Bifrost n°59 - spécial J.G. Ballard

Comme d'habitude, je suis toujours en retard sur mes lectures du Bifrost. Mais j'aime toujours autant les lire!! Et derrière ce numéro spécial J.G. Ballard, à la couverture oh combien dégueulasse, se cache un numéro hyper riche!!!


+++ La quatrième de couverture +++

A son réveil, un matin, B. fut étonné de trouver Shepperton désert. A 9 heures, il entra dans la cuisine, surpris de constater que ni le courrier ni les quotidiens n’avaient été distribués, et qu’une panne d’électricité l’empêchait de préparer son petit déjeuner. Il regarda pendant une bonne heure la glace fondue suinter du réfrigérateur, puis sortit pour aller se plaindre à son voisin.

Bizarrement, la maison de son voisin était vide. Sa voiture était toujours dans l’allée, mais la famille entière — mari, femme, enfants et chien — avait disparu. Encore plus étrange, la rue était emplie d’un silence parfait. Aucune circulation sur l’autoroute proche et aucun trafic aérien autour de l’aéroport de Londres. B. traversa la chaussée et frappa à plusieurs portes. A travers les fenêtres, il pouvait voir les intérieurs vides. Tout, dans cette paisible banlieue, était à sa place, exception faite de ses habitants.

James G. Ballard
« Autobiographie secrète de J. G. B.****** »


+++ Les Nouvelles +++

Je ne vais pas m'éterniser sur les nouvelles... On retrouve différents textes qui se déclinent, semble-t-il, dans un style ballardien. Sorte d'hommage au maître anglais donc.

Celle de J.G. Ballard est sympathique quoi que trop courte que pour se faire une réelle idée de son style. Néanmoins, pourquoi pas. Le titre? « Autobiographie secrète de J. G. B.****** »

La nouvelle de Mucchielli est pas mal mais ne m'a pas outre mesure touchée, enfin dans mon souvenir. On apparemment dans une vision de d'un "Vermillion Sand", oeuvre de Ballard... D'où le titre de "Vermillion Dust".

Ensuite un texte de Jean-Claude Dunyach qui s'il ne m'avait pas convaincu la fois précédente présente ici un texte que je trouve terriblement bon. J'ai vraiment beaucoup aimé son "Perspectives de fuite" !

Ensuite, un texte de Jacques Barberi avec "Tropique d'étoiles". Un texte hallucinatoire qui m'a permis de découvrir la plume de Mr Barberi au passage. Un texte entre J.G. Ballard et P.K. Dick.

"La mémoire des jours noyés" est le dernier texte de la revue. Il est signé par Jean-Pierre Andrevon. Auteur que je n'ai pas encore beaucoup lu d'ailleurs. On a bon texte également, avec quelques parties issues d'interview de J.G. Ballard récitée par un clone du bonhomme.


+++ Pour le reste du contenu +++

Ce qui est certain, c'est que le dossier spécial Ballard transpire la passion. On ressent vraiment l'intérêt envers Ballard qu'on les personnes ayant rédigés se numéro. Et pour dire vrais, jusque là je n'avais lu que "Millenium People" (que j'avais bien bien aimé!), mais je pense me lire rapidos "Que notre règne arrive" qui est dans ma PàL. Et j'avoue être assez enthousiasmé par ce numéro spécial que pour avoir envie de découvrir le reste de son oeuvre!!! Je commencerai peut-être avec la Trilogie de béton, soit : "Crash !", "L'île de béton" et "I.G.H.".

On retrouve dans ce Bifrost 3 bons entretiens avec J.G. Ballard qui sont vraiment très intéressant. Bien sur il y'a le guide de lecture en fin de livre avec différents ouvrages chroniqués et conseillés. Plus quelques autres articles d'analyse de son oeuvre. Textes que je devrais relire une fois son oeuvre lue en long et en large pour mieux en profiter.

Il y'a bien sur les pages de chroniques de livres... Et l'article scientifique de fin qui tourne autour du sujet du vide : le vide c'est quoi? Et peut-on y survivre? Sympathique article avec quelques techniques de survie, juste au cas où.

Encore un bon numéro de Bifrost qui malgré son horrible couverture offre un contenu super intéressant. J'aime beaucoup cette formule avec dossier spécial pour découvrir un auteur à chaque fois. C'est vraiment riche!


+++ Sur le Web +++

Le Bifrost n°59 sur le site des éditions Le Bélial.
Les autres Bifrost sur ce blog.
J.G. Ballard sur Wikipedia
Ballard au Cafard Cosmique


+++ Le livre +++

Couverture : Eric SCALA
192 pages
Façonnage : broché
ISBN : 978-2-913039-56-8
Parution : juillet 2010

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"Les Cathédrales du Vide" de Loevenbruck Henri

"Les Cathédrales du Vide" marque le retour des aventures de Ari MacKenzie, pour ceux et celles qui auraient déjà lu "Le rasoir d'Ockham". Un thriller haletant sur fond d'ésotérisme et de menace internationale.

Cette lecture marque, pour moi, la découverte littéraire d'un auteur français rencontré au Salon du Livre de Bruxelles (en 2010). C'est également un partenariat avec les éditions J'ai Lu initié par Livraddict. Je remercie au passage les deux partenaires qui m'ont fait profiter de ce livre!


+++ La quatrième de couverture +++

Une mystérieuse organisation internationale protectrice de l'environnement s'empare de plusieurs régions du globe, à la recherche d'un secret millénaire, qui pourrait menacer l'ordre géopolitique de la planète. Ari Mackenzie, ancien des renseignements généraux, alerté par une série d'inexplicables disparitions, décide de mener l'enquête. Existerait-il un lien entre les étranges recherches de cette organisation et les occultes découvertes de Nicolas Flamel, célèbre alchimiste du Moyen Age ? Le commandant Mackenzie va devoir se mesurer aux ténèbres. Une enquête dangereuse, la dernière peut-être...


+++ Mon avis +++

Digne représentant de la Ligue de l'Imaginaire (leur site ici), Henri Loevenbruck est un écrivain multiple. D'un coté il est romancier de fantasy et de thriller, d'un autre coté il est parolier et scénariste. Bref, il promène sa plume ici et ailleurs au gré de ses envies voir de ses besoins (?).

Cette lecture marque pour moi l'entrée dans un style que je ne lis jamais : le thriller. C'est un genre bourré d'archétypes, mais finalement tout autant que la fantasy ou la SF. Donc, autant s'y essayer de temps à autres non? C'est donc ce que j'ai fait et finalement avec assez de plaisir dans le cas présent. "Les Cathédrales du Vide" étant un bon divertissement du quel on a du mal de se décrocher. Il est surement bourré de clichés de genre, mais n'étant pas un habitué, difficile de les épingler.

Bien sur la menace ésotérique devient un cliché du genre. Un truc déjà vu et rabattu par les pointure de l'univers "thriller". Néanmoins, ce que j'ai apprécié avec la manière de Henri Loevenbruck, c'est que l'ésotérisme n'est pas une fin en soi qui explique tout et limite la menace à cela. Il pousse un peu plus dans les machinations et autres conspirations, l'ésotérisme commençant à prendre un rôle de manipulation plus que de fin en soi. L'utilisation d'une ONG environnementaliste comme société écran est bien trouvée également, ce qui doit peut-être bien se faire en vrais d'ailleurs, enfin ne poussons pas la théorie du complot trop loin maintenant, le monde est déjà assez fou comme cela.

Le héros incarné par Ari MacKenzie est très attachant. Personnage un peu hors normes, un poil en marge de sa hiérarchie et actuellement en congé de maladie pour se reposer des aventures du "Rasoir d'Ockham" (que je me lirai prochainement je pense). Bref un héros qui tient de l'archétype également, mais qui plaît franchement bien! De mon coté, je m'imagine MacKenzie comme un drôle de bâtard génétique entre James Bond et Le Poulpe.

Pour revenir au livre en lui-même, avec "Les Cathédrales du Vide" j'ai l'impression de lire ici une bonne série US d'enquête à suspens comme on en voit à la télé. On y retrouve également le regard multiple, vision au travers de différents personnages qui donne un angle d'approche intéressant mais également déroutant au début car il donne une certaine difficulté d'entrée dans le roman. Une fois cette étape passée, l'effet d'entonnoir fait son action et suffisamment de données sont en nos mains pour comprendre le fil de l'histoire. Et arrivé à ce niveau là, on se retrouve englué dans un filet narratif qui vous capture et vous happe jusqu'à la fin du roman, car il faut bien l'avouer : le thriller marche bien à ce niveau là pour ce qui est de vous donner envie de savoir comment tout cela va se terminer.

Bref, "Les Cathédrales du Vide" est un bon roman divertissant. De là à savoir s'il rejoindrait les top du genre, ça c'est une autre question à laquelle je suis bien en mal de répondre. Cela dit, amateur du genre ou non, on y passe un bon moment, et je pense que le livre doit au moins valoir ce que d'autres pointure font dans ce genre-là.



+++ Et Cetera +++

Le livre sur :


Les éditions J'ai Lu : le site web.

Le site web d'Henri Loevenbruck.


+++ Le livre +++
  • Poche : 475 pages
  • Editeur : J'ai lu (6 octobre 2010)
  • Collection : J'ai lu Thriller
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Carnet de bord #1

Samedi 20 novembre 20231. Après le naufrage sur... Mais où sommes nous a juste? Je n'en sais rien, mais une nouvelle ère se prépare, une nouvelle vie se dessine, mais tout reste à faire. Je suis installé confortablement dans ce fauteuil de fortune, écrivant par la même occasion un rapport des choses actuelles et à venir...


+++ Introduction +++

Une petite nouveauté sur Naufragés Volontaires, un Carnet de Bord. Et ce ne sera pas une occasion pour moi de partager mes malheurs, je les garde pour moi, désolé. Par contre, je compte parler des lectures à venir, de lectures communes auxquelles je vous inviterais etc. Bref un peu de tout dans ce monde imaginaire.


+++ Les futures lectures communes +++


Lundi débutera une lecture commune de "A vos souhaits" de Fabrice Colin. Une lecture étalée sur 10 jours où, selon un découpage réalisé par AcrO (Livrement blog), nous discuterons de nos avis sur le livre par mail. Agréable surprise, les éditions Bragelonne en parle dans leur blog : Jetez un oeil ici. Si cela vous intéresse de nous rejoindre, le départ se fait lundi 22 novembre. Merci AcrO pour l'orga!

Autre LC de prévue, c'est le premier tome de "La forêt de Mythagos" écrit par le célèbre Robert Holdstock. J'ai hâte de lire cela également. La fin est prévue pour le 21 décembre, et si vous souhaitez embarquer dans l'aventure, les inscriptions se font ici : sur le forum de Livraddict. Merci à Heclea d'avoir lancé cela.

La LC suivante est celle de "La Communauté de l'anneau" de Tolkien. Mais j'aimerais trouvé le temps avant cela de lire "Le Silmarillion", seul livre prévu dans mon Challenge Middle Earth, ainsi que "Bilbo le Hobbit". Mais cela va être chaud...
En tout cas, merci Taliesin pour cette LC, et sachez que vous pouvez encore nous rejoindre. L'inscription se fait via le forum de Livraddict.

Une lecture commune de "Axis" de Robert Charles Wilson, mon nouvel auteur fétiche, est prévue pour le 15 décembre. Une LC avec Pitivier, mais vous êtes tous et toutes les bienvenus. Il suffit de m'envoyer un mail. De mon coté, j'attends toujours mon livre qui n'est pas encore arrivé chez mon libraire...


+++ Du coté des partenariats +++



Coté partenariats, je viens de terminer "Les Cathédrales du vide" de Henri Loevenbruck. Il s'agit d'un thriller édité par J'ai Lu que je remercie déjà pour le livre. La chronique devrait venir demain. Il s'agit de la deuxième aventure de Ari Mackenzie, pour ceux qui connaissent, et ma première lecture de cet auteur rencontré à la Foire du Livre de Bruxelles.

J'ai également reçu "La fuite dans les ténèbres" de Sarah Ash, livre édité par Le Livre de Poche (que je remercie au passage), qui me renverra dans une belle aventure de fantasy. Première découverte littéraire de Sarah Ash pour moi. J'attends quelque chose de bien là... Mais on verra!

J'attends encore le livre "Le coup du cavalier" de W.J. Williams de chez L'Atalante qui me semble bien sympathique... Mais cela traîne, dommage. Un auteur relativement bien coté dans la SF... espérons ne pas être déçu donc!

J'attends également très prochainement un polar de Nicolas Jaillet intitulé "Sansalina" qui initie un partenariat que j'espère durera entre Folio (éditions Gallimard) et Naufragés Volontaires.

Au passage je remercie, une fois de plus, Madame Lombardo qui est la directrice de collection chez Fleuve Noir et Pocket pour le gentils mots sur mon blog : "Je trouve votre blog très intéressant et, ce qui ne gâche rien, très bien réalisé." Ca fait très plaisir... et puis on verra si un partenariat se met en place.

Cela dit, chers lecteurs et lectrices, tous vos commentaires me font énormément plaisir et je les attends à chaque fois avec impatience! Vraiment.

Bon, avec tout cela... il va falloir que je lise vite et bien. Mais cela vous fera des chroniques de lectures à vous mettre sous la dent!


+++Et le reste alors? +++



Sans doute entamerais-je enfin la lecture de Laurent Gidon. Mon livre de "Djeeb Le Chanceur" est arrivé, il ne me reste plus qu'à trouver le temps de pouvoir retourner dans la prose de cet auteur suisse découvert au travers de Bifrost sous son pseudo Don Lorenji.

Prochainement, dans un futur encore incertain, mes chroniques devraient être adaptées et publiée sur Shoot Me Again, un webzine dont je suis le co-créateur. Un espace qui traite d'un tas de musiques alternatives mais qui depuis un moment aborde des aspects culturels plus larges... Alors autant parler lectures aussi non? Car finalement, la SFFF est aussi une littérature "alternative", non? Si vous souhaitez découvrir le webzine, suivez le lien ici à droite qui renvoie à une de mes dernière chronique musicale.

Allez, à bientôt j'espère...
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"Sous des cieux étrangers" de Lucius Shepard

Reçu et lu dans le cadre de la Masse Critique de l'Imaginaire organisée par Babelio, ce livre de Lucius Shepard me permet de découvrir et l'auteur et les éditions du Bélial. D'un coté, Shepard est un auteur à la plume plus qu'agréable et qui m'a franchement ravi. D'un autre coté Le Bélial est une maison d'édition qui m'attire depuis un bon moment avec ses beaux livres et ses auteurs de qualité!


+++ La quatrième de couverture +++

« Tout cela s’est passé il n’y a pas si longtemps sur la station Solitaire, par-delà l’orbite martienne, là où sont assemblés et lancés les astronefs de reconnaissance qui s’évanouissent dans une gerbe de feu de plusieurs milliers de kilomètres de diamètre, et c’est arrivé à un homme du nom de William Stamey, mieux connu sous le sobriquet de Bernacle Bill. Une minute, rétorquerez-vous sans doute, j’ai déjà entendu cette histoire. Elle a été racontée et reracontée. À quoi bon la ressasser ? Mais qu’avez-vous vraiment entendu ? »

En cinq longs récits d’une implacable justesse, Sous des cieux étrangers, manière de pendant à Aztechs, lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire 2007, fait éclater les frontières des genres et célèbre la modernité d’une littérature ciblant le cœur de l’âme humaine.


+++ Mon avis +++

Présenté sous une couverture au dessin magnifique, signé Pascal Casolari, Le Bélial nous offre ici un somptueux recueil de nouvelles. Mais si cette première page alléchante attirera un lectorat SF space opera, le livre ne devrait pas passer outre des mains de fans de fantastique. Car finalement, mis à part "Bernacle Bill le spatial" qui joue franchement la carte SF space opera, pour le reste on est plus proche du fantastique qu'autre chose.

La première chose qui m'a impressionnée, c'est la plume de Lucius Shepard. De longues phrases, peut-être alambiquées pour certains mais qui profitent d'un rythme et d'un poésie qui me plaît beaucoup. Une prose riche, belle et agréable qui, si l'on se prête au jeu, vous emportera dans un univers imaginaire des plus agréable.

Mais venons-en aux textes... Le Bélial nous a concocté ici un bien beau recueil de 5 nouvelles chacune longue d'environ une centaine de pages. Presque 5 mini-romans sous la main et 5 occasions de rencontrer l'imaginaire SF et fantastique de l'auteur baroudeur. Malheureusement pour les fans ultimes de l'auteur, il ne découvriront dans ce recueil que trois textes inédits : "Dead money", "Limbo" et "Des étoiles entrevues dans la pierre". Les deux autres ayant déjà été publiées en français auparavant : "Bernacle Bill le spatial" (parue en 1994 dans l'anthologie "Futurs à Bascule") et "Radieuse étoile verte" (parue dans le Bifrost n°51). Néanmoins, pour un néophyte comme moi, j'avais de quoi me mettre sous la dent. Et avec bonheur en plus!

Mais commençons avec le premier texte : "Bernacle Bill le spatial". Ce premier texte profite, semble-t-il d'une nouvelle traduction. L'occasion d'améliorer un texte qui a reçu le Prix Hugo en 1993. "Bernacle Bill le spatial" nous emmène sur le sol martien , dans la station "Solitaire", où l'on rencontre le brave idiot du coin, Bernacle Bill, tête à claque patentée de la collectivité. C'est à peine s'il est juste toléré dans une station spatiale où les erreurs génétiques ne sont normalement pas admises, mais sa mère ayant falsifiés ses papiers a permis à Bill de voir le jour sur Mars. Reclus abonné aux plaisirs virtuels et passionnés des bernacle spatiaux, il se voit un jour sauvé d'une dérouillade en règle par John, un responsable de la sécurité, qui le prendra ensuite sous son aile. L'atmosphère est lourde durant toute la nouvelle, un huis clos dans une station spatiale qui permet de mettre en avant les relations humaines et la tension naissante imposée par un extrémisme religieux importée par l'Inconnue Magnificence. Shepard crée des personnages attachant dans un espace clos assez cruel. Il y distille une atmosphère pesante et enivrante qui vaut vraiment le détour! Un texte qui mérite amplement son Prix Hugo!

Le second texte est "Dead Money". Celui-ci tient plus du polar, ou du thriller sur fond de fantastique que de SF pure. L'étrange atmosphère fantastique dégagée par ce texte est vraiment prenante, et une fois de plus ce sont les relations entre les personnages qui donnent tout le sel de ce texte qui a un petit coté déjanté mais tragique en même temps. "Dead Money" est une nouvelle faisant suite au roman "Les yeux électriques" publié par Lucius Shepard en 1987 et 1992 pour ses éditions françaises. Bref une initiation à un univers étranges mais intéressant, ou une redécouverte pour qui aurait déjà lu ce livre.
Dans "Dead Money", Lucius Shepard joue sur la réanimation des morts et le culte vaudou. Zombies réanimés et animés par une nouvelle personnalité, ils ont tout de l'humain normal, avec le coté extra-ordinaire en plus. Notamment Josey Pellerin qui se retrouve champion de poker dans sa nouvelle vie. Materné par la belle Jocundra Verret au frais de sa société qui pratique ses expériences... douteuses? Mais voilà, qu'un jour, lors d'un poker particulier, Jack Lamb repère ce Josey... et en parle ensuite à son truand de patron. S'ensuit une relation étrange, entre amour et contrôle, sur fond d'atmosphère fantastique et de zombies déjantés.

Le troisième texte, "Radieuse étoile verte", n'est peut-être pas le meilleur à mon avis. Il démarre sur un fond de SF qui n'est pas sans me rappeler l'avenir sombre dépeint par Catherine Dufour dans son "Le goût de l'immortalité". Malheureusement, ici on est face à une banale histoire de vengeance. Un adolescent se voit visité en songe par sa mère, via une bio-puce pornographique, qui lui demande de tuer son père. Là c'est du complexe oedipien, non? Bref, pas de grande surprise dans cette histoire sur fond de manipulation et de vengeance. Rien de bien original si ce n'est le fond SF et le cirque du futur. Un bon moment de détente néanmoins.

On continue avec "Limbo" qui nous plonge lui en plein fantastique. Jack Shellane, ex-mafieux en cavale, vient prendre refuge dans un chalet forestier perdu des USA. Se noue une relation avec la belle Grace, qui entre amour et tentation, manipulera Shellane pour la venger de son mari. Jeu de cache cache, de non-dits et de désir, il se dépeint ici une histoire fantasmatique au réalisme intriguant. Encore une fois Lucius Shepard nous mène gentiment au travers de son phrasé là où il veut. Un bon texte, onirique et glauque, qui se lit avec plaisir malgré certaines parties sur la fin que j'ai trouvée mouais-bof.

Le cinquième et dernier texte nous emmène dans des aventures plus rock'n roll. "Des étoiles entrevues dans la pierre" est, une fois de plus, un texte fantastique lorgnant sur certains terrains SF. Avec ce texte Lucius Shepard nous montre qu'il peut rivaliser facilement avec des écrivains comme Stephen King.
Dans une ville sidérurgique sur le déclin, patelin qui n'est pas sans rappeler Liège, on se retrouve à suivre Vernon, un producteur de musique qui vient de trouver son nouveau poulain : un guitariste de blues rock aux mœurs plus que douteuses. Mais voilà qu'un jour, des étoiles apparaissent sur la bibliothèque du bled, et une effervescence particulière naît de la ville. Des gens dont on ne se doutait de rien se retrouvent affublés d'un talent incroyable, bref Black William découvre le bonheur de l'intelligence ultime. Mais à coté de cette étrangeté, d'autres meurent d'une manière inexpliquée, ce qui intrigue Vernon...

Au final, "Sous des cieux étrangers" est un bien sympathique recueil de nouvelles. "Bernacle bill le spatial" est sans doute mon préféré. "Radieuse étoile verte" est passable à mon avis même s'il reste distrayant. "Dead Money" était d'une lecture fort agréable et donne envie d'aller voir plus loin avec le roman sus-nommé. "Limbo" et Des étoiles entrevues dans la pierre" sont des excursions sympathiques dans le fantastiques, style dans lequel Lucius Shepard semble brillé autant que les auteurs mainstream de ce genre! De plus l'auteur profite d'une bien belle plume, sans doute bien rendue par la traduction de Jean-Daniel Brèque, style que j'ai beaucoup apprécié donc et qui m'a permis de lire ce recueil rapidement et avec plaisir! Un sympathique bouquin à conseiller donc et pour moi une belle porte d'entrée dans l'univers de Lucius Shepard, auteur malheureusement fort méconnu par ici.

Tiens, au fait, je suis fan de la couverture de Pascal Casolari.


+++ Et Cetera +++

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Le Bélial pour m'avoir fait découvert Lucius Shepard au travers de ce recueil. Une bien belle plume que je pense approfondir au travers de "Aztechs" plus tard.
Le site des éditions Le Bélial
Le livre aux éditions Le Bélial

Je remercie également Babelio pour cette Masse Critique de l'Imaginaire. C'est une bien belle démarche que je soutiens avec plaisir!! Le site de Babelio est accessible via le lien/image ci-dessous.



+++ Le livre +++
  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Le Bélial (11 février 2010)
  • Collection : Roman

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"Martyre" - précédée de "Ken" - de Yukio Mishima

Et hop, deuxième lecture pour le Challenge In The Mood For Japan. Deuxième découverte également car je ne connaissais pas Yukio Mishima. Auteur sympathique mais pas encore transcendant... Incursion dans des relations cruelles et étranges.


+++ La quatrième de couverture +++
Comment qualifier les sentiments ambigus qu'éprouvent l'un pour l'autre Hatakeyama et Watari ? Les deux adolescents hésitent entre haine, désir, fascination et cruauté. Jusqu'où leurs jeux troubles peuvent-ils les conduire ?

L'équipe de kendô a pour capitaine Jirô, l'un des meilleurs sabres (ken) du Japon. Tous lui envient sa force, sa beauté et son talent. Lorsque le club part faire un stage d'une dizaine de jours, les ambitions et les rivalités entre les membre de l'équipe s'exacerbent…

Deux nouvelles raffinées et cruelles qui mettent en scène des adolescents à la sexualité trouble.


+++ Mon avis +++

Avec ce petit livre Folio à 2euros je ne fais qu'une brève incursion dans l'univers livresque de Yukio Mishima. L'occasion de continuer ma découverte de la littérature nippone...Et de faire ma deuxième lecture pour le challenge "In The Mood For Japan".

Ce petit recueil est mal nommé je trouve... L'intitulé devrait être "Ken" et non "Martyre" car ce dernier ne fait que 20 pages alors que le premier texte en fait une centaine. Bref, un étrange choix éditorial basé surement sur toutes les images que le mot Ken laisse entendre dans nos esprits occidentaux.

Des deux textes "Ken" est pour moi le meilleur. L'histoire se passant sur fond de Kendo et d'entraînement intensif, il m'a inévitablement rappelé mes années de compétition de Judo et mes entraînement d'Aikido Takeda Ryu. Les termes plus techniques, propres aux arts martiaux traditionnels n'étaient pas nouveaux donc pour moi. C'était même un réel plaisir de lire une histoire sur ce genre de fond. Mais même s'il tout se passe dans une école de Kendo, la but premier de ce texte est de parler de relation. On y suit les différents personnages ainsi et surtout leur manière de voir les autres, créant ainsi des instantanés émotionnels sur leurs relations particulières voir cruelles... Un chouette texte donc.

Le deuxième est un peu bref... Même un peu trop à mon goût. Tout est trop vite emballé et cela manque un peu de profondeur. Une fois de plus il est question de relation sur fond de cruauté. A croire que la cruauté est un exutoire au Japon pour compenser des relations difficile à gérer?

Au final, un petit livre agréable, mais un avis mitigé. Une petite découverte supplémentaire du Japon littéraire, mais qui ne me donne pas envie d'aller y voir plus profondément tout de suite. Si "Ken" m'a bien plus, "Martyre" ne m'a pas trop plus. Peut-être faudrait-il tenter une incursion dans son oeuvre romanesque plutôt que la dimension nouvelles, peut-être que la longueur du texte me permettrait de mieux rentrer dedans.


+++ Et Cetera +++


Challenge In The Mood For Love : 2/6
- Les modalités
- La récap' !
- Des pistes de lecture


Autres liens :
Wikipedia



+++ Le livre +++
  • Poche: 128 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (6 mai 2004)
  • Collection : Folio

"Paroles de terre" de Pierre Rabhi

Un livre magnifique. Une ode à la vie et à la terre. Le message d'un homme humble et de sa relation à la terre. Pierre Rabhi se fait philosophe et nous conte, tel un griot, la réconciliation avec la Terre-Mère au travers d'une histoire toute symbolique.


+++ La quatrième de couverture +++

Pierre Rabhi a fondé toute sa philosophie de vie ainsi que son travail de mise en valeur des régions arides et des cultures traditionnelles sur l'ardente passion qu'il voue à la Terre. Après Du Sahara aux Cévennes ou la reconquête du songe, il plaide ici en faveur de l'indispensable réconciliation avec notre Terre-Mère, aussi réelle que symbolique, aussi essentielle dans la pratique que sur le plan spirituel.
Sous forme de récit préfacé par Yehudi Menuhin, Parole de Terre dresse le bilan d'une civilisation qui, voulant dominer la Terre, la mutile, la torture et la désacralise. A travers Tyemoro, le personnage principal, s'expriment la souffrance et l'abandon dont sont victimes les peuples traditionnels du Sud, soumis à la logique désastreuse du productivisme agricole.
Cette initiation africaine, d'une portée universelle, veut nous ouvrir les yeux et alerter nos consciences sur les exactions commises à l'encontre de la planète, mais aussi à notre détriment, car Pierre Rabhi nous le rappelle : notre destin est lié à celui de la Terre d'une manière irrévocable.


+++ Mon avis +++

Sous-titré "Une initiation africaine", le livre "Parole de terre" est sommes toute une espèce de conte philosophique. Pierre Rabhi, agriculteur de son état, nous partage sa pensée et son attachement à la terre. Homme de terrain, mais également penseur engagé, il est reste également un bel écrivain et au travers de ce livre, ce Français, fils d'un forgeron algérien, partage avec nous une bien belle histoire.

Partagé entre le récit de Tyémoro qui nous raconte le pays noir du temps jadis, au travers d'une histoire qui tel un conte de griot nous transporte à travers le temps et l'espace. Mais il y'a aussi Ousséini qui a vécu chez les Blancs et qui connait ainsi leurs travers. Mais de ce mélange entre passé et futur, entre sagesse ancienne et savoir moderne va renaître une confiance et une envie commune de faire avancer les choses pour le mieux dans le village de Tyémoro.

Ce livre, l'air de rien et sous un ton très poétique, va nous amener à réfléchir sur les méfaits de l'agriculture intensive, la logique productiviste, la colonisation des pays du Sud, etc. Mais il portera aussi sur le coté positif des choses, ce que de manière commue nous pouvons amener, ce que le rattachement à notre terre (je ne parle pas de nationalisme ici bien sur!!!) peut amener. Les occidentaux que nous sommes nos plus les pieds sur terre, mais sur le béton. Tout va vite, mieux, plus grand, moins cher, et encore plus, plus plus. Bref, nous avons perdu la réalité du rythme de la vie, du besoin de l'homme d'être près de la nature et de vivre avec elle plutôt que de la dominée comme l'ont voulu les philosophies et religions occidentales.

Pierre Rabhi apporte des réflexions, mais n'impose rien. Il donne envie de passer à l'acte, d'enfin réaliser se rattachement à la terre, de mettre les mains dans cette manière noire qu'est le sol. Cela fait résonner en moi cette fibre écologique qui m'anime depuis tout petit. Et c'est ce genre d'ouvrage, parmi tant d'autres, parmi mille réflexions et débats, qui me pousse à devenir moi-même paysan. De passé d'un certain amateurisme du dimanche au professionnalisme engagé. M'enfin, cette réflexion personnelle sur ma vie nécessiterait un bien plus gros billet également.

Cependant, et pour terminer, je ne me priverai pas de vous faire profiter de ce passage ci-dessous qui m'a pas mal touché lors de ma lecture. Un livre à lire!!!

Extrait :

"Au bout d'une longue patience, j'ai enfin compris que je pouvais commencer à toucher à la terre. Je ressentais comme un ordre tranquille dans mes sentiments et au-dehors, sur ces terres redoutées où le vent souffle d'une étrange manière. J'ai senti cette terre m'adopter comme un orphelin, comme un enfant à l'abandon, et non devenir ma conquête. Et cette terre devint mère, inséparable des étoiles, du soleil, de la lune et d'autres astres répandus comme des semences sur l'immense champ céleste. Des fluides invisibles circulent en tous sens. La terre devient aussi une femme, une épouse, dont les noces ne s'achèvent jamais. Le soleil lui fait don de sa chaleur et de l'éclat de sa lumière, la lune et les étoiles semblent accomplir une danse éternelle en son honneur. Et lorsque l'eau du ciel l'abreuve, elle déploie ses innombrables miracles." (p118-119)


+++ Et Cetera +++

Le livre sur : Livraddict et Babelio.

Pierre Rabhi : son site web, sur Wikipedia,

Le site d'Albin Michel


+++ Le livre +++
  • Poche : 245 pages
  • Editeur : Albin Michel (29 août 1996)
  • Collection : Espaces libres
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"Blind Lake" de Robert Charles Wilson



Avec cette lecture commune partagé avec Cachou, je peux maintenant confirmer une chose : Robert Charles Wilson est un de mes auteurs favoris. Certes ce n'est que ma troisième lecture de son œuvre, mais je suis à chaque fois sous le charme! Et il me presse de lire le reste de son œuvre dont une partie est déjà en attente sur ma PàL. Certes ce n'est pas son meilleur livre, mais un très bon tout de même!


+++ La quatrième de couverture +++

Utilisant une technologie quantique qu'ils ne comprennent pas totalement, les scientifiques des complexes de Crossbank et Blind Lake observent des planètes extraterrestres distantes de la Terre de plusieurs dizaines d'années-lumière. A Blind Lake, Minnesota, Marguerite Hauser s'intéresse tout particulièrement à un extraterrestre qu'elle appelle "le Sujet ", mais que tout le monde surnomme "le homard", à cause de sa morphologie. Et voilà qu'un jour, personne ne sait pourquoi, le Sujet entreprend un pèlerinage qui pourrait bien lui être fatal. Au même moment, l'armée américaine boucle Blind Lake et instaure une quarantaine qui tourne à la tragédie quand un couple qui tentait de s'échapper en voiture est massacré par des drones de combat. Que se passe-t-il à Blind Lake ? Avec ses personnages débordant d'humanité, Blind Lake prouve une fois de plus l'immense talent de Robert Charles Wilson.


+++ Mon avis +++

Depuis la lecture des "Chronolithes" en ce début d'année, première approche époustouflante de l'oeuvre de R.C. Wilson, je suis devenu fan de l'écriture de l'auteur ainsi que de sa manière d'aborder la Science-Fiction d'une manière fort personnelle, psychologique et humaniste. Ensuite avec la lecture de "Spin", œuvre magistrale, j'en suis venu à confirmer cette avis déjà plus que positif. "Blind Lake" est donc ma troisième approche littéraire de R.C. Wilson, et si je ne me trompe pas, je découvre ses écrits à rebrousse-temps.

Une fois de plus je suis conquis, et à tel point que j'ai rapidement engloutis ce livre qui de prime abord ne me paraissait pas le plus attirant. Avoir pour sujet de livre l'observation scientifique d'un extraterrestre qui se trouve à des années lumières de nous n'est pas forcément des plus attirant. Cependant, comme à son habitude, cela n'est qu'un prétexte parmi d'autres pour aborder l'humaine condition et la psychologie des différents personnages. Cette fois, et contrairement aux "Chronolithes" et à "Spin", R.C. Wilson s'attaque à suivre plusieurs personnes à la fois... en fait pas mal même, sans que l'un ou l'autre ne soit réellement mis de prime abord comme héros central. Wilson aimant jouant, me semble-t-il, des personnages secondaires comme réels héros ou moteur d'aventure.

Au début, on suit un groupe de journalistes qui viennent réaliser un reportage sur la base d'observation "Blind Lake". Là, on y observe, via une technologie quantique pas vraiment maîtrisée ni réellement comprise, un extraterrestre situé bien loin de chez nous, un être vulgairement appelé "Le Homard" . Mais voilà qu'ils se retrouvent en quarantaine avec tout le reste de la base, permanents et journaliers, pour une raison inexpliquée et une durée indéterminée. De là naît une ambiance anxiogène qui va perdurer durant tout le livre et ceci d'autant plus qu'aucun contact ne se fait avec l'extérieur si ce n'est la nourriture qui leur est livré par un véhicule militaire auto-guidé. Une fois de plus, R.C. Wilson joue sur une anxiété, une peur, une menace extérieur car ces gens sont coincés et ils ne savent pas pourquoi. encore moins savent-ils quand tout cela prendra fin. Alors certains tentent le coup... et meurent. Sur cette toile de fond, R.C. Wilson tisse les liens entre les différents personnages, créant un réseau social humain et peignant ainsi au passage la vie d'une communauté enfermée par un blocus. Là est tout le plaisir et le maestro de Wilson, cette manière de jouer le psychologique et de peindre des gens vrais, des personnages quasi réels. Là est le point fort de l'auteur à mon avis, même si la sérénité apparente de ce blocus peut paraître peu crédible.

Les choses avançant, certains personnages prennent de l'importance, des accidents ont lieux, et finalement ce roman construit sur un fond science-fiction prend des allures de thriller. Le coté psycholgique de Wilson renforce peut-être ce point de vue, mais il est vrais que plus le livre avance et plus ce sentiment de thriller devient présent à mes yeux.

J'aime toujours le jeu de Wilson avec la lenteur. Les choses se mettent en place, gentiment, puis quelque chose advient. Une angoisse naît et la vie continue avec cette menace permanent, cette tension nerveuse latente. Et Wilson tisse les relations, développent ses personnages lentement. Ce n'est qu'ensuite, souvent relativement tard que se développe une réel aventure. Wilson est à rebrousse-poil des livres d'aventure pure jus, et cela me plaît bien. (Même si vous le savez, j'aime l'aventure aussi!)

De plus Gilles Goullet nous rend une fois de plus la plume de Robert Charles Wilson d'une manière magistrale. Et il faut dire ce qui est : on oublie souvent le travail effectuer dans l'ombre par les traducteurs. D'autant plus que le travail est franchement bien réussi.

Au final, peut-être pas le meilleur Wilson d'après certains, on se doute fort bien que tout va bien se terminer et surtout le livre n'a pas le coté éblouissant de ses œuvres majeures, mais pour moi cela reste un très bon roman tout de même, avec ses qualités et ses défauts.


+++ Et Cetera +++

Les éditions Denoël (Collection Lunes d'Encre)
Les éditions Folio SF

Le livre sur Livraddict et sur Babelio.

Et l'article de Cachou, ma collectrice pour ce coup-ci! Encore merci à elle.


+++ Le livre +++
  • Poche: 478 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (3 septembre 2009)
  • Collection : Folio SF
  • Broché: 415 pages
  • Editeur : Editions Denoël; Édition : DENOËL . (9 novembre 2005)
  • Collection : Lunes d'encre

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On arrête pas le progrès sur Naufragés Volontaires, hein? Alors voici que j'ai créé ce matin une fan-page sur Facebook. Choissisez votre camp : Twitter ou Facebook! Mais ceci vous permettra de suivre les aventures livresque de ce blog!



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"Le monde vert" de Brian Aldiss

Malgré une première lecture sympathique de Brian Aldiss, au travers de son "Croisière sans escale", ici j'en sors franchement déçu, voir ennuyé... Alors que ce livre est généralement considéré comme classique grâce à son Prix Hugo reçu en 1962.


+++ La quatrième de couverture +++

La Terre se meurt sous la menace du Soleil sur le point d'exploser. A sa surface s'étend une immense jungle peuplée de végétaux qui se sont peu à peu adaptés à cet environnement hostile. Les derniers descendants de l'espèce humaine tentent tant bien que mal d'échapper aux nombreux périls qui les entourent. Gren, un enfant- homme séparé de son clan, part à l'aventure et, en affrontant diverses espèces végétales, le plus souvent mortelles, découvrira certains des secrets de ce nouveau monde, intégralement vert. Classique de la science-fiction, Le Monde Vert nous entraîne dans un futur lointain, étrange et familier à la fois. Un roman couronné par le prix Hugo en 1962 mais qui, à l'heure des dérèglements climatiques annoncés, est toujours d'actualité, tout en réussissant à rester optimiste.


+++ Mon avis +++

Je gardais un relativement bon souvenir de ma lecture de "Croisière sans escale", livre lu en cet été 2010 d'ailleurs, mais "Le monde vert" laisse un goût amer d'un livre plutôt bof de chez bof.

Comme dans "Croisière sans escale", Brian Aldiss use d'un ton détaché des personnages. On les suit de haut, comme si on regardait l'ensemble au travers d'une caméra à l'épaule, sans être à fond dedans. Ce détachement n'aide pas forcément à entrer dans l'aventure, mais s'il n'y avait que cela...

Brian Aldiss nous présente au travers de ce Monde Vert une histoire du futur, notre monde tel qu'il pourrait être dans plusieurs siècles. Un monde dans lequel l'homme à involué, régressé pour retourner à l'état sauvage. L'être humain n'est plus qu'une bête sauvage, à tel point que cela donne un goût de guerre du feu. J'ai parfois eu l'impression de lire une histoire de Tarzan, encore que j'avoue n'avoir jamais lu d'aventure créé par Edgar Rice Burroughs. Ces héros sont donc assez primitifs et leur psychologie reste primitive. Mais cela n'exclu pas de pouvoir développer cela dans son livre, cependant Brian Aldiss laisse cela à un niveau assez plat, rendant le livre très banal. Cela fonctionnait peut-être avant, dans les années 1960, mais maintenant plus trop. On a juste en mains un livre d'aventures pure jus, sans même un dialogue intéressant, sans même un personnage un peu fourni et développé. Le livre se lit facilement car le phrasé est souple, mais on ne s'accroche pas aux héros. Voir même difficilement au Monde Vert où les animaux ont à priori disparu pour être replacés par des plantes sauvages, qui volent, se déplacent et attaquent comme des prédateurs de la jungle. Difficile à avaler et d'autant plus rebutant que cela réduit la pression de sélection à la loi du plus fort point barre. J'en passe et des meilleurs bien sur...

Par contre, on peut laisser à Brian Aldiss le fait de ne pas ériger un personnage en héros multiple. Il n'a pas peur de zigouiller ceux-ci si besoin est mais malheureusement, cela ne rattrape pas tous les défauts de ce livre. Le final du livre donne quelque chose qui aurait pu être intéressant, mais il aurait fallu fouillé un peu le tout, rendre les héros plus profonds et leurs dialogues intéressants. Voir raccourcir l'ensemble.

Enfin bref, "Le monde vert" est un Prix Hugo, un livre souvent érigé en classique du genre et souvent pris comme une porte d'entrée dans l'oeuvre de Brian Aldiss. Pour moi c'est un livre qui a très très mal vieilli. Une lecture dont on peut se passer, ou alors j'ai du louper quelque chose... ainsi que mes compagnons de lecture du Cercle d'Atuan. Un livre à réserver aux fans de Aldiss donc.


+++ Et Cetera +++

Lecture effectuée dans le cadre du Cercle d'Atuan :
Le Hit Parade du Cercle d'Atuan

Le livre sur Babelio et Livraddict.


+++ Le livre +++
  • Poche: 327 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (5 février 2009)
  • Collection : Folio SF
Nombre de visites depuis janvier 2010
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A propos

"Naufragés Volontaires" est actuellement une fenêtre ouverte sur la littératures d'aujourd'hui ou d'hier. Qu'elle soit imaginaire ou non. Même si autrefois le blog fut musical et littéraire.

Lecteur compulsif je suis, mais critique littéraire je ne le pense pas. J'aime juste partager mes plaisirs d'évasion. En espérant que ceux-ci vous plairont également.

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Editeur : Julien Vanderhaeghen
Q.G. : Liège en Belgique
Contact : julien.vdhg@gmail.com

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