"La perfection du tir" de Mathias Enard

Comment en suis-je arrivé à lire Mathias Enard? Par intérêt particulier comme temps d'autres vu ce que l'on peut lire de son livre "Zone"? Non, pas du tout. Juste un pur hasard... Voilà qu'un jour je me promène dans l'une de mes librairies favorites avec un besoin urgent d'investir dans un livre. Lequel choisir? Voilà que ce livre me tombe entre les mains. La quatrième de couverture semble alléchante. J'ouvre le bouquin et me lit la première page pour me faire une idée... Et là, vlan, je me retrouve happé par le style littéraire de Mathias Enard.

"Le plus important, c'est le souffle.
La respiration calme et lente, la patience du souffle; il faut d'abord écouter son propre corps, écouter les battements de son coeur, le calme de son bras, de sa main. Il faut que le fusil devienne une partie de soi, un prolongement de soi.
Avant même la cible, l'important c'est soi-même. Il faut organiser l'espace, qu'on se trouve sur un toit, derrière une fenêtre, n'importe où, il faut le contrôler, le faire sien. Rien de plus ennuyeux que le passage d'un chat dans son dos, ou l'envol d'un oiseau. Il faut être soi et rien d'autre, l'oeil dans sa lunette, le bras métallique tendu vers la cible, pour le rejoindre. Depuis mon toit je parcours les trottoirs, j'explore les fenêtres, j'observe les gens vivre. Je peux les rejoindre d'une pression sur la détente. Ce n'est pas simple, bien au contraire, c'est un métier difficile qui demande précision et concentration. Les gens pensent uniquement au coup de feu et au résultat du tir. Ils ne savent pas que j'ai écouté les battements de leur coeur à travers le mien, que j'ai retenu toute émotion, que je me suis arrêté de respirer, juste avant de presser la détente, comme on dit, mais je ne presse rien, au contraire, je libère un chien de métal qui vient frapper un point de percussion qui enflamme une poudre qui propulse un projectile jusqu'à douze cents mètres et qui vous tue. Ou pas. ..."

On se retrouve vite happé par l'histoire du narrateur dont on ne connaîtra jamais le nom. Un voyage étrange, on ne sait où si ce n'est quelque part dans un pays en guerre. Un parallèle avec toute guerre actuelle ou passée est envisageable. Ni bon ni méchant. Il y'a eux et nous. Il y'a nous et le narrateur. Un homme qui ne fait qu'un avec son fusil. Happé que l'on est dans l'histoire étrange d'un type déboussolé et inadapté pour qui le tir parfait est le summum de l'art et de la vie.

Mais un jour la jeune Myrna entre dans sa vie. Elle est là pour s'occuper de la mère folle du narrateur. Et tout bascule pour ce dernier. Lentement. Mais surement. Et celui-ci se retrouve confronté à ses pulsions masculines et à ses cauchemards de guerre.

Mathias Enard nous fait suivre au travers des pages le délire éveillé de ce détraqué de la guerre. La violence est toujours présente. Le mal vous colle à la peau de page en page. Rien de positif. Rien de guai. Aucune image de bonheur. Rien. Et pourtant le coté perturbé de notre narrateur a quelque chose d'esthétique. De là à l'appeler esthétique du chaos, il ne reste qu'un pas à franchir...

+++ Mon avis +++

Une écriture très prenante, même doué d'une certaine poésie. On accroche rapidement à la vie du narrateur et à sa psyché complexe. Pourtant il est arrivé un moment où je me suis presque ennuyé. Mais juste le temps de se le dire pour que Mathias Enard relance la machine en dispersant les protagonistes et relancer l'histoire.

Un livre certes pas très joyeux mais sur lequel on peut garder une certaine distance. Une oeuvre qui nous dépeint avec une certaine beauté obscure le mal qui sous-tend l'humanité. Une cruauté qui s'exprime malheureusement aux confins de notre monde actuel...


+++ La quatrième de couverture +++

Tout est dans la concentration. Tout est dans la patience, le calme, la maîtrise du souffle. Les bons jours, un seul tir parfaitement réussi suffit à lui donner la joie du travail accompli. Alors, le narrateur redescend de ce toit d’immeuble où il s’était embusqué pour tuer – dans cette ville livrée à la guerre civile –, et il rentre chez lui, retrouver sa mère à demi folle. Puis survient Myrna, une jeune fille de quinze ans embauchée pour prendre soin de la mère malade. Myrna dont la naissante féminité devient pour lui un objet de fascination, un rêve d’amour – l’autre chemin vers la perfection ? Mathias Enard décrit avec une saisissante empathie la psyché de son héros, complexe et perturbée. Le réalisme et la paradoxale poésie de sa langue reflètent la cruauté d’un monde abandonné au mal, sans autre bonheur que l’excellence dans l’art d’imposer inexorablement la loi de la force.

+++ Sur le Web +++

Fiche du livre chez Babel (Actes Sud Editions)
Mathias Enard sur Wikipdia
Une biographie de l'auteur

+++ Le livre +++

Prix des cinq continents de la francophonie (2004)
  • Poche: 180 pages
  • Editeur : Actes Sud (15 août 2008)
  • Collection : Babel
  • Prix Approximatif : 6,50 EUR

Mon empreinte écologique

Ce matin je me suis amusé à recalculé mon empreinte écologique sur le site du WWF. Je savais déjà que je n'étais pas très haut... Mais c'est amusant de refaire le calcul. En même temps, le résultat était couru d'avance (je ne mange jamais de viande, je n'ai pas de voiture, je ne pars pas en vacances, je mange plutôt Bio et surtout local et de saison, etc).

Evidemment le calcul est fait sous forme de raccourcis, mais cela donne une idée générale de son niveau d'impact sur l'environnement. A partir de ce résultat, on peut ensuite voir sur quoi on peut agir pour mieux améliorer son empreinte. Comme par exemple : manger moins de viande, moins rouler en voiture et prendre les transport en commun, acheter des fruits et légumes de saison, consommer ses énergies de manière économique, etc. Enfin, rien de bien innovant tant on en entend parler ici et là... Cependant, il reste encore beaucoup de choses à faire.

Cela dit, mon empreinte, enfin celle du ménage (4 personnes) et de 1,9 Ha par personne. Pour avoir une idée, on est entre l'Africain (1 et qqch Ha), et celui du Belge moyen (5 et qqch Ha). Evidemment, on est très loin de l'américain qui crève le plafond!

Allez, pour juste le fun et pour peut-être vous investir ou au moins y réfléchir, je vous invite à calculer votre empreinte ici :

http://www.wwf-footprint.be/fr/ (pour nos amis Français, faites le ici)

Evidemment mon but n'est pas ici de vous dire "moi je suis mieux que vous!". On s'en tape! Le but du jeux est de vous inviter à calculer votre empreinte et ensuite de voir selon vos besoins ce qui est adaptable. Moi je vis en ville, donc pas besoin de voiture, je suis à proximité d'une gare, de commerces, et d'un tas de choses. Donc c'est inévitablement plus simple qu'en rase campagne... Mais un tas de petites choses sont réalisables (ex : se passer de tomates en hiver!!!)

Sur le web:

L'empreinte écologique sur le site du WWF

"Les Neuf Princes d'Ambre" de Roger Zelazny

"La Main d'Obéron" - Tome 4 des "Neuf Princes d'Ambre"

Suite à la lecture du Bifrost dédié à Roger Zelazny, je me suis dit qu'il falait vraiment que je continue et termine la série des Neufs Princes d'Ambre. Jusque là j'en avais lu que trois tomes sur une série de deux fois cinq livres. J'avais beaucoup aimé... et je ne sais pas pourquoi, j'ai oublié de continuer la série. Peut-être cette salle manie de lire un livre, puis un autre, puis encore un autre, pour se divertir entre les longues séries de livres. La Fantasy étant le genre typique où les tomes s'empilent et s'accumulent parfois juste comme si les auteurs devaient des pages pour le plaisir de leurs éditeurs. Mais Zelazny date d'une époque où la Fantasy n'était pas encore le Best Seller de notre sous-genre favori : l'imaginaire. Le gros avantage de Zelazny, c'est que ces tomes ne sont pas des livres de 600 pages minimum mais des bouquins de quelques 250 pages. Ca se lit et se déguste avec plaisir, enchaînant quelques belles phrases, des descriptions réussies sans être aussi longues et alourdies qu'un Tolkien (mais qui peut rivaliser avec le maître là-dessus?). Là où tout se trouve finalement c'est dans les trames familiales, les jeux de pouvoir et autres manigances sordides. Le tout se déroulant entre fantasy et science-fiction. A la confluence de ces deux genres magnifiques et le tout avec beaucoup d'idées et de verve. Un vrais bonheur quoi. Jen profite au passage pour remercier Bifrost de m'avoir remi Zelazny au goût du jour.

+++ Mon avis +++

Niveau histoire, j'avais perdu un peu le fil. Enfin, les détails du moins. Heureusement Wikipedia nous offre de bons résumés, tome par tome, où l'on retrouve l'histoire dans ses grandes lignes mais avec la substantifique moelle.

Pour ma part le retour dans les contrées d'Ambre ce fait par le tome 4 : "La main d'obéron". Celui-ci m'a un peu dérouté par instant tant il est chargé en manigances et autres perfidies. La famille se livre à un jeux cruel pour le pouvoir entre les différents univers soumis à Ambre.

Le style d'écriture de Zelazny peut presque se rapprocher d'un polar noir. Phrasé ciselé et doué d'une certaine teinte d'obscurité. Niveau des références, notre auteur s'intéresse beaucoup aux différentes légendes asiatiques et européennes. Il parraît que cela se retrouve au travers du cycle ici présent, mais... ma connaissance des légendes est hélas fort creuse pour que je puisse vous confirmer celà... Mais des gens plus malins que moi l'on vu eux!


+++ La quatrième de couverture +++
(Ceci peut se lire comme une présentation générale de la série)

Ambre est un royaume médiéval ; comme tous les autres il possède une capitale, un palais, une cour, une famille royale et des intrigues. Mais Ambre est aussi bien plus : lieu mythique considéré comme le centre de l'univers. Seul lieu réel, tous les autres n'en sont qu'un reflet, dans l'ombre, comme la Terre. Considérée comme très intéressante par la plupart des princes d'Ambre, elle leur sert de résidence secondaire, voire de cachette. Car la vie d'un prince ou d'une princesse n'est pas de tout repos. Seuls dépositaires du pouvoir quasi divin de se déplacer entre les mondes, ils n'en restent pas moins humains : au mieux rivaux, ils sont le plus souvent ennemis jurés. En effet, depuis la disparition mystérieuse d'Obéron, le père de cette grande famille, le trône est vacant et la succession des plus agitée.



+++ Sur le Web +++

Le cycle présenté sur Wikipedia
Une interview de Roger Zelazny (1971) sur ActuSF
Roger Zelazny sur Le Cafard Cosmique
Roger Zelazny sur ActuSF
Le cycle de Corwin (dont ce livre-ci) sur Elbakin
Roger Zelazny sur Elbakin
Bifrost spécial Zelazny sur mon blog
Le Bifrost spécial Zelazny chez Le Bélial

+++ Le livre +++
  • Poche: 250 pages
  • Editeur : Gallimard
  • Collection : Folio
  • Prix Approximatif : Environ 6,00 EUR le tome.


"Des Belges ont commencés à sauver la planète"



Un libre empreinté à la bibliothèque du quartier. Plus par curiosité que réel intérêt. Je ne sais pas pourquoi j'ai ce désintérêt face à une thématique qui me touche. C'est peut-être déjà le titre avec ce petit quelque chose de trop belgo-centriste et puis la collection de success story pouvaient m'être exaspérant.

Au final c'est pas si mal. Ca peut sans doute inviter les entrepreneurs nés à se lancer dans des projets dits durables... Et si vous en êtes, cela vous positivera dans votre action peut-être. Mais il manque pour moi un petit quelque chose de l'ordre de la taille de l'humain. Enfin c'est mon avis... Soit, j'ai tout même parcouru se livre en diagonale avec plaisir. Lisant ici et là des portraits sympathiques.





+++ La quatrième de couverture +++

D’un côté, il y a eu ces dernières années un extraordinaire bond en avant dans la sensibilisation aux enjeux de l’écologie et du développement durable. Presque plus personne ne conteste qu’il faille s’attaquer aux pollutions, aux inégalités sociales, au réchauffement climatique, aux grandes épidémies, aux conséquences de l’accumulation des déchets, aux problèmes pour la santé liés à certains choix économiques ou à certaines manipulations génétiques. D’un autre côté, nous devons constater que nos sociétés ne sont pas toujours prêtes à répondre de façon structurelle à ces défis. La tâche paraît énorme. Les réponses semblent souvent difficiles, controversées, voire inexistantes. Tout cela conduit souvent au sentiment que la réponse viendra d’ailleurs ou plus tard, et provoque une réaction qui consiste à ne (presque) rien faire. Ce constat contradictoire est à la base de ce livre. Bien sûr, il ne réussira pas à répondre à toutes les questions. Sa seule ambition est de montrer que, tout près de chez nous, des femmes et des hommes ont commencé à construire des solutions concrètes dans la plupart des domaines, de l’alimentation à l’énergie, en passant par la mode, la finance ou la construction, pour sauver la planète. Ce livre fait le portrait de quelques uns d’entre ceux qui, connus ou moins, ont ouvert la voie, en espérant que cela donne envie aux autres de les suivre.

Liste des protraits et autres informations sur le site d'Etopia.


+++ Le livre +++

ISBN 978-2-930558-02-8
Dépôt légal D/2009/11.983/3.
Prix TTC : 15 Euros


Le Cercle d'Athuan


Je vous en ai déjà une fois parlé, j'ai rejoint le Cercle d'Atuan.

Et non ce n'est pas une secte, ni un fan club, ni un je-ne-sais-quoi-d'autres. Le Cercle d'Atuan est un club de lecture communaitaire dédié aux littératures de l'imaginaire dont voici la présentation :

Ce lieu nait d'une constatation simple : il n'y a pas de groupe de lecture en français sur les œuvres de l'Imaginaire (Fantasy / Fantastique / SF / etc...). Ce lieu n'a pas pour vocation de remplacer les forums de discussions généralistes, mais plutôt d'y apporter un complément, en permettant de discuter plus en profondeur de certaines oeuvres.

Comment fonctionne ce groupe de lecture ?

La lecture du mois est choisie par vote pendant le mois précédent. Chaque membre peut proposer un ouvrage. Celui-ci doit être un livre au format poche, disponible à la vente en neuf, et ne dépassant pas les 450 pages.
Les détails de l'organisation et le calendrier sont expliqués dans la charte (consultable ici)
Les différents tableaux permettant d'organiser les votes et les lectures sont disponibles dans l'onglet "la PAL" du portail. Pour pouvoir modifier le tableau, il suffit d'envoyer son adresse e-mail à Vert par mp pour être ajouté dans les utilisateurs "autorisés". Ensuite, il suffit de cliquer sur "modifier" en bas du tableau pour y avoir accès.



Ce mois de janvier marque ma première participation au Cercle d'Atuan avec la lecture collective de "L'homme dans le labyrinthe" du grand Robert Silverberg! Lecture classique du genre SF!! L'intérêt de cette lecture pour moi est la discussion chapitre par chapitre. Ce que l'un-e voit et l'autre ressent. Voir les infos que l'un a trouvées et l'autre remarqués. Parfois comme dans ce cas-ci il s'agit d'une relecture. Ce qui, il faut le dire, ne m'était je pense jamais arrivé. Et , avec Silverberg, je suis content de l'avoir fait!
En plus, et ce n'est ps rien, les membres de cet espace virtuel sont tous aussi sympathique les uns que les autres! Ce qui invite au plaisir, tant de lecture que de partage!!! Merci à eux tous!

Au fait, le mois prochain nous lirons "La Route" de Cormac McCarthy. Si cela vous tente de nous rejoindre... Venez jeter un coup d'oeil ici alors : dans le forum.



"Axiomatique" de Greg Egan

Greg Egan est un des buzz de la SF actuel. Un des auteurs qu'il faudrait avoir lu. Enfin c'est ce qu'il ressort de différents avis ou articles ici et là. Alors un jour je me suis dis que j'allais pousser ma curiosité plus loin. Je lis donc l'interview du bonhomme sur Le Cafard Cosmique et du coup cela me donne envie de passe à l'étape suivante : acheter un de ses livres et, surtout, le lire. Je me jette donc dans une de mes librairies favorites pour en ressortir avec la version poche d' "Axiomatique". Livre que j'entame le jour même avec grand plaisir.

Bon, avec grand plaisir... doucement tout de même vu que les deux premières nouvelles de ce recueil font parties des plus hardues. Plus proche d'un style hard science-fiction que le reste du recueil. Une fois celles-ci passées on rentre beaucoup plus facilement dans l'écriture de Greg Egan. Et j'avoue que son style parfois froid, un peu clinique prend par instant une tournure plutôt philosphique que hard-science. Et je pense que c'est ce qui marche avec Greg Egan : le questionnement, la réflexion. Les histoires sont biens ficelées, même si certaines nouvelles pourraient presque donner de bons livres. Ce n'est pas forcément des nouvelles qui se lisent d'un oeil distrait pour se divertir. En fonction des nouvelles, Greg Egan fait appel à une certaine connaissance des choses, que cela soit physique ou biologique. Cela peut être agaçant pour certains alors que cela sera stimulant pour d'autres.

+++ A propos des nouvelles +++

On débute avec les deux textes les plus hardus (quitte à me répéter) : "L'assassin infini" et "Lumière des évènements". J'ai trouvé le premier sympathique, surfant sur les passage hard-science avec un petit sourire au coin des lèvres. C'est sur qu'en commençant un recueil avec un texte faisant appel à la physique quantique, c'est au risque de s'aliéner quelques lecteurs. Le deuxième texte m'a laissé un souvenir plus mitigé. Mais j'en ai pas gardé un souvenir concret. A mon avis, si vous achetez le livre, gardez ces textes pour la fin. Commencez plus loin!

"Eugène" nous amène sur le terrain de la génétique eugéniste. Sujet classique mais traiter avec un certain humour qui n'est pas sans déplaire!

"La caresse" est une nouvelle au ton sympathique du polar. C'est bien rythmé et agréable. Le tout sur fond de manipulation génétique et d'esthétique.

"Soeurs de sang" parle de deux soeurs atteintes de la même maladie mais vivant en deux endroits éloignés. Attaque du monde pharmaceutique également et de la médecine à deux vitesse, l'une pour les pays riches et l'autre pour les pays en "développement". Bien ficelé.

"Axiomatique". La nouvelle titrant le recueil. On y retrouve un homme s'achetant une puce désinhibitrice afin de pouvoir tuer sa femme. La science une fois de plus donne l'accès à une réflexion sociale. Greg Egan joue sur fond de science, univers qu'il semble maîtriser, pour mieux nous faire réfléchir.

"Le coffre-fort" est une nouvelle très prenante. Presque touchante où l'on retrouve un homme ou son "esprit" se retrouvant chaque matin dans le corps d'un autre homme. Rien que le premier paragraphe du texte m'a donné envie et m'a accroché de suite:
"J'ai un rêve tout simple. Je rêve que j'ai un nom. Un seul nom, qui ne change pas, qui reste le mien jusqu'à l'heure de ma mort. Je ne sais pas quel est ce nom, mais cela n'a pas d'importance. Il me suffit de savoir que j'en ai un."
Un bon texte!

"Le point de vue du plafond" nous parle d'un homme qui au réveil d'un accident se voit regarder son corps du haut du plafond. Ce qui change c'est sa vision matérialiste et scientifique de la chose. On n'est pas dans un contexte d'esprit hors du corps mais plutôt de décalage sensoriel du cerveau. L'homme s'observant toujours avec un point de vue hors de lui peut nous renvoyer à notre condition humaine actuelle... Un bon souvenir de lecture également!

"L'enlèvement". Histoire de double virtuel et d'une possible vie numérique pour l'après vie. L'histoire ne nous invite pas juste à rêver d'éternité, mais plutôt de réfléchir à la relation entre réel et double virtuel intelligent. Pas mal du tout!

"En apprenant à être moi" parle d'un garçon et de son moi. Questionnement sur sa vrais personnalité et qui il est vraiment. Tout cela au travers de la présence d'un cristal présent dans le crâne, copiant sa personnalité et prenant un jour la place du cerveau tombant lui en rade.

"Les douves" est un texte notament anti-fasciste. Mais qui tombe à mon avis un peu à plat sur le fin.

"La marche" retrace les derniers instants d'un homme qui devrait se faire buter. Tout est dans le questionnement et l'échange entre les deux hommes. L'un voulant convaincre l'autre de sa manière de voir les choses, l'invitant à devenir une copie de lui-même.

"Le p'tit-mignon" retrace la paternité d'un homme qui se fait père par lui-même. Celui-ci voulant absolument un enfant, il s'en fait faire un an... qui sur contrat n'aura qu'une vie brève. Questionnement sur la satisfaction immédiate des envies...

"Vers les ténèbres" est le texte qui illustre la couverture du format poche. Sorte d'apparition de trou de vers entre ici et quelque part ou quelque temps futur. L'histoire teinté d'un certain scientifisme n'est pas moins teinté d'aventure. L'homme confronté à une nouvelle peur s'en défend en agissant d'une certaine manière.

"Un amour approprié" est l'histoire d'un femme qui pour sauver son homme maintient son cerveau dans son utérus. Questionnements et réflexions sont au rendez-vous. Ainsi qu'une attaque du système de santé à l'américaine où c'est à chacun en fonction de ses moyens!

"La morale et le virologue" ou le terrorisme puritain anti-capote, pro-mariage à vie, etc. C'est assez lourd niveau explications génétiques pour un néophyte mais de mon coté j'ai trouvé cela sympathique. Voir effrayant si cela s'avèrerait réalisable dans l'immédiat...

"Plus près de toi" est le voeux de deux êtres voulant se connaître de manière profonde. Intrinsèque. Et à l'extrème. Bien vu, bien traité, mais pas mon meilleur souvenir pour autant.

"Orbites instables dans la sphère des illusions" nous parle de libre-arbitre dans un monde ou les préchi-précha sont remplacé par des attracteurs, antennes à idées qui vous submergent de croyances contre votre gré! A chacun sa communauté. A chacun son attracteur. Mais au final... lorsqu'on est à contre courant, on suit également un flot... Comme les autres...


+++ Mon avis +++

Au final un excellent livre. Probablement à la hauteur de tout ce qu'on en dit! Un auteur que j'ai envie de creuser. Peut-être seulement en version nouvelles. Son style un peu clinique et exent de chaleur peut rebuter, donnant peut-être trop détachement avec les personnages. Cela peut peut-être saouler sur la longueur d'un roman? Cependant il invite à réfléchir... et cela fait plaisir de retrouver de la SF de e niveau-là!


+++ La quatrième de couverture +++

Est-il possible de reproduire dans la réalité des tableaux fantastiques célèbres en créant des chimères ? Une drogue permet-elle de rejoindre et de joindre tous les possibles ? Le temps qu'on lui reconstruise un corps, un homme peut-il confier au ventre de sa femme le soin d'accueillir son cerveau ? Autant de questions, avec bien d'autres, que Greg Egan, l'auteur de science-fiction le plus éblouissant et le plus novateur de sa génération, soulève dans dix-huit nouvelles toutes plus originales les unes que les autres. L'oeuvre d'un virtuose dont on n'a pas oublié La Cité des permutants, L'Enigme de l'univers, Isolation et Téranésie, publiés dans la même collection.


+++ Sur le Web +++

La chronique du Cafard Cosmique
Greg Egan sur Le Cafard Cosmique
Chronique sur actuSF (1)
Chronique sur actuSF (2)
Greg Egan chez ActuSF


+++ Le livre +++
  • Poche: 506 pages
  • Editeur : LGF (21 octobre 2009)
  • Collection : Le Livre de Poche SF
  • Prix Approximatif : 8,00 EUR
  • Broché: 463 pags
  • Editeur : Belial' (20 septembre 2006)
  • Collection : LEBELIAL
  • Prix Approximatif : 23,00 EUR

Les Razzies 2010

Ca vaut ce que ça vaut. Surement pas grand chose sinon un peu de rire...

Vous retrouverez la liste dans le Bifrost n°57 !!

Pire nouvelle francophone :
• « Dans la main de l’orage » de Claire et Robert Belmas (in anthologie Rois et Capitaines, Mnémos).
• « Chanson pour Ouroboros » de Daylon (in anthologie Dragons, Calmann-Lévy).
• « Penchés sur le berceau des géants » de Daylon (in anthologie Retour sur l’horizon, Denoël.
• « Ils ont tué Noël » de Jess Kaan (in Destination Noël, chez qui, déjà ?).
• « Deux Sœurs – Plan Fictif – Lima Pérou » de Hugues Morin (in Solaris n°169).
• « Timkhâ » de Laurence Suhner (in Galaxies NS4).

Pire nouvelle étrangère
:
• « Le Marché des ombres » de Roberto Bayeto Carballo (in Galaxies NS4).
• « Guéris-toi toi-même » de Orson Scott Card (in Galaxies NS6).
• « Exemples aléatoires de fantaisie cosmique » de Jetse de Vries (in Galaxies NS3).
• « L’Etoile qui guide toutes les barques errantes » de James Stoddard (in Fiction n°10).

Pire roman francophone :
• Le Feu de dieu de Pierre Bordage (Au Diable Vauvert).
• Sphères de Jean-Michel Calvez (Interkeltia).
• Malronce (« Autre-monde » 2) de Maxime Chattam (Albin Michel).
• La Princesse et le président de Valéry Giscard d’Estaing (éditions de Fallois).
• Cathédrales de brume de Oksana & Gil Prou (Rivière Blanche).
• Le Miroir de Cassandre de Bernard Werber (Albin Michel).

Pire roman étranger :
• Orgueil et préjugés et zombies de Jane Austen et Seth Grahame Smith (Flammarion).
• La Lignée de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan (Presses de la Cité).
• Un jour je serai invincible d’Austin Grossman (Calmann-Lévy « Interstices »).
• Rollback de Robert J. Sawyer (Robert Laffont « Ailleurs & Demain »).
• Dracula l’immortel, la suite officielle de Dacre Stoker et Ian Holt (Michel Lafon).

Pire traduction :
• Milady d’une manière générale.
• Galaxies NS, d’une manière tout aussi générale.
• Cédric Perdereau, pour Brasyl de Ian McDonald (Bragelonne).

Prix Jackie Paternoster de la pire couverture :
• L’Atalante, pour l’ensemble de l’œuvre annuelle.
• Sébastien Bermès pour Identités (Glyphe).
• Elie Darco pour L’Ange de Marseille (Sombre rets).
• Julien Delval pour l’intégrale Kraven (Mnémos).
• Folio « SF », pour l’ensemble de l’œuvre annuelle ou peu s’en faut.
• Nicolas Fructus pour Warchild (Le Bélial’).
• Le Livre de Poche, pour le relookage de la collection S-F.

Prix de la pire non-fiction :
• Le cahier critique de la revue Galaxies NS.
• La ligue deu.
• Serge-André Matthieu pour le « Carnet de bal » du Fiction n°10.
• Tony Sanchez et Jean Rébillat d’ActuSF.
• L’article hommage de Michael Espinosa sur son blog, suite au décès de Pierre Bottero.

Prix de l’incompétence éditoriale :
• Bragelonne / Milady.
• Gérard Klein.
• Mnémos.
• Mnémos (oui, l’éditeur est nominé deux fois).
• Sébastien Guillot.

Prix Putassier
:
• Patrick Imbert.
• Les Presses de la Cité.
• Pygmalion.
• Rivière Blanche.
• Bragelonne.

Grand Master Award :
• Le cafardcosmique 2.0.
• Galaxies NS.
• Interkeltia.

Prix des lecteurs de Bifrost :
• Bragelonne et Milady.
• Roland C. Wagner.
• Dan Simmons.

Sites en relations : Editions Le Bélial, la Revue Bifrost


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"Mon chien stupide" de John Fante

Celui-ci cela faisait un bon moment qu'il me faisait envie. Et lors d'une petite excursion en terre bruxelloise le 23 décembre dernier, j'ai eu l'occasion de me le trouver chez un bon bouquiniste de la capitale. Le jour ou ma PAL a grossi de rien de moins que 12 livres d'ailleurs. Soit...

Ce livre une fois entamé a vite comblé mes attentes. Un bon gros brins d'humour. Une louche d'ironie douce-amère. Un sens du tragique de situations qui donne quelque chose de bouleversant et pousse à la réflexion! Le ton est donné d'entrée de jeux. Et cela ne s'arrête pas avant la fin, plutôt désopilante d'ailleurs. Première lecture de John Fante qui en appelle d'autres je pense...

Le style peut se rapprocher d'un Nick Hornby par le ton et l'humour. Alors si vous aimez l'un vous pourriez aimer l'autre. C'est ce que j'ai fait... et je n'en suis pas déçu!

Chaude recommandation!!!


A propos de l'auteur :

D’origine modeste, John Fante, fils d’immigrants italiens, né en 1909 à Denver (Colorado), fait très jeune ses premières gammes en écriture. Il montre ses textes à H. L. Mencken qui lui achète dès 1932 sa première nouvelle pour l’American Mercury, le prestigieux magazine qu’il dirige. Commence alors entre les deux hommes une amitié épistolaire qui durera plus de vingt ans. En 1933, son premier roman, La Route de Los Angeles, est refusé par les éditeurs et il lui faudra attendre cinq ans la publication de Bandini. Parallèlement, il fait ses débuts dans les studios de Hollywood où il participe, de 1935 à 1966, à la rédaction de scénarios d’une dizaine de films. Romancier autobiographe, Fante n’a jamais raconté dans ses romans qu’une seule histoire, la sienne. Celle d’un immigré de la deuxième génération, de son père, de sa mère, de ses frères et soeurs et de leurs voisins bavards et catholiques, italiens eux aussi. Il raconte également ses vagabondages à Hollywood, l’argent facile dans lequel on se noie, puis le choix de la pauvreté qui est celui de l’écriture. Tardivement révélé au public avec Pleins de vie, John Fante est mort en 1983.
(Biographie issue du site de 10/18 éditions)


Quatrième de couverture :

« Si vous avez des idées noires, plongez-vous dans Mon chien Stupide. Vous en sortirez revigoré. Le nouvel avatar de Fante, alias Bandini, est un quinquagénaire, vivant sur le bord du Pacifique avec sa femme et ses quatre enfants qui le font tourner en bourrique. Il recueille un énorme quadrupède, Stupide, un chien étrange qui complète la maisonnée. C'est à la fois drôle, ironique, tragique, bouleversant et merveilleusement écrit. À lire de toute urgence. »
Pierre Roudil, Figaro Magazine (celle que l'on retrouve au dos du livre chez 10/18)

"Coincé entre une progéniture ingrate et un talent de plus en plus incertain, le personnage principal de Mon chien stupide oscille entre un cynisme salvateur et des envies de fuite. Fils d'immigrés italiens, il caresse le rêve d'un retour à ses racines, fantasmant sur une vie paisible aux terrasses des cafés de la Piazza Navona à Rome. Mais pour l'heure, il faut courir le cachet, écrire des scénarios médiocres pour des séries télé affligeantes... ou le plus souvent aller encaisser un chèque des allocations de chômage. L'existence tumultueuse de la famille est bouleversée lorsqu'un gigantesque chien décide de s'installer dans la maison, pour le plus grand bonheur de l'auteur raté mais au grand dam du reste de sa tribu. Mon chien stupide est une tragicomédie de la crise individuelle : crises d'adolescence à retardement, démon de midi, couple en déliquescence. John Fante signe ici un roman touchant, débordant de compassion et d'acide lucidité."
--Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot (texte d'une édition épuisée)


Le livre : "Mon Chien Stupide" - John Fante

  • Poche: 192 pages
  • Editeur : 10 X 18 (3 janvier 2002)
  • Collection : Domaine étranger
  • Prix approximatif : 6,00 EUR





Un an neuf... enfin un an dix plutôt!

2010 nous voilà. Ca y'est, c'en est terminé des réjouissances de fin d'année. Terminé les dépenses inconsidérées (bon d'accord il y'a encore les soldes), fini les grosses bouffes à s'en rendre malade, fini la magie de Noël et son bonheur extatique. Retour dans le monde réel, retour à la vie d'aujourd'hui. Au revoir 2009. Bonjour 2010.

Au fait, "Bonne et heureuse année" chers lecteurs et lectrices. J'espère que vous serez nombreux et nombreuses à me suivre. Fans de lectures imaginaires et autres littératures non-imaginaires. A l'heure d'ajourd'hui il se fait de plus en plus clair que le côté musique ne fera plus partie de mon blog. Je suis encore un peu (mais vraiment un tout petit peu en ce moment) actif dans Shootmeagain Webzine. Un traumatisme auditif (nommons le comme ça) m'a touché en cette année 2009... et même si je n'aime pas trop en parler cela m'a touché également au plus profond de moi-même, tant ma relation avec la musique depuis 12 ans et plus était forte voir fusionnelle (zine, webzine, label, mailorder, orga de concerts, groupes). Je ne vais pas m'étendre sur le sujet... je n'aime d'ailleurs pas trop en parler.

Du coup 2010 devrait marquer le passage de "Naufragés Volontaires" à un blog disons "littéraire". Une passion en bousculant une autre, la littérature prendra le pas sur la musique ici bas. J'ai d'ailleurs rejoint fin 2009 le Cercle d'Athuan, groupe de lecture virtuel basé sur les mondes imaginaires. Janvier devrait marquer la lecture (enfin la relecture pour moi) de "L'homme dans le labyrinthe", une des nombreuses oeuvres majeures de Robert Silverberg. D'ailleurs si cela vous tente, joignez-vous à nous. Cela se passe ici : http://lecercle.atuan.org

Au-delà de tout ça, Noël m'a bien gâté en livres et j'ai pas mal de bonnes lectures sous la main. Si mon temps libre me le permet, je continuerai à vous faire part de tout cela. N'hésitez d'ailleurs pas à suivre le flux RSS du blog ou bien de vous inscrire ici plus bas à droite.

Si tout va bien, j'espère bien demain vous offrir mon humble chronique du livre de John Fante : "Mon Chien Stupide". Livre terriblement bon et bien marrant! D'ailleurs je pense également mieux structuer mes chroniques. Ou du moins différemment. Si le temps me le permet ou si je prend le temps de me le permettre, j'espère faire de ces chroniques quelque chose de plus complet. Mais j'avoue que je ne sais pas encore bien comment...

En attendant demain... Au plaisir de lire vos commentaires cher-e-s lecteurs et lectrices.

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A propos

"Naufragés Volontaires" est actuellement une fenêtre ouverte sur la littératures d'aujourd'hui ou d'hier. Qu'elle soit imaginaire ou non. Même si autrefois le blog fut musical et littéraire.

Lecteur compulsif je suis, mais critique littéraire je ne le pense pas. J'aime juste partager mes plaisirs d'évasion. En espérant que ceux-ci vous plairont également.

Je vous invite également à commenter mes messages comme bon vous semble. Vos avis m'intéressent.

Editeur : Julien Vanderhaeghen
Q.G. : Liège en Belgique
Contact : julien.vdhg@gmail.com

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