalyptique".

Une brève présentation de la charmante demoiselle :

Le Post-Apocalyptique, "post-apo" ou "post-ap" pour les intimes est un sous-genre bien défini de la SF qui consiste à raconter la survie des hommes et la reconstruction d'une société après un cataclysme, une guerre nucléaire et autres météorites s'abattant sur la Terre. Il se distingue du genre "catastrophe" qui raconte le cataclysme en lui-même (on connait bien les films catastrophes comme 2012, Armageddon, Independance Day, etc).

Cela dit, dans ce cadre-ci, on pourra lire du post-apo ou du livre catastrophe, et cela du 1er janvier au 31 décembre 2011.

N'ayant peur de rien, même pas de la fin du monde, je me suis engagé pour un livre, soit le niveau Catastrophe Naturelle. Pas fou le monsieur, hein! Mais peut-être que je verrai plus gros en cours d'année...

Au fait, le Billet de Présentation et Récapitulatif est ICI

Rejoignez pour la fin du monde!

"La fuite dans les ténèbres" de Sarah Ash

Voici la chronique d'un livre reçu lors d'un partenariat proposé par Livraddict et Le Livre de Poche. L'occasion pour moi de découvrir cette auteur anglaise que je n'avais encore jamais lu.

Une fantasy classique par son coté épopée, et néanmoins assez éloignée des gros classiques du genre pour être intéressante. Cependant, je n'ai pas réussi à être subjugué par le style de l'auteure...


+++ La quatrième de couverture +++

Azilis, un esprit chargé de maintenir l'équilibre entre le royaume des vivants et celui des morts, a été libérée par inadvertance. Refusant de réintégrer sa prison, elle s'est attachée au destin d'une mortelle, Célestine, jusqu'à devenir son ange gardien. Mais le désir de se venger de ceux qui ont condamné son père, un magicien, à périr sur le bûcher entraîne la jeune femme sur une voie périlleuse. Celle-ci ne manque pas d'attirer l'attention de l'Inquisition, farouchement déterminée à éradiquer toute magie...


+++ Mon avis +++

Sarah Ash nous offre ici un deuxième tome aux préquelles aux "Larmes d'Artamon". Ce dernier cycle est le cycle phare qui a fait connaître l'auteure en nos contrées francophones., vaste cycle fantasy édité comme il se doit pour le genre en trilogie. Pour ma part, je n'ai pas (encore?) lu les "Larmes d'Artamon", ce qui ne gêne pas à la lecture vu "La fuite dans les ténèbres" se passe avant ce cycle. Je n'ai pas lu le premier tome non plus, intitulé "La traque de l'ombre", ce qui n'est pas vraiment gênant même si parfois on se pose quelques questions, Sarah Ash prend néanmoins le temps de réintégrer les personnages en redonnant leurs passés. Bref, ce tome est, à mon avis, totalement lisible indépendamment du reste.

Ce pavé de plus de 700 pages est divisé en 4 parties et rien de moins que 65 chapitres. Ce qui nous fait une petite brique qui offre son lot d'heures de lectures et de divertissements. Le monde de Sarah Ash est intéressant par son coté très maritime et à la fois fort fort proche de notre univers européen. On y trouve la Francia, la Rossya, etc, pendant de la France, de la Russie, etc. Ce qui est intéressant dans la mesure où Sarah Ash pâti d'un manque certains de descriptions. Connaissant ces cultures proches de nous, on peut donc plus facilement s'imaginer ce que Sarah Ash ne décrit pas comme décors, costumes et personnages. Serait-elle portée sur l'aventure à tout prix alors? Non plus. Certes il y'a de l'aventure, c'est le fil conducteur de ce genre de livre, mais on est pas dans une succession d'épisode aventureux et d'exploits incroyables. Sarah Ash offre un roman qui se partage entre le roman de cape et d'épée et la tragédie romanesque. D'un coté l'aventure se passe ici et là, avec de nombreux déplacements et un gros gros fond de trames politiques et de manipulations de l'échiquier diplomatique. En ça on doit surement rejoindre Alexandre Dumas que je n'ai jamais lu. D'un autre coté, il y'a la romance. Celle-ci est prégnante mais pas ne suinte pas en excès. On sent bien qu'il y'a quelque chose entre la charmante Célestine et son ami Jagu, mais tout se détaille doucement, lentement. Haaaa l'amour! En cela, on doit rejoindre ce que le descriptif de l'éditeur donne comme un pendant à Jane Austen, mais que je n'ai jamais lue non plus. Cependant, je pense, sans pouvoir le confirmer hélas, qu'il y'a quelque chose proche de Tolstoï dans son aventure. Le côté fresque à grande échelle, guerre épique entre plusieurs pays, et personnages travaillés où l'on retrouve ambition, mesquinerie, amour, etc. Bref, j'avoue que ce livre me donne envie de lire "La Guerre et la Paix" de Tolstoï pour vérifier ce que je pense...

Je ne connaissais pas la plume de Sarah Ash jusqu'à la lecture de ce livre. J'avoue avoir été enthousiasmé par la découverte que cela apporterait car j'en avais lu assez de bien ici et là. Il y'a d'ailleurs de bonnes choses dans ce roman comme vous le voyez. Forcément on suit le courant romanesque fantasy car on y trouve de la magie, des dragons et une inquisition bien malveillante. Mais... Mais... Mais je n'ai pas été forcément bien conquis. J'ai eu du mal à rentré dans le style de l'auteure qui a tendance à passer trop rapidement d'un personnage à l'autre, brossant au passage une vision intéressante d'une même scène par des yeux différents mais sautant pour moi un peu trop vite d'une personne à l'autre. Dans le même ordre d'idée, elle ne s'éternise pas sur les déplacements, ce qui est bien, mais pour les notions de temps et distances, on se perd un peu. Et donc ces paragraphes courts m'ont rendu l'accroche difficile, ajouter à cela le manque récurrents de descriptions et on est un peu plus perdu. Habituellement, cela ne me gêne pas, mon imagination comblant les descriptions manquantes mais quand on aborde un monde totalement neuf, il faut s'y faire. Mais à sa décharge, comme signalé plus haut, elle joue sur les ethnies déjà connues comme la France, la Russie, etc. Ce qui rend le décorum plus facile à s'imaginer, et ce qui m'a peut-être d'ailleurs porter vers le parallèle avec Tolstoï. Question de période et de lieux d'actions.

Bref, une sympathique découverte mais pas exceptionnelle pour moi. Le livre m'a paru assez long par moments, jusqu'à vouloir l'abandonner arriver autour des 200 pages. Mais un peu de persévérance, et j'ai rapidement voulu savoir ce qui allait se passer avec ces personnages attachant que sont Célestine et Jagu. Au final, un roman à réserver aux fans de Fantasy, peut-être une découverte d'une autre plume de la fantasy tragique sans renouveler vraiment le fond du genre (ce qu'elle ne recherche peut-être pas d'ailleurs!).


+++ Remerciements +++

Je tiens à remercier Le Livre de Poche et Livraddict pour ce partenariat et la découverte qui en découle.

J'invite les lecteurs de cette chroniques à faire un tour sur le site du Livre de Poche et sur le site de Livraddict.


+++ Le livre +++
  • Poche: 727 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche
  • Édition : Éd. revue et augmentée (17 novembre 2010)
  • Collection : Fantasy

"Bloodsilver" de Wayne Barrow

Derrière cet auteur étasunien au passé obscure et aux origines Navaro se cache en fait deux auteurs français : Johan Heliot et Xavier Mauméjean. Bref, Wayne Barrow n'est qu'un pseudonyme qui a permis à ces deux français de pouvoir créer un roman entre vampirisme et uchronie sur fond de western américain.

"Bloodsilver" est également la lecture commune du mois de novembre du Cercle d'Atuan. Est-il encore utile de vous inviter à nous rejoindre?

"Bloodsilver" a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire en 2008.


+++ La quatrième de couverture +++

1691 : un bateau transportant de mystérieux passagers aborde la côte est du continent nord-américain. Les vampires viennent de débarquer de la vieille Europe. Ils forment bientôt le Convoi, longue colonne de chariots recouverts de plaques de plomb, et se lancent à la conquête de l'Ouest, anticipant le trajet du chemin de fer dans une lente et implacable progression... 1692 : à Salem, une poignée d'hommes impitoyables fonde la Confrérie des Chasseurs, bien décidés à stopper l'avancée du Convoi et à en découdre avec les créatures des ténèbres. De Fort Alamo aux territoires sioux, de Wounded Knee à Silver City, les hommes du Nouveau Monde, Billy le Kid, les frères Dalton ou encore Doc Holliday mêlent le sang à l'argent, luttant sans merci contre les vampires, ou formant avec eux d'improbables alliances...


+++ Mon avis +++

Ce roman kaléidoscopique est un roman western pur et dur. Il y'a bien sur un fond fantastique derrière tout cela avec en toile de fond un background vampirique indéniable mais "Bloodsilver" reste un roman de pistoleros. Un roman pour fondu de la gâchette. Un roman où les flingues parlent plus que les sentiments.

Construit comme une nouvelle histoire des USA, "Bloodsilver" nous offre donc une presque uchronie. A cela prêt que l'histoire des USA ne change pas, elle est juste adaptée à la vie des vampires, ce qui fait que notre livre n'est plus vraiment de l'uchronie à mes yeux. Cela fait tout de même du roman un projet intéressant.

Néanmoins, le livre n'est pas à proprement parlé un roman, mais plutôt un recueil de nouvelles. Il y'a un fil conducteur indéniable et le tout s'enchaîne de manière chronologique et logique, mais il reste que "Bloodsilver" est une succession de textes. Ce livre tient plus de la galerie de portes flingues qu'autre chose. Tous y passent faire leur ronde et flinguer quelques broucolaques (le nom des vampires de notre histoire), on y retrouve comme ça : Billy le Kid, Doc Holliday, les frères Dalton, etc. Même Mark Twain y tient un rôle plus qu'intéressant.

Mais malgré une plume agréable et bien menée, malgré le fait que le roman se laisse lire facilement, malgré le rythme et l'aventure, il manque tout de même quelque chose à ce roman. Un fond psychologique plus complet aurait enrichit le tout. "Bloodsilver" nous offre ici juste une galerie de combats aux flingues qui n'a bien sur rien à envier à un bon vieux Western. Ça en est d'ailleurs très proche. Mais pour moi il manque quelque chose. Un pas grand chose, que l'on retrouve dans certains textes comme "Wounded Knee" ou "Silver City" , des textes où une partie sensible s'invite et mette de la profondeur dans le texte.

Cela dit, si l'on prend "Bloodsilver" comme un western, un roman de pure aventure, alors on est pas déçu. J'en attendais quelque chose de plus profond... Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Mais vous voilà prévenu.


+++ Et Cetera +++

Lecture effectuée dans le cadre du Cercle d'Atuan :
Le Hit Parade du Cercle d'Atuan

Le livre sur : Noosfere, Livraddict, Babelio, Le Cafard Cosmique.


+++ Le livre +++
  • Poche: 491 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (14 janvier 2010)
  • Collection : Folio SF
  • Broché: 339 pages
  • Editeur : Les éditions Mnémos (1 novembre 2006)
  • Collection : Icares

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Rejoignez le "Winter Time Travel"


Le RSF Blog nous renvoie vers un beau challenge une fois de plus! Après la version Space Opera de l'été intitulé Summer Star Wars (voir mon billet récapitulatif ICI), voici venu la version hivernale avec le Winter Time Travel.

Mais de quoi s'agit-il cette fois-ci?
Lire le plus de livre estampillé uchronie durant la période hivernale, soit du 21 décembre au 21 mars. Toutes les informations et inscriptions se font sur le RSF Blog ICI. Tout le monde est le bienvenu!

UchroQUOI? Voici un extrait de la page Wikipedia sur le sujet pour vous éclairer :

En littérature, c'est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. On utilise également l’expression « histoire alternative » (alternate history) ou histoire contrefactuelle. Lorsqu’elle est associée à des moyens techniques qui permettent de remonter dans le temps et donc de modifier le passé, l’uchronie est directement associée au genre de la science-fiction.

L’auteur d’une uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. À partir d’un événement modifié, l’auteur crée un effet domino (terme anglo-saxon couramment utilisé : effet papillon) qui influe sur le cours de l’Histoire. Cette volonté de changer le cours de l’histoire pour imaginer ce qu’elle aurait pu être rappelle la phrase de Blaise Pascal : « Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé » (Pensées, 90).
(cf Wikipedia, page Uchronie )


Mais je vous renvoie également à l'article "Uchronies : et si... ?" du Cafard Cosmique : ICI. Vous y trouverez une présentation de ce sous-genre ainsi que quelques lectures conseillées.

Je vous invite aussi à passer sur le site d'ActuSF pour y voir leur article sobrement intitulé "10 uchronies incontournables" : ICI.

Personnellement, je ne sais pas encore bien ce que je vais en lire, mais je trouverai bien de quoi m'amuser! Comme "Darwinia" de R.C. Wilson par exemple. En attendant, je vous invite à lire mon billet sur "Le Maître du haut château" écrit par P.K. Dick, classique du genre uchronie également. C'est à lire ICI.


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A propos

"Naufragés Volontaires" est actuellement une fenêtre ouverte sur la littératures d'aujourd'hui ou d'hier. Qu'elle soit imaginaire ou non. Même si autrefois le blog fut musical et littéraire.

Lecteur compulsif je suis, mais critique littéraire je ne le pense pas. J'aime juste partager mes plaisirs d'évasion. En espérant que ceux-ci vous plairont également.

Je vous invite également à commenter mes messages comme bon vous semble. Vos avis m'intéressent.

Editeur : Julien Vanderhaeghen
Q.G. : Liège en Belgique
Contact : julien.vdhg@gmail.com

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